Lycée du Puy-de-Dôme fermé après des menaces de mort : de nouvelles menaces proférées

Mercredi 13 janvier, pour la 3e journée consécutive, l’accueil des élèves est toujours suspendu au lycée Pierre-Joël-Bonté de Riom, près de Clermont-Ferrand. De nouvelles menaces auraient été proférées, selon le rectorat.

Mercredi 13 janvier, après de nouvelles menaces, le lycée Pierre-Joël-Bonté de Riom, près de Clermont-Ferrand est resté fermé.
Mercredi 13 janvier, après de nouvelles menaces, le lycée Pierre-Joël-Bonté de Riom, près de Clermont-Ferrand est resté fermé. © Richard BRUNEL / MAXPPP

Pour le 3e jour consécutif, les portes du lycée Pierre-Joël-Bonté de Riom, près de Clermont-Ferrand, sont à nouveau fermées. « L’accueil des élèves est temporairement suspendu » indique Béatrice Humbert, chargée de communication du rectorat de Clermont-Ferrand. Elle affirme : « De nouvelles menaces ont été envoyées. Je ne connais ni le nombre ni la teneur des messages envoyés ». Le procureur de la République Eric Maillaud confirme l'envoi d'une menace mardi soir. D’après le quotidien régional La Montagne, l’établissement aurait dû rouvrir ses portes jeudi 14 janvier, en concertation avec le personnel enseignant, mais la réception de nouvelles menaces aurait poussé la direction du lycée à maintenir l’établissement fermé. Mardi 12 janvier, après deux auditions infructueuses, un troisième lycéen avait été placé en garde à vue. « Ce dernier a vu sa garde à vue levée mardi en fin de journée », selon Claire Bigot, chargée de communication de la police nationale à Clermont-Ferrand.

Il y a vraiment eu un avant et un après Samuel Paty

Ce mercredi 13 janvier, un membre du personnel qui préfère rester anonyme confie : « C’est stressant car il y a vraiment eu un avant et un après Samuel Paty donc forcément ça fait peur. Nous sommes également surpris car c’est un établissement relativement tranquille ». David Aliguen, cosecrétaire départemental CGT Educ’action, souligne : « Les menaces sont loin d’être terminées. Ce qui inquiète les collègues c’est que les auteurs ne soient pas encore identifiés. C’est pour cela que la réouverture du lycée a été reportée. Il y a beaucoup d’inquiétudes vis-à-vis de leur sécurité, et de celle des élèves. Ils demandent des mesures de protection et la fermeture du lycée va dans ce sens. Il y a aussi une envie de revenir dans de bonnes conditions, lorsque la menace sera terminée ».
 

L'hypothèse d'une mauvaise blague

Mardi 12 janvier, le procureur de la République n’excluait pas l’hypothèse d’ « un mauvais plaisantin ». David Aliguen partage aussi cette lecture : « Dans le département, un autre lycée, à Pont-du-Château, a aussi reçu des menaces, des insultes. Est-ce que ce sont de très mauvais plaisantins ? S’agit-il d’une mauvaise blague de lycéen, éventuellement aidé par des personnes extérieures ? Ce n’est pas à exclure. Mais à notre niveau, nous ne sommes pas des enquêteurs de police. Est-ce que la menace semble beaucoup plus sérieuse ? Certains éléments montrent qu’elle est crédible. La fermeture d’un lycée reste une mesure plutôt exceptionnelle ». 

L’école est sous tension

Il poursuit : « L’assassinat de Samuel Paty a montré que l’école est sous tension. Elle n’est pas déconnectée des conflits qui traversent la société et des violences qui nous entourent. Cela dit quelque chose de l’état de notre société et de notre école. On n’a pas envie d’instrumentaliser ces événements mais toujours est-il que des mesures ont été prises, on en prend acte, les personnels sont soucieux de ce que décide le recteur. Les dernières décisions ont été prises en lien avec les personnels. Personne aujourd’hui ne conteste cette fermeture. On aimerait que les représentants du personnel aient connaissance de la nature des menaces, sans entraver l’enquête ». Au lycée Pierre-Joël-Bonté de Riom les cours se poursuivent donc en distanciel. L’enquête se poursuit.

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