Accident de trottinette à Lyon : le prévenu sera renvoyé devant la chambre correctionnelle

Publié le
Écrit par Daniel Pajonk .

C’est ce jeudi 5 mai que comparaissait l’homme qui a renversé une vieille dame de 96 ans alors qu’elle traversait la rue au niveau d’un passage piéton, place Bellecour, le 23 juin 2021.

Le conducteur de la  trottinette électrique avait reconnu les faits. Il comparaissait ce jeudi en comparution avec reconnaissance préalable de culpabilité. Le chef d’entreprise lyonnais a été reçu par le procureur de la République pour entendre la sanction qui lui incombait. La peine proposée était de 4 mois de prison avec sursis et un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Mais face à une erreur de saisie dans les dossiers (nombre de mois d’ITT de la victime), le juge à qui la peine était présentée ne l'a pas homologué car la qualification juridique était erronée. Il a demandé à ce que l’affaire soit présentée devant une juridiction correctionnelle, avec débats contradictoires et reprise à zéro devant les juges. Peine encourue : un an d’incarcération et 15 000 euros d’amende.

Le prévenu, un homme sans histoire, mais qui passe au rouge

" Mon client n’a pas de casier, il n’est pas chauffard, il est immédiatement venu en aide à la victime immédiatement », souligne l’avocate annécienne qui ne nie pas la faute d’attention et le fait que son client, selon elle, aurait dû être informé par le vendeur de la nécessité d’être assuré pour un véhicule muni d’un moteur de propulsion électrique.

Pour l'avocate de la famille, Me Marlène Druilhe, spécialiste des dommages corporels, un procès en correctionnelle va permettre aux victimes de s'exprimer. De comprendre les circonstances de l'accident.  "Nous pensons qu'il est très important de faire de la sensibilisation sur les risques que l'on fait courir aux usagers de la rue avec des trottinettes dont certaines roulent à 25 km/h. Il est vraiment nécessaire de profiter de ce temps judiciaire pour pousser à ce qu'il y ait de la pédagogie sur les règles à respecter avec ces engins motorisés, et de l'obligation d'assurer son véhicule, ce que trop peu de propriétaires savent. "

Cécile Bouchet, l’une des quatre filles de la victime, aurait apprécié que l’auteur de l’accident  se fasse connaître auprès de la famille et présente des excuses. Or, il n’a rien fait, regrette Cécile Bouchet. Ni excuses, ni regrets. « Et jusqu’à aujourd’hui, nous ne le connaissions pas. Je voulais le voir. » Au nom de sa maman (encore alitée), elle souhaite ce temps judiciaire pour que l’accident serve à quelque chose. « C’est notre mère qui nous a demandé d’alerter les médias sur la nécessité de renforcer la législation ou pour le moins d’appliquer les textes qui existent déjà. Mais souvent méconnus par les usagers de ces trottinettes ou mal appliqués par pouvoirs publics. »

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