Puy-de-Dôme : des mineurs isolés accueillis dans des familles grâce au dispositif SESAME

Depuis le mois de novembre, Moussa vit chez Marie-Christine après une année passée à l'hôtel / © V. RIFFARD / France 3 Auvergne
Depuis le mois de novembre, Moussa vit chez Marie-Christine après une année passée à l'hôtel / © V. RIFFARD / France 3 Auvergne

Permettre à de jeunes mineurs étrangers, arrivés seuls dans le Puy-de-Dôme, de se poser dans une famille d’accueil, tel est le défi que s’est lancé l’Atelier Logement Solidaire. Grâce au dispositif SESAME deux d’entre eux ont déjà pu trouver un foyer.
 

Par Valérie Riffard

Comme souvent en fin d’après-midi, Moussa, un jeune Burkinabais de 16 ans, est assis devant son petit bureau, où il fait ses devoirs. Ce soir, il révise le vocabulaire technique du métier qu’il rêve de faire et pour lequel il vient de commencer un apprentissage : boulanger.
Si aujourd’hui Moussa a sa chambre, c’est grâce à Marie-Christine Blanchon, une bénévole qui lui a ouvert sa porte en novembre dernier. Un soulagement pour ce jeune déraciné, qui depuis un an vivait à l’hôtel, comme une centaine d’autres mineurs non accompagnés dans le Puy-de-Dôme.
« Ici, c’est ma chambre et c’est un endroit qui me plait beaucoup, nous raconte-t-il. Maintenant j’ai tout le temps pour bosser,  je me repose très bien, dans ma tête ça va aussi… A l’hôtel c’était pas le cas… il y a avait tout le temps des disputes… c’était un peu difficile pour moi ».
Bien plus qu’une chambre, Moussa a trouvé dans sa nouvelle maison un foyer. « Quand je suis arrivé, je ne savais pas que ça allait être comme ça, poursuit-il. Je venais simplement pour que ma tête puisse se reposer… Mais Marie-Christine m’a montré sa gentillesse et je l’apprécie beaucoup ».

Du temps pour se construire


Comme Marie-Christine, Patricia et Bruno Hémery ont aussi ouvert leur maison pour y accueillir Layana, une jeune guinéenne de 12 ans. Une démarche dans laquelle ils s’investissent pleinement. « C’est un engagement, explique Patricia. On s’engage à lui offrir un cadre affectif le plus serein possible, afin de l’aider à construire son projet ».
Installée depuis le mois de décembre dans sa nouvelle famille Layana retrouve une vie normale de collégienne. « Elle a enfin du temps pour elle, poursuit Patricia. Du temps pour apprendre, du temps pour se construire, mais aussi du temps pour s’adapter car la rupture culturelle est énorme ».
Comme Moussa, Layana a elle aussi vécu à l’hôtel quelques jours. Une situation à laquelle il était urgent de mettre un terme. « A 12 ans, il était fondamental de lui permettre de se mettre en sécurité, de lui permettre de retrouver un cadre familial qui n’existait pas » ajoute Bruno.
 

"Découvrir la culture française sous un autre angle"


Actuellement, 365 jeunes mineurs non accompagnés sont pris en charge par le département du Puy-de-Dôme. Des jeunes pour qui il est souvent difficile de trouver des solutions d’hébergement adaptées, et qui sont encore une centaine à vivre à l’hôtel.
Avec le dispositif SESAME, l’association l’Atelier logement solidaire espère permettre à 15 d’entre eux de trouver une famille d’accueil. « On n’a pas vocation à accueillir tous les mineurs non accompagnés du département, explique Audrey Vigignol, la directrice. On est là en complément des autres dispositifs, pour répondre à ce besoin qu’ont certains jeunes d’avoir un cadre familial structurant avec une prise en charge affective plus importante, ce besoin de découvrir la culture française sous un autre angle ».

"C’est important de ne pas être seuls"


Pour les aider les familles volontaires dans leur démarche, les éducateurs du dispositif sont présents presque au quotidien.
« Les familles qui nous rejoignent bénéficient d’une formation préalable sur les questions de droit des étrangers, de la protection de l’enfance et de l’interculturalité, poursuit Audrey Vigignol. Ensuite, elles sont suivies tout au long de l’accueil par les éducateurs spécialisés qui accompagnent également les jeunes et qui prennent en charge tout ce qui concerne l’école, l’ouverture des droits ou la santé​​».
Un accompagnement jugé « essentiel » par Bruno et Patricia. « C’est très important de pourvoir poser des questions sur ce qu’on peut ressentir, sur les difficultés auxquelles on peut être confrontés. C’est important de ne pas être seuls ».

Afin de permettre à d'autres jeunes mineurs déracinés de pouvoir eux aussi se poser au sein d'un foyer, l'association recherche d'autres familles d'accueil. Des familles qui peuvent se renseigner auprès de l'association et qui sont invitées à une réunion d'information programmée le vendredi 10 janvier à 18h, à au centre Jean-Richepin de Clermont-Ferrand.

 

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