Deux élus de la Loire et de l'Ain appellent la France à ne pas participer à la Coupe du monde de football au Qatar

Le Khalifa Stadium en construction accueillera des matchs de Coupe du monde de Football en 2022. Les conditions de constructions sont particulièrement difficiles, et les stades devront être climatisés, à l'air libre. / © Olivier Corsan / Maxppp
Le Khalifa Stadium en construction accueillera des matchs de Coupe du monde de Football en 2022. Les conditions de constructions sont particulièrement difficiles, et les stades devront être climatisés, à l'air libre. / © Olivier Corsan / Maxppp

Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, jeudi 3 octobre, Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse, et Régis Juanico, député de la Loire, appellent l'équipe de France de Football à ne pas disputer la prochaine coupe du monde au Qatar.

Par Mathieu Boudet

Se priver de foot au nom de l'éthique ? C'est le sens de l'appel lancé ce jeudi 3 octobre, par le maire (PS) de Bourg-en-Bresse Jean-François Debat, et le député de la Loire (Génération.s) Régis Juanico, dans une tribune publiée par le journal Le Monde. 

 

L'exemple de Doha


Le maire et le député se disent "fans de sports", et louent l'intérêt d'organiser de grandes manifestations sportives, mais ils appellent néanmoins très sérieusement l'équipe de France de Football à ne pas disputer la prochaine coupe du monde au Qatar, prévue en 2022. Ils s'appuient notamment sur le "spectacle affligeant" des championnats du monde d'athlétisme qui se déroulent actuellement à Doha : des compétitions organisées parfois en pleine nuit pour faire face aux fortes chaleurs locales, qui restent particulièrement dangereuses pour les sportifs, et devant des tribunes quasi-vides. Les deux élus exposent par ailleurs de nombreuses raisons légitimes de remettre en question cet évènement en particulier.

 

Corruption, conditions de travail, pollution


D'abord la suspicion de corruption : Jean-François Debat et Régis Juanico rappellent que le Parquet national financier (PNF) français a ouvert, en 2016, une enquête préliminaire pour « corruption privée », « association de malfaiteurs », « trafic d’influence et recel de trafic d’influence » autour des conditions d’attribution, par la Fédération internationale de football (FIFA), de cet évènement au Qatar.

Ensuite, les conditions de travail des ouvriers immigrés sur les chantiers du Qatar : les élus s'indignent des "conditions inhumaines" dans lesquelles ces personnes démunies travaillent, pour assurer la construction de 8 stades, d'hôtels, et autres infrastructures nécessaires, qui entraîneraient en moyenne un mort par jour sur ces chantiers, soit plus de 1 000 morts, selon leurs données, d'ici à 2022.

Enfin, la pollution : les auteurs de la tribune dénoncent le "gaspillage éhonté d'énergie fossile", alors que les matchs doivent se dérouler dans des stades à l'air libre et climatisés, "au moment où tout doit être fait pour hâter la prise de conscience collective sur la nécessité de changer de modèle."

 

"Une décision qui fera date"


Pour ces motifs, les deux élus appellent à "une décision radicale, qui fera date : refuser que l’équipe de France de football participe à cette compétition." Ils concluent leur tribune en appelant la France à devenir un exemple : "il est temps de casser cette spirale infernale dans laquelle les épreuves sont attribuées (...) dans des conditions douteuses (...), il est temps de refuser de cautionner, par la présence d’équipes majeures du football, des pratiques de quasi-esclavage connues de tous. Il est temps de mettre des actes en face des mots et de refuser, au nom de la transition écologique, la dérive absolue qui consisterait à voir la France défendre son titre en plein hiver au Qatar, dans des stades climatisés."



 

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