Pour le président du Sommet de l'Elevage de Clermont-Ferrand : “L'agribashing est irrationnel”

Les agriculteurs et les éleveurs ont l'impression de porter tous les maux de la terre et veulent en finir avec l'agribashing et le dénigrement des paysans. / © Thierry Zoccolan/ AFP
Les agriculteurs et les éleveurs ont l'impression de porter tous les maux de la terre et veulent en finir avec l'agribashing et le dénigrement des paysans. / © Thierry Zoccolan/ AFP

Se faire traiter de pollueurs ou d’empoisonneurs : face au dénigrement et aux insultes, les agriculteurs se sentent mal aimés. Pour le président du Sommet de l’Elevage qui réunit dans le Puy-de-Dôme la crème des éleveurs français, l’agribashing est difficile à vivre.

 

Par Brigitte Cante

Du 2 au 4 octobre 2019, le Sommet de l’Elevage de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) réunira plus de 1500 exposants. C’est une référence parmi les plus grands salons professionnels mondiaux, dédiés aux productions animales.

Jacques Chazalet, éleveur de moutons, préside l’événement. Il n’oublie pas qu’en 2018 des militants du groupe EarthRésistance avaient bloqué les portes du Sommet de l’Elevage "pour abolir l’exploitation animale ". Cette année, la sécurité sera renforcée aux abords de la Halle d'Auvergne.

Si les thèmes de la sécheresse ou du Mercosur sont les principales inquiétudes du monde agricole, l’agribashing s’est rajouté à la liste des préoccupations. Face au dénigrement et aux insultes, les agriculteurs se sentent mal-aimés.

Pour cette nouvelle édition, le Sommet de l’Elevage a décidé de créer un Prix du bien-être animal. Est-ce pour prouver que les éleveurs prennent soin de leurs bêtes et convaincre ceux qui dénoncent la souffrance animale, comme les véganistes ou les antispécistes ?

Pour Jacques Chazalet, il existe plusieurs formes d’agribashing dans le Puy-de-Dôme : " Il y a les gens qui pénètrent dans des élevages pour faire des vidéos, sur des propriétés privées, par-exemple l'association L214 à Solignat dans le Puy-de-Dôme. Il y a aussi les agressions verbales contre des agriculteurs en train de travailler dans leurs champs, des messages malveillants, des insultes et du harcèlement. Moi, je n’ose plus répondre au téléphone. L’agribashing est irrationnel » explique l’éleveur du Puy-de-Dôme.

Dans l'Allier et le Puy-de-Dôme, les agriculteurs ont été particulièrement visés par les opposants à l'irrigation : " On dirait qu’on porte tous les maux de la terre et la responsabilité du changement climatique. Du matériel d'irrigation a été saboté dans les champs. On peut dire que l’agribashing n’est plus marginal. On a pas besoin de ça en ce moment car notre profession est confrontée à la sécheresse, au manque de fourrage pour les bêtes."

Pour défendre leur point de vue, des agriculteurs se transforment en youtubeurs. Isabelle Caumet a posté une vidéo baptisée
" Balance Ton Quoi version agricole", une parodie de la chanson d'Angèle destinée aux bobos des villes.
 

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