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Des avocats lyonnais à la tête d'une action en justice contre les effets secondaires de l'implant gynécologique Essure

Au terme de 12 ans de souffrance, Isabelle a dû se faire retirer son implant. / © France 3 Rhône-Alpes
Au terme de 12 ans de souffrance, Isabelle a dû se faire retirer son implant. / © France 3 Rhône-Alpes

L'implant "Essure" est un dispositif de contraception définitive et irréversible. 175 000 femmes ont été implantées jusqu’en 2017, date à laquelle la commercialisation a été arrêtée en France. A ce jour, 35 patientes, victimes de graves effets secondaires, ont déposé une plainte contre X.
 

Par Sandra Méallier

Troubles neurologiques, musculaires, et articulaires : pour certaines femmes, le quotidien est devenu un calvaire à la suite de l'implantation du contraceptif définitif ESSURE, fabriqué par le Laboratoire Bayer. Il s'agit d'un disposif médical qui se pose dans les trompes de Fallope pour assurer une stérilisation, comme le ferait une ligature des trompes.

Victimes de graves effets secondaires, 35 patientes et leurs conjoints et enfants (70 personnes au total) ont déposé une plainte contre X pour "blessures involontaires, mise en danger et possiblement tromperie aggravée", devant le pôle santé du tribunal de grande instance de Marseille.
Cette première plainte au pénal est portée par un cabinet d'avocats lyonnais. Pour Me Stéphane Duval, la priorité est "qu'une enquête soit ouverte pour connaître la vérité sur les effets de cet implant.(...) Non seulement ces femmes souffrent, mais elles ont été mutilées".

Anne-Cécile Groléas, fait partie des patientes qui ont porté plainte. Elle nous livre son témoignage, un parcours long et toujours douloureux 6 mois après l'explantation des implants. Elle a choisi d'alerter les femmes via sa page Facebook
Anne-Cécile est en train d'écrire un livre sur son histoire avec la journaliste, Jacqueline Maurette.


Des souffrances sans origine évidente

Les implants Essure ont été commercialisés en France entre 2002 et 2017, avant que le groupe pharmaceutique Bayer arrête sa distribution en Europe. 

175 000 femmes ont été implantées, et selon l'agence nationale de santé et du médicament (ANSM) entre 2003 et début 2017, 1087 femmes ont signalé des incidents ou effets secondaires. Les victimes pourraient toutefois être beaucoup nombreuses car la plupart des patientes ont mis des années à identifier l'origine de leurs maux.

Pour Isabelle Tricottet, venue de vendée pour faire explanter à Lyon le matériel qui la rend malade, témoigne d'une expérience terriblement éprouvante. "C'est vraiment un enfer que j'ai vécu pandant 12 ans et demi : des règles hémorragiques, une fatigue chronique, des douleurs épouvantables (...) On se sent dimunué, comme dans un corps de femme de 80 ou 90 ans."

Les victimes n'ont d'autre solution que le retrait d'un dispositif qui était censé être définitif. Une opération chirurgicale particulièrement délicate : le matériel a pu se morceler et, en cas de complications, le geste peut conduire à une hystérectomie totale. 

Effets indésirables ou toxicité ?

La dangerosité du dispositif n'a toutefois pas été scientifiquement démontrée, même si des chercheurs avancent dans ce sens : il pourrait s'agir d'un empoisonnement au nickel et au chrome, des composants du matériel qui se difuseraient dans l'organisme.

Pour l'heure, les autorités parlent seulement d'effets indésirables et le fabricant a décidé de lui-même de retirer son produit du marché. Dans ces conditions, les patientes se battent pour faire connaître et reconnaître leur situation, afin qu'aucune autre femme ne reste dans l'ignorance et la souffrance.
 
Un implant contraceptif à l'origine d'une plainte en justice portée par des avocats lyonnais
35 patientes ont déposé une plainte contre X pour blessures involontaires, mise en danger et possiblement tromperie aggravée. Suite à l'implantation d'un dispositif gynécologique de stérilisation, elles ont souffert de graves effets secondaires. - France 3 Rhône-Alpes

Ne pas confondre avec l'implant contraceptif

L'implant ESSURE ne doit pas être confondu avec un simple implant contraceptif.

Le premier se présente comme un ressort métallique et ressemble à un stérilet. Il se pose définitivement sur les trompes de Fallope et a pour effet de stériliser la porteuse.

Le second est un petit bâtonnet cylindrique en plastique de 4 cm de long et 2 mm de diamètre. Une fois mis en place sous la peau du bras, il contient les mêmes hormones que les pilules progestatives. Il les diffuse directement dans le sang et supprime l'ovulation pendant 3 ans, en moyenne. Il faut ensuite le renouveler.
 

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