SANTE. Pollution atmosphérique : ces dangers qui menacent nos voies respiratoires

La pollution de l'air est un facteur de risques pour la santé. Microparticules, risques sanitaires, voici tout ce que vous devez savoir sur les dangers qui menacent nos voies respiratoires.

La pollution atmosphérique a des effets délétères sur notre santé. Selon l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes“les réactions inflammatoires et le stress oxydatif produits au niveau des poumons à la suite de l’inhalation de polluants tels que l’ozone, le dioxyde d’azote ou les particules fines, entraînent une inflammation systémique à l’échelle de l’organisme.” Attention, se protéger des pics de pollution ne suffit pas. La plupart des travaux de recherche, établissant un lien entre morbidité et mortalité et le niveau d’exposition, ont été menés pour des concentrations de polluants habituellement rencontrées dans les villes européennes et nord-américaines. Grâce à ces études épidémiologiques menées sur des populations très importantes, aujourd’hui, le lien entre exposition à la pollution atmosphérique et effets sanitaires est considéré comme établi. “Bien que le risque associé à cette pollution soit faible au niveau individuel, le fait que l’ensemble de la population soit exposé en continu toute l'année constitue une préoccupation majeure de santé publique”, alerte l’ARS. 

Un facteur aggravant

Daniela Muti, pneumologue et allergologue au CHU de Clermont-Ferrand, détaille : “Les conséquences sont nombreuses. Ça impacte la santé en général, la santé respiratoire en particulier et ça peut aggraver les maladies sous-jacentes. Cela aggrave les pathologies respiratoires au sens large, qu'elles soient bronchiques, qu'elles soient de la sphère ORL ou plus bas. Ça dépend de ce qu'on a comme pathologie sous-jacente parce qu'on peut avoir une BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), on peut avoir de l'asthme, on peut avoir des cancers, tout un tas d'atteintes respiratoires qui vont être aggravées par une exposition aux polluants. Sur l'apparition des maladies, là, c'est plus nuancé. Il n'y a pas un polluant isolé qui est néfaste, mais plutôt les mélanges de polluants et c'est surtout lors des expositions de très longue durée.” 

Les microparticules, les plus dangereuses

On parle beaucoup des pics de pollution, mais, selon Daniela Muti, ce n’est pas d’eux dont il faut se méfier. “C'est important pour ceux qui ont déjà des pathologies et qui vont s'aggraver dans ce contexte-là. Mais pour la population générale, on n’a des données que pour l'exposition au long terme, des dizaines d'années. Être exposé à des taux qui sont considérés acceptables, mais pendant 20 ans, va augmenter le risque de développer un cancer du poumon par exemple.” S’il est difficile d’isoler un polluant responsable de pathologies, on peut selon elle isoler la taille des polluants les plus dangereux : “Ce sont surtout les microparticules qui font ça, à des taux qui finalement sont considérés acceptables. On les classe en fonction de leur taille. Les microparticules sont supposément les plus dangereuses. Par leur faible taille, elles vont aller plus loin dans les voies aériennes et dans les poumons. Les dommages dépendent de leur taille et jusqu'où elles vont agir. Au niveau local, elles commencent par abîmer la muqueuse à l'intérieur et puis après, vont induire une inflammation locale qui va provoquer des difficultés respiratoires.” 

Inflammation des voies respiratoires

Mais alors, comment ces microparticules agissent-elles sur le système respiratoire ? Le docteur Muti donne des éléments de réponse : “C'est comme une plaie. Si vous faites une plaie au niveau de la peau, ça va devenir rouge, ça va gonfler. C'est ça l'inflammation. Ces microparticules sont de 10 micromètres, elles arrivent au niveau des voies aériennes très profondément. C’est à ce niveau que l’inflammation va obstruer les voies aériennes. Comme sur la peau, ça gonfle, c'est enflammé. Ça va même aller plus loin parce qu’avec la libération de différentes substances, ça peut induire comme une contraction des petits muscles qu'il y a autour des bronches avec du bronchospasme”.  

Des pathologies multifactorielles

Au CHU de Clermont-Ferrand, les maladies respiratoires sont en augmentation. "C'est beaucoup lié à des expositions à des polluants qu’on induit nous-même, comme le tabac, c’est dû aussi aux expositions professionnelles et puis à la pollution intérieure et extérieure. C'est très difficile d'individualiser le rôle de la pollution, parce qu'il y a tellement de facteurs qui interviennent. On est exposé à tellement de choses que c'est difficile de dire que c'est à cause de la pollution atmosphérique ou de la pollution à l'intérieur de la maison... C'est très compliqué à dire au niveau individuel et au niveau d'un patient. Quand un patient vient avec une pathologie, c'est difficile de dire si c'était plus le tabac, si c'était plus les particules de l'extérieur, si c'était plus la profession ou les facteurs génétiques qui intervient. C'est multifactoriel”, détaille le docteur Muti.  

Une mortalité importante

Elle alerte sur les dangers de l’exposition prolongée à la pollution atmosphérique : “Il y a de plus en plus de maladies respiratoires et pulmonaires chroniques et qui sont responsables quand même d'une mortalité qui n'est pas négligeable. Par exemple, la BPCO, un des principaux facteurs qui intervient, c'est le tabagisme. Il y a aussi d'autres causes d'expositions, notamment professionnelles. À l'heure actuelle, elle est la 4e cause de mortalité en France. Il y a beaucoup de patients, de plus en plus. La mortalité liée à la BPCO est quand même de 15 personnes sur 100 000 si on prend une moyenne. Le taux de mortalité est plutôt stable actuellement, mais après, le nombre de personnes qui sont diagnostiquées augmente”. Les études n’ont pas mis en évidence, à l’échelle de la population, de seuil protecteur en deçà duquel aucun impact sanitaire ne pourrait être observé, selon l’ARS. Les effets de la pollution atmosphérique sur la santé sont ainsi observés dès les niveaux de concentration les plus faibles et en l’absence de pics de pollution. Sur la période 2016-2018, en Auvergne-Rhône-Alpes, 4 300 décès sont attribuables chaque année à une exposition aux particules fines.  

Mesurer la qualité de l'air

Naturellement présent dans l’environnement, le méthane, CH4, n’est pas dangereux pour notre santé, mais il l’est beaucoup plus pour la planète. Une PME iséroise s’est notamment spécialisée dans la «traque» de ce gaz, l’un des principaux responsables du réchauffement climatique.  Elle développe des micro-capteurs de mesure de gaz et de la qualité de l’air… à destination des industries du secteur de l’énergie comme des sociétés de la logistique, de la domotique, ou des smart cities. ATMO est l’organisme agrée de surveillance de la qualité de l’air. Le réseau effectue des analyses des différents polluants que nous respirons.

Parmi les leviers d’action dans les secteurs urbains, il y a les ZFE. Les zones à faibles émissions restreignent l’accès des grandes villes aux véhicules les plus polluants. Avec ces mesures et réglementations, notre atmosphère est malgré tout plus respirable aujourd’hui qu’il y a 40 ans. 

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