Lyon : l'avocat du père Preynat demande le report du film "Grâce à Dieu"

Alors que le film "Grâce à Dieu", de François Ozon, doit sortir le 20 février prochain, l'avocat du père Preynat réclame que celui-ci ne soit pas diffusé avant le procès du prêtre. Le père Preynat est accusé d'actes de pédophilie, survenus entre 1986 et 1991. Son procès pourrait se tenir en 2019.

Alors que la Bande annonce du film "Grâce à Dieu" de François Ozon est désormais diffusée officiellement, l'avocat du père Preynat demande le report de la sortie du long métrage, prévue pour le 20 février 2019. 


 

Un film pour les victimes présumées du père Preynat


Inspiré de l’histoire des victimes lyonnaises présumées de pédophilie dans l’Église, "Grâce à Dieu" a été en grande partie tourné à Lyon. Le film retrace le combat des victimes présumées du père Preynat, pour lancer des poursuites judiciaires à son encontre, et l'empêcher d'être au contact de mineurs, alors qu'elles l'accusent d'actes de pédophilie entre 1986 et 1991. Le long métrage est dores et déjà en lice pour l'Ours d'Or, festival du cinéma de Berlin, qui se déroulera du 7 au 17 février prochain. Ce sera l'occasion, pour le film 'Grâce à Dieu", de faire sa première présentation à l'international. 
 
  

L'avocat du père Preynat demande le report


Pour l’avocat du père Preynat, Frédéric Doyez, la sortie du film doit être repoussée après le procès, qui pourrait se dérouler dans l'année 2019. Il craint en effet une atteinte à la présomption d'innocence :  "sortir une fiction pour relater des faits correspondant à un procès qui va se tenir à court terme, et qui a été hyper-médiatisé au travers de la communication des victimes, c’est quelque chose qui peut porter atteinte à la présomption d’innocence", rapporte l'avocat à nos confrères du Progrès. Il ne s'oppose pas à la "liberté de création", mais regrette que le prêtre soit désigné sans ambiguïté comme agresseur avant même son procés, cet homme "dont on dit le nom et le prénom sans avoir pris les précautions qui s'imposent."


 

Dénoncé, il côtoie à nouveau des enfants 


Le père Preynat avait été dénoncé dès 1991 au cardinal Decoutray, alors Primat des Gaules, par la famille de l'un des anciens scouts que le prêtre encadrait dans la paroisse de Sainte-Foy-lès-Lyon. Un temps écarté de cette mission, il avait par la suite enseigné de nouveau le catéchisme à des enfants et était responsable de plusieurs paroisses jusqu'à ce que l'affaire refasse surface à l'été 2015. Aujourd'hui, le père Bernard Preynat, 72 ans, n’a plus aucune activité pastorale et reste suspendu de tout ministère et de tous sacrement.

 

70 victimes présumées


L'association de victimes "La Parole Libérée" a recensé plus de 70 victimes présumées du père Preynat, pour lesquelles les faits sont prescrits dans la majorité des cas. L’instruction du dossier judiciaire toucherait à sa fin et l'affaire pourrait être audiencée durant l'année 2019. Dans l'intervalle, le cardinal Barbarin et 6 autres prévenus comparaîtront du 7 au 9 janvier prochain pour "non-dénonciations" de ces mêmes agressions présumées. 
 
intervenant : Maître Frédéric Doyez Avocat de Bernard Preynat ©France 3 RA