VIDEO. Le manque de neige en Auvergne ? Mais il ne date pas d'hier ! On a ressorti les vieux films

Ce début d'année 2024 restera marqué par le manque de neige dans les massifs auvergnats. Mais en plongeant dans les archives de France 3 Auvergne, on se rend très vite compte que c'est un sujet en fin de compte très...ordinaire. Projection.

Cet hiver 2023-2024, dans le Sancy, fait le désespoir des passionnés de glisse. La neige est aux abonnés absents. Et quand elle tombe, elle fond très rapidement dans les jours qui suivent. Les températures sont désespérément positives.

Mais les hivers sans neige, c’est loin d’être une nouveauté dans le Massif central. Les tournages sur le sujet sont de plus en plus récurrents aujourd'hui mais aussi loin que l’on remonte dans les archives de France 3 Auvergne, les reportages sur le manque de neige et ses conséquences désastreuses sur le tourisme sont déjà très nombreux. Et cela à une époque où la notion de réchauffement climatique était encore quasi inexistante.

Nous sommes allés vous rechercher quelques vieux films à l’esprit très « vintage ». Prêt pour un voyage dans le temps ? C’est parti !

Premier arrêt dans le passé : 24 décembre 1987

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A la veille de Noël, la station de Super-Besse profite du beau temps comme en plein été. Mais on se désespère de voir tomber la neige. ©Christian Lamorelle et Paul Jallat

En ce jour de réveillon de Noël, il fait un soleil radieux à Super-Besse. Pas un flocon de neige sur les sommets. Pas un nuage. Une belle journée d’été… « Tous les magasins sont prêts pour des produits d’hiver et il faudrait qu’on ait des produits d’été et on ne les a pas », se plaint un commerçant qui ne vend plus rien.

Les touristes prennent les choses du bon côté et profitent malgré tout de leurs vacances. «  On a fait de la luge sur un sac plastique, on s’est bien marrés quand même », s’amuse une femme. Une autre ajoute : « On aime mieux ça que la pluie, surtout à Besse avec le brouillard. »

Le programme, un peu comme aujourd’hui en 2024 : la piscine, la patinoire ou la luge d’été.

 

Deuxième arrêt :  4 février 1989

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Le 4 février 1989, Super-Besse manquait déjà de neige en pleine vacances de février. L'inquiétude était forte chez les professionnels du tourisme. ©Evelyne Rimbert et Guy Chaffin

À peine deux années se sont écoulées et on pleure à nouveau en 1989 sur le manque de neige à Super-Besse. Les touristes sont venus en nombre, ne voulant absolument pas renoncer à leurs vacances. Mais c’est bien la première fois en 25 ans qu’il n’y a pas de neige en ce mois si important de février.  « Cela se traduit par une perte sèche de 90 % de notre chiffre des autres années », déplore un commerçant.

La situation est si critique que la commune a demandé à être classée en zone sinistrée. Elle réclame aussi des mesures pour les 250 saisonniers qui se sont retrouvés au chômage technique.

Mais pour les touristes, la vie est bien agréable quand même. Voilà que les activités que l’on appelle aujourd’hui 4 saisons commencent à s’installer dans le paysage : parapente, escalade et VTT.

 

Troisième arrêt : 23 décembre 1985

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Décembre 1985, la petite station de Chambon-des-neiges est inquiète. Elle vient de faire de gros investissements, notamment dans des canons à neige mais la neige et le froid tardent à venir. Pourtant c'est une station familiale quia tout pour plaire. ©Dominique Planche et Jean-Pierre Ohl

Nous rembobinons encore le temps pour aller découvrir cette petite station du Sancy, quasi oubliée de nos jours : Chambon-des-neiges. Elle avait ouvert en 1971 mais s’est éteinte en 2002, par manque de neige. Une petite station à faible altitude (entre 1140 et 1760 mètres).

À l’hiver 1985, l’inquiétude était déjà forte sur sa survie. Un hiver où les températures les plus basses tournaient autour des 5 degrés. Et les flocons saupoudraient à peine les pistes de ski. Pas de quoi faire fonctionner les canons à neige. La station venait d’investir dans 17 d’entre eux pour un montant de 1,5 million de francs. Sans skieurs, le modèle économique était en péril alors que le village-vacances venait de s’achever.  Le nouveau directeur de la station Georges Boniface se voulait pourtant optimiste : « C’est un domaine intéressant qui n’est pas exploité à 100 %. Pour le ski familial et le ski de week-end, c’est un excellent stade des neiges. »

 

Quatrième et dernier arrêt : 21 février 1981

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En février 1981, la station des Estables en Haute-Loire est heureuse de son succès. Elle s'est lancée dans le ski de descente 15 ans plus tôt et s'apprête à développer le ski de fond. Elle bénéficie de 5 mois de neige par an. ©Guy Chaffin

Il est peut-être temps de se faire plaisir. D’arrêter de se faire du mal. Au milieu des reportages qui s’inquiètent du manque de neige, il existe tous les autres, ceux tournés en station, au bon moment. Quand elle était là, la neige.

On manque de blancheur en ce début d’année 2024 ? Et si, pour cette dernière étape de notre voyage dans le temps, on s’offrait un plongeon dans la poudreuse ? Celle d’autrefois. Comme une sortie en réalité virtuelle mais qui fut réelle.

Voici Les Estables en Haute-Loire pour une froide journée de février de 1981. C’est « une paisible commune d’une centaine d’âmes vivant pour la plupart de l’agriculture » nous dit le journaliste. Une station ouverte 15 ans plus tôt et qui s’apprêtait à développer le ski de fond (les chanceux !) parce que ce village bénéficiait d’un enneigement de presque 5 mois dans l’année (Pardon ??? Cinq mois de neige ??? Mais on en rêve !). Sur une bande-son très seventies (qu'on adore !), des skieurs traversent le village et s'en vont vers les pistes. Des paysages glacés comme dans un frigo. De quoi faire saliver les mordus des hivers polaires.

Mais patience, chers skieurs du XXIe siècle. En cette année 2024, les prochaines chutes de neige sont annoncées vers le 23 février  dans le Sancy. Un petit retour au présent qui pourrait être très agréable.