"On essaye de pallier un manquement de l’État" : des familles à la rue installent un campement à Clermont-Ferrand

Afin d’alerter sur le manque d'hébergements d'urgence, le Secours Populaire a distribué des tentes ce lundi soir, place du 1er mai à Clermont-Ferrand. Plusieurs dizaines de personnes se sont rapidement sont installées. L'objectif est de mettre la préfecture face à ses responsabilités. Depuis le début de l’année, plusieurs familles, dont 33 enfants, ont été expulsés de leur logement.

"On est là pour apporter le peu de dignité qu’on peut leur offrir." Ce lundi 8 avril, au soir, les bénévoles du Secours Populaire ont distribué des tentes, des matelas, des duvets aux personnes et aux familles vivant dans la rue, place du 1er mai à Clermont-Ferrand. Souvent invisible, la détresse est désormais aux yeux de tous, à travers un camp organisé par une centaine de personnes.

"Ce soir, on s’est tous réunis pour venir en aide aux familles à la rue qui ont été délogées du 115. Il y a une centaine de personnes", rapporte Rachel, l'une des bénévoles de l'association. Depuis le début de l'année, la fermeture d'hébergements d'urgence a conduit 17 familles supplémentaires à la rue, comptant 33 enfants.

Des enfants dormant dans la rue et allant à l'école la journée

Sur le camp, une mère albanaise raconte vivre dans la rue depuis novembre avec ces deux fils dont un autiste. Elle attend un troisième enfant. "J’appelle deux fois par jour le 115. Ils disent toujours qu’il n’y a pas de place", dit-elle.

Un des enfants, qui parle plusieurs langues et qui aide à l'organisation du camp, indique passer la nuit dehors avec ses parents, depuis deux ans. La journée, il est élève de 6ᵉ. "Je prends le bus. Après ça va. Je suis content d’aider mes parents. Après, c'est dur aussi." Tout comme les personnes présentes sur le camp, il ne perd pas espoir que la situation s'améliore.

Rachel précise que sur le camp se trouvent "beaucoup de demandeurs d’asile. Il y en a qui sont dans leurs démarches pour avoir leur droit. Il y en a qui sont en cours de demande de visa, qui normalement doivent être pris en charge par l’état. Et donc être logés [...] On essaye de pallier un manquement de l’Etat".

Une solution systématique proposée à chaque public

Préfecture du Puy-de-Dôme

Dans un communiqué, le préfet du Puy-de-Dôme informe avoir demandé "sans délai à la direction départementale de l'Emploi, du Travail et des Solidarités (DDETS), un diagnostic social des personnes présentes sous des tentes, Place du 1er mai". Une équipe mobile composée des services de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII), de la DDETS, de la préfecture et du Service d'Insertion d'Accueil et d'Orientation est sur place, "pour réaliser ce diagnostic".

Par ailleurs, le préfet réaffirme "qu'une solution systématique est proposée à chaque public selon le dispositif de droit commun dont il relève et au regard de leur vulnérabilité." En attendant, les températures ont baissé ce mardi matin. Les enfants se sont levés pour partir à l'école. Le début d'une journée normale partagée avec leur camarade de classe. Mais ce soir, ils feront leurs rêves d'enfant sur un matelas pneumatique au milieu de l'espace public.

Propos recueillis par Romain Leloutre / France 3 Auvergne

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