En 1992, pour faire face à la crise du lait, Roger Blanc, un petit producteur auvergnat, a eu l’ingénieuse idée de valoriser les bovins à viande en créant un salon international spécialisé dans les races de bovins à viande. Pour en faire la promotion, il a amené des vaches d’élite au sommet du puy de Dôme. Sans le savoir, il venait de créer ce qui allait devenir 26 ans plus tard le plus grand rassemblement européen des professionnels de l’élevage bovin, dans le Massif Central : le Sommet de l’Elevage. 

Les quotas laitiers : le début du commencement...


Pour connaître la véritable histoire du salon, remontons à son origine. En 1984, les quotas laitiers ont été instaurés par l’Europe. Leur objectif était de limiter la production de lait. Chaque pays membre devait imposer des quotas aux différentes exploitations. En France, c’est un autre Auvergnat, René Souchon, qui était alors secrétaire d’Etat à l’Agriculture et à la Forêt. Fleuron de la politique agricole commune (PAC), cette solution « de rêve » européenne, pour diminuer les surplus et faire remonter les prix du lait, s’est avérée être un véritable cauchemar pour les éleveurs. En effet, s’ils dépassaient les quotas fixés, ces derniers devaient s’acquitter d’une amende.


Roger Blanc, le fondateur du Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand. / © THIERRY ZOCCOLAN / AFP
Roger Blanc, le fondateur du Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand. / © THIERRY ZOCCOLAN / AFP


 Si on ne peut pas développer le lait, on va développer la viande ! 
Roger Blanc, Président fondateur du Sommet de l’Elevage

 

C’est dans ce contexte de crise du lait que Roger Blanc, alors producteur laitier, a décidé de développer la viande, puisqu’il ne lui était plus possible de le faire avec le lait. Tenant compte du fait que le Massif Central représente environ 70 % de surface en herbe et réunit les principales races de bovins à viande, il a jugé opportun de valoriser la surface en herbe de ce territoire et, de fait, les bovins à viande. 
 

Au sommet... du puy de Dôme

Roger Blanc a alors créé un groupement d’intérêt économique (GIE), dont il a pris la tête. Il était important, pour lui, de rassembler des professionnels qui partagent les mêmes valeurs, défendent le goût des produits et les traditions, pour pouvoir faire le point sur la situation, comparer, se questionner mais aussi s’inspirer des autres expériences afin de mieux envisager l’avenir.
Rennes avait déjà son Salon des Productions Animales – Carrefour Européen (SPACE), créé en 1986. Ce salon se consacrait à la production de lait. Clermont-Ferrand, l’une des principales capitales européennes de l’élevage, aurait lui aussi son salon, mais consacré cette fois-ci à la production de viande. A mi-chemin entre l’association et la société, le GIE a permis à des entreprises indépendantes déjà constituées de mettre en commun des moyens, afin de favoriser leur développement.

L’Etat a soutenu le projet financièrement. Le Conseil général, le Conseil régional et le Comité de Massif ont également participé en le subventionnant à hauteur de 65 %. Le budget réuni était de 2 700 000 francs.
En 1992, pour faire la promotion de ce salon, Roger Blanc a présenté les vaches des principales races rustiques du Massif Central (Salers, Limousine, Aubrac et Charolaise), au sommet du puy de Dôme. Le nom du salon était alors tout trouvé : le Sommet de l’Elevage.

Les origines du Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand
En 1992, pour faire la promotion du salon de l'élevage, Roger Blanc a présenté les vaches des principales races rustiques du Massif Central (Salers, Limousine, Aubrac et Charolaise), au sommet du Puy de Dôme. Le nom du salon était, alors, tout trouvé : il s’appellerait Le Sommet de l’Elevage.  - INA



Une première édition dans un camping !

La 1ère édition du Sommet de l’Elevage s’est tenue, au camping de Cournon d’Auvergne, quelques jours après la Foire de Clermont Cournon. Il était organisé sur trois jours, le vendredi, le samedi et le dimanche. 10 000 personnes (tous publics confondus) étaient au rendez-vous. Il y avait 250 exposants. Le Président du Conseil régional d’Auvergne, Valéry Giscard d’Estaing, l’a inauguré les pieds dans la boue. Cette implantation du salon au camping de Cournon-d’Auvergne n’était pas très valorisante. L’idée a donc été lancée de créer un Parc des Expositions qui lui serait propre.

1992 : première édition du Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand
Le premier Sommet de l'élevage du Massif central a ouvert ses portes à Clermont-Ferrand en octobre 1992. Intervenants : Albert Garcelon / François Maurice / Roger Blanc, fondateur du Sommet de l'élevage. - INA



Il a fallu attendre une dizaine d’années.En 2004, pour sa 13ème édition, le Sommet de l’Elevage s’est installé pour la 1ère fois à la Grande Halle d’Auvergne, à Cournon d’Auvergne. Il a investi les 11 hectares. 700 exposants étaient présents, dont des délégations du monde entier. Sa dimension internationale était alors amorcée. Près de 60 000 visiteurs professionnels ont franchi les portes du salon. Il y avait 1 500 animaux. La construction de la Grande Halle d’Auvergne a été l'une des raisons du succès du Sommet de l’Elevage. La qualité de ses équipements a d’abord convaincu les concessionnaires, puis les fabricants, à louer les mètres carrés d’exposition, ce qui représente l'essentiel du chiffre d’affaires du Sommet.


Les politiques au sommet

Notons que, politiquement, les gouvernements successifs ont été particulièrement attentifs, avec plus ou moins de succès, au monde agricole réuni  au Sommet de l’Elevage. Des ministres de l’Agriculture (Jean Puech en 1993, Louis Le Pensec en 1997, Hervé Gaymard en 2004, Michel Barnier en 2008, pour ne citer qu'eux) aux Présidents de la République, (Jacques Chirac en 2006 et François Hollande en 2013), tout l’exécutif lui a fait l’honneur de sa visite. Il s’est ensuite imposé comme un rendez-vous politique et syndical du monde agricole, parce que des propositions concernant l’élevage de viande bovine, le Massif Central et la PAC en zone de montagne y ont été faites et que des décisions politiques importantes y ont été prises. Une façon aussi pour les candidats aux différentes élections de battre la campagne... à la ville au coeur du monde agricole.

Le président de la République Jacques Chirac déguste du fromage au sommet de l'élevage, le 05 octobre 2006, à Cournon-d'Auvergne, lors de son déplacement dans le Puy de Dôme. "L'agriculture est au cœur des défis du siècle: le défi alimentaire, le défi de la puissance économique", a déclaré M. Chirac, soulignant que "la France est un des pays les mieux placés au monde pour les relever". / © PATRICK KOVARIK / AFP
Le président de la République Jacques Chirac déguste du fromage au sommet de l'élevage, le 05 octobre 2006, à Cournon-d'Auvergne, lors de son déplacement dans le Puy de Dôme. "L'agriculture est au cœur des défis du siècle: le défi alimentaire, le défi de la puissance économique", a déclaré M. Chirac, soulignant que "la France est un des pays les mieux placés au monde pour les relever". / © PATRICK KOVARIK / AFP

 

Au fil des années, le Sommet de l'élevage est devenu un rendez-vous incontournable pour les politiques. Ici, la visite de Marine Le Pen (FN) le 7 octobre 2016. / © THIERRY ZOCCOLAN / AFP
Au fil des années, le Sommet de l'élevage est devenu un rendez-vous incontournable pour les politiques. Ici, la visite de Marine Le Pen (FN) le 7 octobre 2016. / © THIERRY ZOCCOLAN / AFP

 

François Hollande au sommet de l'élevage
Visite du Président de la République François Hollande au sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand en 2013. - INA

 

L'international !

Le Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand a très vite pris une dimension internationale. / © THIERRY ZOCCOLAN / AFP
Le Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand a très vite pris une dimension internationale. / © THIERRY ZOCCOLAN / AFP


Dès ses débuts, le Sommet de l’Elevage avait déjà la prétention de devenir international. Mais, pour cela, il a d’abord dû être reconnu en France, puis en Europe, et enfin dans le monde entier. Un peu plus chaque année, il a su s’imposer jusqu’à devenir l’événement national de référence des éleveurs de zones agro-climatiques difficiles. Il représente aujourd’hui une vitrine exceptionnelle du savoir-faire français en matière de production animale et de génétique. Au fil du temps, le Sommet de l’Elevage a pris la place de leader européen incontesté du secteur bovin viande.

Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier inaugure le Sommet de l'élevage de Cournon en compagnie de son homologue du Niger Issyad AG Kato, le 04 octobre 2007 à Clermont-Ferrand. / © THIERRY ZOCCOLAN / AFP
Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier inaugure le Sommet de l'élevage de Cournon en compagnie de son homologue du Niger Issyad AG Kato, le 04 octobre 2007 à Clermont-Ferrand. / © THIERRY ZOCCOLAN / AFP



En 2016, on comptait 88 000 visiteurs professionnels, 1 500 exposants venus des quatre coins du monde présents sur une surface brute d’exposition de 175 000 m² d’exposition, 76 000 m² de surface de stands, 2 000 animaux d’élite, son chiffre d’affaire était de 4 873 400 euros…  Avec 31 pays représentés, le salon se veut plus que jamais ouvert à l’international. Un vrai succès né de la passion d’un homme et de sa ténacité !