Coronavirus Covid-19 : la solidarité pour équiper les soignants de masques, de protection et de matériel

Face au manque d'équipements pendant l'épidémie de coronavirus Covid-19, la solidarité s'organise avec des dons de masques pour les médecins, de la part d'entreprises ou de particuliers en Isère, dans le Rhône ou dans la Drôme. / © B. Tardy / FTV
Face au manque d'équipements pendant l'épidémie de coronavirus Covid-19, la solidarité s'organise avec des dons de masques pour les médecins, de la part d'entreprises ou de particuliers en Isère, dans le Rhône ou dans la Drôme. / © B. Tardy / FTV

Face au manque de masques chirurgicaux et d'équipements, la solidarité s'organise en Isère, dans le Rhône, dans la Drôme, avec des dons pour les médecins et les hôpitaux. Même l'Olympique Lyonnais montre l'exemple. Mais malgré cela la situation reste très inquiétante pour les soignants.
 

Par Renaud Gardette

L'entreprise Av2M  à Seyssuel (Isère) est tenue par 3 frères pour des achats et ventes de matériel de BTP, à l'arrêt depuis le début du confinement général. Dans leurs réserves, ils ont retrouvé 5.000 masques FFP2 périmés. Peu importe la date limite d'utilisation, ces masques restent efficaces, et très demandés:

"On le savait parce qu'on s'en sert un petit peu dans nos activités. On a cherché, et on a trouvé ce qui est criant de demandes aujourd'hui" affirme modestement Laurent Salvatori, entrepreneur.

Les masques FFP2 sont donc distribués gratuitement. Il lui en reste 1.500 à distribuer en voiture, à l'heure où certains augmentent les prix ou organisent des trafics: "On distribue tout ce qu'on a. Ils ne nous sont pas utiles de toutes façons, et si ça peut aider tant mieux" précise Laurent Salvatori.
 

Le "calme avant la tempête"


L'entrepreneur distribue aux médecins autour de chez lui ses lots. Céline Del Olmo, médecin généraliste, les récupère donc avec beaucoup de soulagement car elle craint, comme tous ses collègues, de voir une vague de malades affluer ces prochaines jours ou semaines: "C'est calme en fait. Mais j'imagine que c'est le calme avant la tempête. Donc tout ce qu'on donne je prends, parce qu'après, je n'en sais rien..."
 

"Cà fait chaud au coeur"


L'hopital de Vienne Valrhône Santé, qui réunit 6 établissements, a reçu 11.800 masques, mais aussi des gateaux et des bonbons offerts par des particulies et des entreprises.

Ces élans de générosité sont aussi utiles que bienvenus pour le directeur de l'hôpital, Christian Dublé: "Je dois dire que ça fait chaud au coeur, ça marque le soutien de l'ensembe de la population et des entreprises locales à toute la communauté hospitalière qui en a besoin et qui est complètement mobilisée sur cette crise sanitaire."

Pour l'instant le Centre hospitalier affirme ne pas manquer de matériel, mais tous les dons sont acceuillis avec soulagement.
 

L'Olympique Lyonnais solidaire



L’Olympique Lyonnais, à travers son fonds de dotation "sOLidaire" a annoncé samedi 21 mars le lancement d'une plateforme de financement participatif pour permettre d’effectuer un don en faveur de la lutte contre la pandémie.

Cette action vient s'ajouter à l’annonce faite vendredi 20 mars d’un don global de 300.000€ dédié aux Hospices Civils de Lyon (HCL) pour sa fondation, pour les deux projets de recherche clinique en cours et pour acheter du matériel et des équipements dont 10 respirateurs supplémentaires.

La Croix-Rouge Française, l'association Habitat & Humanisme, la Banque Alimentaire du Rhône et le Foyer Notre Dame des Sans-Abri recevront également une partie des dons.

"Il est urgent de soutenir de la façon la plus pragmatique possible les services de secours et d’assistance de la région Auvergne-Rhône-Alpes" affirme l'Olympique Lyonnais dans un communiqué.
 

A Valence, les syndicats appellent aux dons


Le syndicat CGT du Centre Hospitalier de Valence (Drôme) lance un appel général aux dons de masques: "La situation est critique, nous ne devons pas attendre le pic pour appeler les entreprises, les facultés à nous donner du matériel. Nos stocks sont insuffisants et risquent de l'être pour la période du pic!" s'inquiète le secrétaire du syndicat CGT Karim 
Chkeri.  

Pour l'instant, selon nos informations, 2 entreprises, un institut de beauté, une école d'ingénieurs et une autre école ont déjà donné des boîtes de masques et de gants à l'hôpital après cet appel, mais les besoins sont encore énormes.
 

"On n'y arrivera pas"


Pour le délégué CGT, "ce n'est que du bricolage, et çà m'énerve! On sait qu'on en manquera quand on sera dans le pic de l'épidémie. Si on ne fait pas cet appel aux dons, il ne se passe rien. Attendre que ça arrive est insupportable. Si les masques sont périmés, ce n'est pas grave, ce sont surtout les élastiques qui peuvent s'abîmer et c'est tout. Aujourd'hui, on est à 1 masque chirurgical par jour et par médecin! On n'a pas de matériel. On sait qu'on n'y arrivera pas." En théorie il faut changer le masque chirurgical toutes les 4h.
 

Du personnel de l'hôpital atteint du coronavirus ?


Selon le syndicaliste, il y aurait entre 4 et 10 personnels de l'hôpital déjà contaminés par le covid-19. "Si les soignants sont malades, qui va s'occuper des nouveaux patients?" demande-t-il.

Il raconte également cette anecdote, très révélatrice selon lui: "Une infirmière devait entrer dans la chambre d'un patient atteint du Covid-19. Elle m'a appelé pour me dire "je n'ai pas de blouse ni de sur-protection, comment je fais, je rentre quand-même?" C'est de l'amateurisme. Il y a des stocks un peu partout, il faut absolument aller les chercher."



 

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