Coronavirus : une chercheuse de Lyon lance un questionnaire sur le confinement

Les milliers de réponses au questionnaire apportent déjà des éléments tangibles sur les conséquences du confinement dans la population. / © Maxime Jegat / Maxppp
Les milliers de réponses au questionnaire apportent déjà des éléments tangibles sur les conséquences du confinement dans la population. / © Maxime Jegat / Maxppp

Heure de coucher, consommation d'alcool, moral... Une chercheuse de l'université Lyon 3 lance une étude nationale pour tenter de mesurer les impacts du confinement sur la population. Elaboré le 22 mars dernier, le questionnaire est accessible à tous sur internet.

Par Mathieu Boudet

Avez-vous plus de contacts avec vos proches ? Vous couchez-vous plus tard ? Etes-vous stressé par les devoirs des enfants ? La chercheuse Lise Bourdeau-Lepage, spécialiste du bien-être en milieu urbain et professeure à l'université Lyon 3, lance un questionnaire national pour tenter de mesurer l'impact du confinement. Mise en ligne le 23 mars dernier, l'étude donne déjà de premières tendances.
 


Suivre nos comportements et notre moral

Ces questions et bien d'autres, auxquelles chacun peut répondre anonymement, permettront de se faire une idée de tendances et d'impacts que pourrait avoir le confinement sur notre quotidien. Au coeur d'une situation jamais connue dans l'histoire contemporaine française, cette première étude sur ces thématiques devrait permettre d'en tirer des enseignements sur les conséquences du confinement, et ses enseignements éventuels, notamment sur les comportements et l'évolution de la santé physique et mentale des français. "Nous voulons en vous posant ces questions, évaluer les principaux changements qui ont pu s’opérer dans votre quotidien au cours du confinement. L’accent est mis sur vos relations sociales, vos habitudes/modes de vie et votre bien-être en général," explique la chercheuse en préambule.


 


Afflux inattendu de participation

"Pour moi, qui travaille sur le bien-être et la santé mentale en milieu urbain notamment, c'était logique de me saisir du sujet", explique la chercheuse. "Je voyais la ville se vider, je me suis dit, où est la vie ? Elle s'est déplacée vers l'espace domestique. Donc mon entrée s'est orientée logiquement vers cet espace. Je voulais aussi me rendre utile, et donner la parole aux gens." Publié il y a une semaine, le questionnaire a déjà dépassé le nombre de réponses qu'elle espérait : 4 914 personnes ont répondu en une semaine, ce lundi 30 mars. Or, l'échantillon minimal demandait au moins 2 401 personnes, pour atteindre un niveau de confiance fiable. "Plus on a de répondants, plus on a une population diversifiée, et plus on s'approche d'une réalité. Actuellement, grâce au grand nombre de réponses, le niveau de confiance est proche de 99%," constate-t-elle.


 


 

Premiers enseignements

Les premiers retours sont déjà instructifs, même s'il s'agit pour l'instant de résultats bruts. "Pour le moment c'est à prendre avec beaucoup de précautions puisque les résultats ne sont pas encore traités", insiste Mme Bourdeau-Lepage. Néanmoins, des tendances sont déjà tangibles : d'abord, un fort impact sur le moral. Plus d'un tiers des répondants s'estimaient satisfaits de leur qualité de vie à hauteur de 8/10 avant le confinement. Ils ne seraient plus que 14% à conserver ce sentiment. Côté rythme de vie, les répondants semblent se coucher en moyenne une heure plus tard que leurs habitudes. Côté sorties, près de la moitié des personnes indiquent ne faire des courses plus qu'une fois par semaine. Côté hygiène de vie, il semble que près de la moitié de l'échantillon ne fasse plus de sport. Enfin, 10% des participants indiquent ne pas être confinés dans leur domicile principal, et auraient donc probablement élu domicile dans une résidence secondaire le temps du confinement. De premières indications tangibles, mais le chercheuse rappelle : "il est trop tôt pour en faire une interprétation, les données seront traitées quand le questionnaire sera clos."


Les résultats finaux devraient être connus dans une quinzaine de jours. Les données récoltées seront utilisées à seules fins statistiques et resteront anonymes. Si vous souhaitez participer, le questionnaire est disponible sur ce lien.



 

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