Municipales à Clermont-Ferrand : ce qu’il faut retenir du débat du second tour diffusé sur France 3 Auvergne

A Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme, trois listes se maintiennent pour le second tour des élections municipales du 28 juin. Marianne Maximi, Olivier Bianchi et Jean-Pierre Brenas ont débattu jeudi 25 juin sur le plateau de France 3 Auvergne.

Olivier Bianchi, Marianne Maximi et Jean-Pierre Brenas, les candidats pour l’élection municipale à Clermont-Ferrand sur le plateau de France 3 Auvergne.
Olivier Bianchi, Marianne Maximi et Jean-Pierre Brenas, les candidats pour l’élection municipale à Clermont-Ferrand sur le plateau de France 3 Auvergne. © F. Privat - FTV

A Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme, il y avait 7 listes candidates lors du premier tour des élections municipales le 15 mars.

Trois listes n’ont pas pu se maintenir pour le second tour :

Immédiatement après la clôture du dépôt des listes, Jean-Pierre Brenas et Eric Faidy ont annoncé avoir fusionné et se présentent ensemble sur la liste divers droite "REUNIS POUR VOUS".

A 4 jours du second tour, ce sont donc 3 candidats marianne Maximi, Olivier Bianchi et Jean-Pierre Brenas qui ont débattu au nom des listes qu’ils dirigent, abordant les dossiers de la santé, du commerce, de la mobilité et de la sécurité. Assurément, l’un d’entre eux sera maire et parmi ses premiers rendez-vous officiels il y aura le 12 septembre prochain le départ de la place de Jaude de la 14ème étape du Tour de France, ce qui inspire à Emmanuel Moreau, journaliste à France Bleu Pays d’Auvergne que "Marianne Maximi aurait plutôt tendance à ne pas se fondre dans le peloton. Jean-Pierre Brenas et Eric Faidy ont décidé de prendre les relais ensemble pour le second tour en roulant à droite, un tandem qui espère remporter le sprint final face à un maire sortant largement détaché".

Interrogé sur les raisons de son rapprochement avec Eric Faidy, Jean-Pierre Brenas explique que "Nous avons lui et moi une bonne connaissance du monde de l’entreprise. Notre territoire au point de vue économique doit être relevé, nous nous sommes dit : mettons les ego de côté, travaillons ensemble, nos projets ne sont pas très éloignés l’un de l’autre… Nous avons créé la seule dynamique de cette campagne, nous avons réussi là où nos amis de la gauche ont échoué".

Olivier Bianchi réagit immédiatement : "Leur alliance est de fait gênante, mais pas que pour leur appareil politique, elle est gênante pour les électeurs notamment ceux de La République En Marche qui se sont sentis trahis par cette attitude".

Pour Marianne Maximi : "Ce n’est pas des postes qui nous intéressent, c’est un changement de politique donc effectivement il n’y a pas d’accord de gouvernance, il n’y a pas eu de discussions ni de négociations, on a eu 2 échanges téléphoniques et ça s’est arrêté là. Olivier Bianchi n’a pas souhaité maintenir cette tradition parce que c’est le report des voix de La République En Marche qu’il souhaite et pas celles de la gauche que je représente".

Des programmes réécrits

La crise du coronavirus intervenue entre les deux tours est un évènement que les candidats ont dû prendre en compte. "Sur le programme, elle nous a assez peu obligés à changer de projet parce que nous avions anticipé les grands problèmes" dit Olivier Bianchi. "Aujourd’hui nous avons un plan de sauvegarde qui n’avait pas intégré la question des pandémies, je pense que nous devons travailler à étoffer ce plan. Le projet était pour l’essentiel complet, nous avons donné plus de relief à certaines propositions".

Marianne Maximi poursuit : "Nous on avait depuis le premier tour un programme qui était doté de mesures pour répondre aux urgences sociale, économique et écologique. La crise sanitaire n’a fait que renforcer ce qu’on avait déjà écrit. Le seul changement, c’est peut-être d’avoir priorisé des choses notamment la question de la santé et de la crise sociale qui va être importante".

Pour Jean-Pierre Brenas : "Il y avait dans notre programme tous les fondamentaux mais je crois que cette crise a été un révélateur des insuffisances de notre ville et doit être un accélérateur des transformations qui s’imposent aujourd’hui. Notre territoire n’était pas prêt à une telle crise, il doit être résilient, plus autonome et nous élus nous devons plus protéger nos concitoyens, pour cela nous avons fait évoluer notre projet".

Quand la santé s’invite dans la campagne

La question de la santé était assez discrètement évoquée dans les programmes avant le premier tour. C’est un chapitre qui a été renforcé du fait de la crise sanitaire.

"Moi je m’inscris dans une tradition, celle d’Alain Laffont qui était lui-même médecin et qui défendait réellement un accès à la santé de proximité et qui luttait contre les déserts médicaux" dit Marianne Maximi. "Depuis son décès, dans le quartier où il exerçait, les Vergnes, il n’y a pas eu de médecin généraliste qui s’est installé et il faut réellement une collectivité pour accompagner, proposer et mettre en place là où il manque des médecins. Nous proposons des centres de santé municipaux, comme un dispensaire. Même en centre-ville, ça devient difficile d’avoir un accès à un médecin".

Olivier Bianchi lui répond : "Pendant ce mandat, nous avons fait un contrat local de santé, nous allons faire un volet sur la santé mentale… Nous avons aidé à repeupler médicalement les quartiers de la ville : Fontaine du Bac et la Gauthière. Il y aura un centre de santé aux Vergnes qui portera le nom d’Alain Laffont. Et nous avons une proposition qui est la commande groupée de mutuelle. Nous constatons qu’il y a aujourd’hui des gens qui sont éloignés de la mutuelle de santé. Ce n’est pas une mutuelle municipale, c’est une commande groupée à l’échelle de la métropole. Ça permet d’avoir de meilleurs tarifs et d’être plus attractifs pour les plus fragiles de nos concitoyens".

Pour Jean-Pierre Brenas : "Ça ne marche pas ces maisons de santé car il y a une approche idéologique : on veut mettre des centres de santé en salariant des praticiens. Il faut au contraire privilégier des professionnels de santé libéraux qui créent une synergie au sein d’une maison, qui se soutiennent et qui soient en relation avec une structure hospitalière privée ou publique, et que l’on garantisse la sécurité de ces lieux. En attendant parce que ça ne va pas se faire immédiatement début juillet, nous allons mettre en place un cabinet médical mobile qui fera des tournées aux Vergnes et à Fontaine du Bac dès les premiers jours du mois de juillet".

Le vélo au cœur des mobilités

Parler des mobilités, c’est notamment évoquer les déplacements à vélo et ces « corona pistes cyclables » mises en place au moment du déconfinement.

"L’une d’entre elles qui montre aujourd’hui son utilité va être pérennisée, c'est-à-dire sécurisée, adaptée réellement, l’autre n’a pas vocation à durer" indique Olivier Bianchi. "Mais plus généralement les questions de mobilités c’est une des questions essentielles des prochaines années, à la fois pour la problématique de l’environnement et de la pollution parce que nous avons besoin de transformer le visage de notre métropole. C’est un plan général : il va falloir revoir la circulation, mettre en place de façon plus accélérée le schéma des pistes cyclables, les 375 kilomètres qui ont été votés, il faudra mettre la ville en zone 30, les 2 lignes de transport en site propre cadencé à haut niveau de service avec des véhicules propres électriques ou à hydrogène".

Marianne Maximi réplique : "En 2 mois, après le confinement les choses s’accélèrent avec une piste qui était demandée par toutes les associations de cyclistes de la ville, une autre sortie d’on ne sait pas où, mais qui m’interroge car si on voulait démontrer aux gens que quand on fait mal une piste cyclable ça crée des embouteillages, on ne pouvait pas s’y prendre autrement. Il ne fallait pas faire cette piste à Lafayette et je n’ai pas envie qu’on décrédibilise le travail fait par les associations".

Pour Jean-Pierre Brenas : "Les pistes cyclables à Clermont, c’est catastrophique, elles sont extrêmement dangereuses. Toutes les grandes villes en France se sont mises au vélo. A Clermont dans cette période de déconfinement on a créé des embouteillages et plus de pollution. Il faut accélérer la réalisation de pistes cyclables, mettre en place des parkings relais où garer sa voiture et offrir la possibilité de prendre un vélo gratuitement pour rentrer dans la ville".

Et Marianne Maximi de préciser : "Il y a des quartiers qui ont été complétement oubliés de la politique d’accès au vélo, je pense aux quartiers nord de Clermont où il n’y a pas de station C.Vélo. Même si elles vont arriver, c’est un signal politique inquiétant, on a une vision centre-villiste dans ce débat".

Vous pouvez visionner l'intégralité du débat ci-dessous : 

 

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