Coronavirus : les contaminations dans le Rhône et à Lyon en très lente décrue

Le pic de nouveaux cas hospitalisés pourrait avoir été atteint dimanche 5 avril, avec 1 250 patients hospitalisés au total dans le Rhône.
Le pic de nouveaux cas hospitalisés pourrait avoir été atteint dimanche 5 avril, avec 1 250 patients hospitalisés au total dans le Rhône.

Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 admis dans les hôpitaux a diminué mercredi 16 avril, mais en moyenne, la courbe des hospitalisations peine à diminuer franchement. Explications.

Par Mathieu Boudet

Un plateau, mais pas encore une franche baisse. Dans le Rhône, comme dans l'ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes, le nombre de nouveaux patients hospitalisés pour causes de coronavirus ne monte pratiquement plus depuis le 5 avril dernier, mais la baisse semble extrêmement lente.

 

Une décrue à peine perceptible ?

Le nombre de cas pris en charge pour Covid-19 a diminué de 13 personnes mercredi 15 avril, dans les hôpitaux du Rhône, ce qui signifie qu'on a compté plus de sorties d'hôpitaux que d'entrées ces dernières 24 heures. Mais 2 jours plus tôt, ce chiffre était reparti à la hausse. Si la courbe des nouvelles hospitalisations a commencé à diminuer à partir du 5 avril dernier, elle s'est finalement stabilisée sur un plateau, autour de 1 200 patients traités en ce moment dans les hôpitaux du Rhône et de Lyon. Les effets du confinement de la population, qui a débuté le 17 mars dernier, se font donc bien sentir très lentement. 

Le nombre de cas toujours hospitalisés peine à se réduire car les patients subissent des effets plusieurs semaines après leur contamination. Mais le nombre de nouveaux cas admis diminue lui réellement : il se situe actuellement à 7 nouveaux admis par jour en moyenne, alors qu'au plus fort de la crise sanitaire, durant la dernière semaine du mois de mars, on comptait 80 nouvelles admissions par jour en moyenne, avec un record de 122 nouveaux patients hospitalisés la seule journée du 28 mars dernier.

 

 
Baisse marquée en réanimations

Par ailleurs, on constate une baisse marquée des entrées en réanimations et soins intensifs, cette fois bien visible. Ces données fournies par l'Agence Régionale de la Santé concernent la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elles sont plus instructives car on y perçoit mieux la baisse engagée. Le nombre de patients dans les hôpitaux est amené à décroître lentement, après un traitement prolongé pour accompagner la guérison. Le nombre de patients en réanimation et soins intensifs montre, en revanche, les personnes pour lesquelless la maladie est à son apogée, qui nécessiteront, dans le meilleur des cas,  encore plusieurs jours voire plusieurs semaine d'hospitalisation après cette étape. Ce marqueur semble donc plus approprié pour lire l'évolution de la pandémie.

 


Léger ralentissement des décès

Les décès interviennent plusieurs jours voire plusieurs semaines après le début de l'infection, ce qui en fait un indicateur "retardé", qui reste donc en constante progression pour l'instant. Au quotidien, leur nombre progresse donc toujours, mais à un rythme un peu plus lent depuis une semaine. De 16 décès par jour en moyenne la première semaine d'avril, on recense en moyenne 12 morts par jour dans le Rhône ces 7 derniers jours. Le nombre de décès devrait continuer à augmenter plusieurs jours, avant de ralentir progressivement, en lien avec la baisse du nombre de cas recensés. On recense 355 décès à l'hôpital depuis le début de la pandémie ce 16 avril.
 


La bataille n'est pas finie


Outre cette très lente décrue, selon les territoires, au niveau national comme dans la région, de nouveaux cas sont encore recensés et pris en charge en hôpital. Et chaque cas résiduel sera susceptible de relancer une deuxième vague de contamination selon la réussite ou non du déconfinement. Enfin, ces chiffres sont à considérer comme des indications susceptibles de modifications en fonction des données recueillies et diffusées par l'Agence Régionale de Santé. Ils nécessitent en effet "une consolidation et une fiabilisation" des autorités sanitaires, qui transmettent une évaluation quotidienne difficile à mesurer précisément, notamment dans les Ehpad, où les causes de décès sont parfois complexes à établir. 

 

Sur le même sujet

Les + Lus