Puy-de-Dôme : près de la moitié des médecins généralistes refuseraient de nouveaux clients

A Clermont-Ferrand, près de 60 % des médecins refuseraient de nouveaux clients. / © Michel Houet / MaxPPP
A Clermont-Ferrand, près de 60 % des médecins refuseraient de nouveaux clients. / © Michel Houet / MaxPPP

Près d'un médecin traitant sur deux refuserait de nouveaux clients dans le Puy-de-Dôme, faute de disponibilité, selon une étude de l'association UFC - Que Choisir publiée ce mercredi 20 novembre.

Par Antoine Belhassen

La pénurie de médecins traitants se révèle plus problématique que jamais dans le Puy-de-Dôme. 47 % des médecins généralistes puydomois refuseraient de nouveaux clients, d'après une étude de l'association UFC - Que Choisir menée auprès de 73 professionnels de santé.

L'enquête réalisée dans le Puy-de-Dôme est particulièrement inquiétante puisque les chiffres dépassent la moyenne nationale de 44 %.

Il s'agirait avant tout de problèmes de disponibilité pour les médecins traitants contactés anonymement en juin dernier : 76 % déclarent avoir déjà trop de patients. 9 % avancent un prochain départ en retraite.

Des disparités au sein du département


La fracture sanitaire est marquée dans le Puy-de-Dôme, où l'accès aux soins diffère rapidement selon les zones. Parmi les cinq communes dans lesquelles se trouvaient le plus de médecins, le taux de refus varie de 0 % à 67 %.

A Clermont-Ferrand, avoir accès à un médecin traitant déclaré deviendrait presque une exception. 60 % des médecins clermontois interrogés ont déclaré ne plus accepter de clients supplémentaires.

Bien qu'inquiétants, tous ces chiffres ne semblent pas surprendre le docteur Jean-Christophe Calmes, délégué général du syndicat MG France : 

Ca ne m'étonne pas. La profession a perdu en attractivité. Entre 2008 et 2015, le nombre de médecins généralistes en France a baissé de près de 10 %. Nous sommes passés de 58 000 à 50 500 médecins traitants en moins de dix ans.

La situation n'irait pas en s'arrangeant selon le docteur Calmes : "Les récentes politiques mises en place se projettent à court terme. De plus en plus, les médecins généralistes sont poussés à s'installer en région : le métier est devenu contraignant. Beaucoup de jeunes choisissent alors d'autres spécialisations parfois mieux payées."

Une requête contre la désertification médicale


L'association UFC - Que Choisir a voulu mettre en lumière l'inégal accès aux soins sur le territoire. Elle appelle les députés à adopter la loi contre la désertification médicale, bientôt examinée à l'Assemblée nationale.

Selon l'association, cette loi "amènerait, par l’instauration d’un conventionnement territorial des médecins, les professionnels de santé à exercer là où sont les besoins de la population".

Face à l'incapacité de certaines personnes à trouver un docteur, UFC - Que Choisir demande également à la ministre de la Santé de mettre fin à la pénalisation financière des usagers sans médecin traitant "devenue inique dans les nombreux territoires en pénurie de médecins".

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