Législatives 2022 : le RN remporte une circonscription en Auvergne, la majorité présidentielle confirme son recul

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Ce dimanche, le 2e tour des législatives 2022 en Auvergne, a été marqué par la confirmation du recul de la majorité présidentielle (2 circonscriptions), mais aussi par l’élection du premier député du Rassemblement National de la région. Les huit autres circonscriptions sont partagées par la NUPES et Les Républicains, avec quatre sièges chacun.

"On a une confirmation des résultats des tendances du premier tour, c'est-à-dire un affaiblissement assez net de de la majorité présidentielle" analyse Mathias Bernard, politologue et président de l’Université Clermont Auvergne. Par ailleurs, il note que les députés Ensemble ! élus ne sont pas des candidats LREM. Dans le Puy-de-Dôme, les deux sièges conservés, le sont par deux députés MoDem, "donc ce n'est pas le parti du président".

Le bond en arrière en Auvergne profite essentiellement aux candidats de la NUPES et des Républicains, obtenant huit des douze sièges attribués dans les quatre départements. Dans le Puy-de-Dôme, Marianne Maximi (NUP) l’a emporté face à la députée sortante Valérie Thomas (ENS). Les Républicains ont également gagné un siège supplémentaire, dans la 3e circonscription de l’Allier grâce à Nicolas Ray (LR). Ce dernier a battu la députée sortante Bénédicte Peyrol (ENS).

Le RN obtient un siège dans l'Allier

L’autre fait majeur de la soirée en Auvergne, c’est la prise d’un siège par le Rassemblement National. C'est Jorys Bovet dans la 2e circonscription de l'Allier qui a battu Louise Heritier (NUP), pour seulement 140 voix. Pour Mathias Bernard, c’est "la grande surprise […] Je pense qu’il y a d'une part l'effet d'une implantation, du Rassemblement National dans une partie des territoires de l'Auvergne, et notamment des territoires qui se sentent parfois délaissés, abandonnés, à l'écart des grands flux métropolitains".

Cette défaite de la candidate de la NUPES peut aussi s’expliquer par l’abstention et le manque de soutien, le manque d’un front républicain qu’on a pu voir lors des précédentes élections, note le politologue. "On voit quand même dans ce second tour en Auvergne, il n’y a pas eu de poussée forte de la NUPES. Il y a quand même pas mal d’électeurs, du centre ou de centre gauche qui se sont soit abstenus, soit ont voté blanc, puisque dans cette circonscription il y a pratiquement 12 ou 13% de bulletins blancs ou nuls." Des paramètres qui expliquent ce score très serré. Ce manque du "second souffle", c’est un phénomène que l’on retrouve également à l’échelle nationale remarque Mathias Bernard.

Si la Haute-Loire et le Cantal ne notent pas de changements, les quatre députés LR ont été reconduits, dans l’Allier le paysage politique est complètement dispatché. Il y a effectivement trois partis différents dans les trois circonscriptions. "Ca correspond quand même à une tradition politique, avec quand même des identités géographiques très marquées. C'est quasiment d'ailleurs un département avec presque trois capitales : Montluçon Vichy et Moulins. Il y a une presque une rivalité aussi entre ces zones-là. Et c'est vrai que ça a toujours été je dirais un territoire marqué par les antagonismes politiques."

Pour rappel voici les élus des 12 circonscriptions en Auvergne 

  • La 1re circonscription du Puy-de-Dôme : Marianne Maximi (NUP)
  • La 2e circonscription du Puy-de-Dôme : Christine Pirès Beaune (NUP)
  • La 3e circonscription du Puy-de-Dôme : Laurence Vichnievsky (ENS)
  • La 4e circonscription du Puy-de-Dôme : Delphine Lingemann (ENS)
  • La 5e circonscription du Puy-de-Dôme : André Chassaigne (NUP)
  • La 1re circonscription de l’Allier : Yannick Monnet (NUP)
  • La 2ème circonscription de l’Allier : Jorys Bovet (RN)
  • La 3ème circonscription de l’Allier : Nicolas Ray (LR)
  • La 1ère circonscription du Cantal : Vincent Descoeur (LR)
  • La 2e circonscription du Cantal : Jean-Yves Bony (LR)
  • La 1re circonscription de la Haute-Loire : Isabelle Valentine (LR)
  • La 2e circonscription de la Haute-Loire : Jean-Pierre Vigier (LR)