Pour qu'on ne les oublie pas, ils se couchent sur le barrage du Chambon

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Au lendemain de la visite de Manuel Valls, une centaine d'habitants des secteurs de l'Isère et des Hautes-Alpes pénalisés par la fermeture du tunnel du Chambon, se sont symboliquement couchés sur le barrage du même nom, ce samedi 25 juillet.  

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Pour manifester entre Haute-Romanche et Oisans, il faut se lever tôt! La route qui relie les Hautes-Alpes à l'Isère étant fermée, c'est par les chemins de traverse que 65 habitants de La Grave ont rejoint leurs 35 collègues de Mizoën, avant d'aller se coucher sur le barrage. Comme d'autres manifestants, ils avaient des banderoles sous le bras. "Une route pour tous", "une route pour vivre", pouvait-on lire. 

Cette route dont ils ne profitent plus depuis le 10 avril, c'est la RD 1091, -axe majeur de circulation entre Grenoble et Briançon-, fermée depuis les premiers signes de faiblesse de la voûte du tunnel du Chambon. Les conséquences sont lourdes pour ces riverains qui vivent principalement du tourisme généré par le trafic routier.

"Nos villages se meurent et c'est pourquoi nous avons décidé de faire le mort sur le barrage", explique une manifestante qui se couche. Cette action avait été prévue à l'occasion du Tour de France à deux pas, à l'Alpe d'Huez. Normalement, la fameuse étape aurait dû passer au Chambon avant d'être détournée en raison des événements.

Interview réalisée par Françoise Guais et Yves-Marie Glo
durée de la vidéo: 00 min 58
Sonia se couche au barrage du Chambon

Certes, ces habitants ont été satisfaits de voir le Premier ministre venir à eux, ce vendredi. Mais ils attendent de voir. "Les promesses n'engagent que ceux qui y croient", lance un habitant.

Le Premier ministre a promis de payer la poursuite des navettes par hélicoptère entre les deux départements, histoire de faciliter le quotidien des habitants des Hautes-Alpes, principalement, qui viennent travailler en Isère. Manuel Valls a aussi assuré que l'Etat financerait une partie de la piste de secours que doit construire le Conseil départemental de l'Isère en rive gauche du lac pour un coût de 5 millions d'euros. Enfin, l'Etat participera aux études et travaux pour la remise en état définitive de la route. A ce jour, le Département envisage de percer un partie de tunnel plus profondément dans la montagne, sur une longueur de 200 mètres, pour contourner la zone du glissement de terrain. Le coût des travaux est évalué entre 10 et 12 millions d'euros mais aucun calendrier n'a été fixé.

Plus que tout, c'est le classement promis en "état de catastrophe naturelle" qui pourrait redonner le sourire aux chefs d'entreprises qui vivent du tourisme et qui, depuis avril, ne vivent plus. Restaurateurs et hôteliers ne voient plus passer personne. La création d'une piste en rive gauche, face au tunnel du Chambon, redonne aussi un peu d'espoir puisque les travaux devraient être achevés en novembre. Mais après?
 
Tant que la façade de la montagne, qui "porte" le tunnel, ne s'est pas effondrée, les solutions pérennes ne peuvent être imaginées. Certains auraient aimé que Manuel Valls viennent annoncer un glissement provoqué. L'Etat n'a visiblement pas envie de courir le risque. 

Alors le Collectif du Chambon reste mobilisé. Même si les habitants se sont symboliquement couchés, ils ne comptent pas s'endormir!

Les promesses du Premier ministre en quelques citations
"Je ne laisserai pas tomber le territoire"

"Le pont aérien par hélicoptère n’est pas idéal mais c’est la seule solution tant que le glissement interdit l’accès au lac. L'État financera la poursuite de ces navettes (héliportées) aussi longtemps qu'il n'y aura pas d'alternative"

"Une fois l’éboulement achevé, l’État participera au financement des navettes lacustres pour transporter voitures et piétons"

"Nous avons négocié aussi une réduction de 75 % pour emprunter le tunnel du Fréjus à moindre coût"

"Si la circulation sur la RD1091 n’est pas rétablie cet hiver, l’État participera au financement du déneigement du col du Lautaret" pour que la vallée ne se retrouve pas complètement enclavée. Manuel Valls a évoqué la mise à disposition d’engins de déneigement de l’État et la mobilisation, si nécessaire, des moyens de l'armée.

Le Premier ministre en a profité pour confirmer le maintien du train de nuit Paris-Briançon.

De nouvelles aides aux socioprofessionnels devraient être débloquées et l'état de catastrophe naturelle devrait être prononcé en Conseil des ministres vendredi prochain.