Pédophilie : 5 ans de prison pour l'ancien bénévole du club de foot de Saint-Priest

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Écrit par Ana K.
Un choc sans précédent pour ce club de football de Saint-Priest (Rhône), qui compte 140 licenciés dont une centaine d'enfants.
Un choc sans précédent pour ce club de football de Saint-Priest (Rhône), qui compte 140 licenciés dont une centaine d'enfants. © KEYSTONE/MAXPPP

Bénévole dans un club de foot de Saint-Priest, un sexagénaire a reconnu des faits de pédophilie, devant la cour et face à ses victimes Des faits commis entre 2014 et 2020 sur des enfants âgés entre 5 et 9 ans. L'homme s'était lié d'amitié avec plusieurs familles.

Quand l'affaire éclate au grand jour, en 2019, c'est la stupéfaction, le choc. Pour beaucoup au sein du petit club de football de Saint-Priest, il s'agit d'un ami, de "tonton", d'un proche toujours serviable. L'homme à tout faire de l'AS cheminot est pourtant désigné comme agresseur sexuel par plusieurs enfants.

Au moment de son arrestation, 4 familles ont déposé plainte et 7 enfants, filles et garçons, ont été auditionnés.

L'homme a écopé de 5 ans de prison.

La décision de justice de ce mercredi 12 janvier était attendue par les victimes et leurs familles. La gorge serrée, Magaly, mère de 3 victimes explique quel aboutissement représente pour elle cette nouvelle audience. "J’attends de ce procès que la justice soit rendue pour mes enfants, pour les autres enfants, que cet homme ne fasse plus de mal à aucun enfant parce qu’il en a fait beaucoup. J’ai une pensée particulière pour les victimes présumées qui n’ont pas pu aller au bout de leur plainte en raison de la prescription des faits". 

Des séquelles psychologiques

A l'issue de l'audience, Magaly, revient sur le traumatisme qu'ont vécu ses enfants. "Mes enfants m'en parlent moins, pour mon fils, psychologiquement c’est très compliqué. Il a développé de l’épilepsie à la suite de ces agressions. Il a encore fait une crise hier soir, il était tétanisé."

Emue, la mère de famille reprend, "Mes enfants attendent ce procès pour pouvoir tourner la page et essayer d’avancer un petit peu. Ils ont vécu des agressions qui ont été répétées. Ce sont des agressions qui ont été bien plus importantes que ce monsieur l’a laissé entendre au vu des réactions psychologiques de mes enfants." 

"Je suis en colère contre le club"

Magaly est en colère, elle ne le cache pas. "Lorsqu’il s’en est pris à tous les enfants qui sont représentés aujourd’hui, il était sous contrôle judiciaire pour une autre affaire avec interdiction d’approcher des mineurs. Il travaillait au sein d’un club où il y avait énormément de mineurs." Sa colère s'adresse aussi au club de football où le sexagénaire était bénévole. 

"Je n’ai pas de nouvelles du club, j’ai essayé de joindre le président, sans succès. Je suis en colère contre le club car il y a des anciennes victimes qui les avaient prévenus en 2018. Pour eux, c’était des bruits de couloir mais dans le doute ils auraient dû l’écarter le temps de l’enquête." 

Elle explique comment l'homme était devenu un proche des familles, des enfants, y compris ceux qui n'appartenaient pas au club, comme ses filles. "Lors de manifestations au club, barbecues, soirées anniversaire...il côtoyait les enfants. Je ne demande pas d’argent, pas de dédommagement mais des excuses publiques aux enfants de la part du club. Il y a des personnes qui ont une part de responsabilité. Je souhaiterais que ces personnes montrent qu’elles ont un peu de conscience et de cœur envers les enfants."

Un fort sentiment de trahison et de culpabilité pour les parents

Maitre Ingrid Botella est avocate de plusieurs parties civiles, elle détaille l'état d'esprit de ses clients, elle les dit apaisés face à cet homme, amis de longue date, qui était comme un oncle pour leur fille. 

"En revanche, il y a un sentiment de trahison extrêmement fort, beaucoup de tristesse et malheureusement il y a aussi de la culpabilité, de ne pas avoir vu, comme souvent chez les parties civiles."

Une seule enfant victime présente à l'audience

L'avocate reconnait que cette affaire est très dure à vivre pour les enfants, notamment deux filles : "C’est compliqué pour elles de s’exprimer. Elles l’ont fait une fois devant la police, puis une seconde fois dans le cadre de l’expertise psychologique, elles ne souhaitent plus en parler. D’ailleurs, il y a une des deux victimes qui n’a pas réussi à se déplacer jusqu’au tribunal. L'autre jeune fille est très taisante, c’est son regard qui parle. Il y a beaucoup de tristesse, de peur et beaucoup d’émotion aussi. "

Des faits reconnus par l'agresseur

"Le mis en cause a d’emblée reconnu les faits et la qualité de victimes des enfants. Cela n’enlève rien au préjudice ni à la gravité des faits, mais cela contribue à l’apaisement." 

"Aujourd’hui, poursuit l'avocate, je veux surtout porter la parole de personnes qui veulent regarder devant, qui ne sont pas dans la vengeance, ni dans la colère mais plutôt dans une pitié et une volonté de reconstruction. "

"Mes clients n’ont même pas parlé de peine au sens pénal du terme. Ils sont encore dans le choc, l’incompréhension à se repasser des scènes de fraternité et d’affection avec le mis en cause, la seule réponse qu’ils trouvent, c’est la maladie. On ne peut être que malade pour commettre des choses aussi atroces sur des enfants, sur des toutes petites filles qui, au début, sont âgées de cinq ans à peine."

Outre sa condamnation à 5 ans de prison avec un suivi socio-judiciaire de 3 ans, l'interdiction de toute activité en contact avec des mineurs et inscription au fichier des auteurs d’infraction sexuelle (Fijais) a été prononcée. Le sexagénaire est retourné en détention.        

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