Puy-de-Dôme : facteur de clavecins, un métier rare en quête de la "plus grande richesse des harmonies"

Antoine Llorens est facteur de clavecins, au Cendre près de Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme). Son métier : "rechercher la plus grande richesse des harmonies" sur des instruments très répandus aux 17e et 18e siècles.

Antoine Llorens est facteur de clavecins à Cendre près de Cournon-d'Auvergne, depuis 2004.
Antoine Llorens est facteur de clavecins à Cendre près de Cournon-d'Auvergne, depuis 2004. © C.Lamorelle/France 3 Auvergne
"Faire un clavecin, c'est rechercher la plus grande résonnance, la plus grande richesse au niveau des harmonies. Tout ce qui est nécessaire pour faire de la bonne musique". Antoine Llorens n'emploie pas n'importe quels mots pour évoquer le clavecin et son métier. L'Auvergnat, du Cendre près de Cournon-d'Auvergne dans le Puy-de-Dôme, est facteur de clavecins. Un métier de plus en plus rare qui consiste à construire ces instruments de musique répandus aux 17e et 18e siècles.

Il existe peu de facteurs de clavecins en Auvergne-Rhône-Alpes. Et, Antoine Llorens, à 75 ans, fait partie des meilleurs. Il a appris tout son savoir-faire aux côtés de Gérard Fontvieille, un des meilleurs dans son domaine et qui pensait que la copie d'instruments anciens, stricto sensu, était une hérésie :

Nous avions une relation de maître à élève. C'est un monsieur qui m'a appris les choses en travaillant dans un rapport de compagnonnage

C'est désormais seul qu'Antoine Llorens construit ses instruments. Dans sa grande cave, s'avoisinent de nombreuses pièces, des parties entières de clavecins. Il fabrique un ou deux instruments par an. En ce moment, Antoine travaille sur une copie d'un instrument du 18e siècle : "Il faut façonner et travailler le bois de la meilleure façon. Il ne faut pas seulement assembler des morceaux de bois. Il faut avoir à l'idée que ce que l'on fabrique doit avoir un son parfait. Les longueurs doivent être cohérentes."

Un instrument d'une grande sensibilité

Quelques instruments traînent chez lui. Et il doit régulièrement s'en occuper. Le clavecin nécessite une grande attention et de fréquents entretiens : "Le clavecin est beaucoup plus sensible qu'un piano. D'abord parce qu'il est tout en bois, ça se désaccorde très vite, c'est même sensible aux variations de température. Il faut l'accorder régulièrement, voire constamment."

Au fil des années, Antoine a acquis une grande expérience et est reconnu dans le milieu. Il loue et vend ses instruments dans toute la France et a même reçu une commande d'une grande concertiste américaine, il y a quelques années. Un honneur pour celui qui s'est lancé dans cette aventure en 2004 après une carrière d'enseignant.
 
Antoine Llorens réalise un ou deux clavecins par an.
Antoine Llorens réalise un ou deux clavecins par an. © C.Lamorelle/France 3 Auvergne
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