Coronavirus-Des masques de protection made in Lyon adaptés aux malentendants... et à ceux qui veulent garder le sourire

Drôle de masques de protection. La société Odiora, implantée à Lyon, vient de lancer un prototype permettant aux personnes malentendantes de pouvoir lire sur les lèvres. Le masque est équipé d'une partie transparente... Il fallait y penser!  Il pourrait bien toucher un public plus large que prévu.

Des masques avec visière pour retrouver le sourire ... L'entreprise lyonnaise Odiora a mis au point un prototype pour les personnes atteintes de surdité et ... les autres !
Des masques avec visière pour retrouver le sourire ... L'entreprise lyonnaise Odiora a mis au point un prototype pour les personnes atteintes de surdité et ... les autres ! © Odiora
"Le fait de ne pas pouvoir lire sur les lèvres à cause des masques est un vrai frein à la communication," écrivait Nathalie Birault le 15 avril dernier sur le site de l'association Droit Pluriel. Une petite phrase lourde de sens glissée dans les petites "chroniques du handicap confiné".

Car la crise sanitaire Coronavirus semble bel et bien avoir mis en lumière certaines difficultés insoupçonnées. Exit donc la lecture labiale pour les sourds et malentendants. Alors certains ont planché sur des solutions astucieuses, c'est notamment le cas de Nathalie Birault, fondatrice de la société lyonnaise Odiora.


Un masque de tissu avec une petite fenêtre sur les émotions


Si le port du masque devient problématique pour les personnes atteintes de surdité, Nathalie va plus loin: "le fait de ne pas voir des sourires manquait d'humanité," explique la jeune femme, "j'avais envie qu'on puisse revoir ces sourires malgré cette situation!"

Sa frustration lui a donné des ailes et Nathalie a très vite décidé de relever ses manches. La machine à coudre de sa grand-mère a repris du service. La jeune femme a mis au point un prototype de masque visière. Son masque de tissu est équipé d'une fenêtre de plastique qui permet "de voir les émotions".

L'idée d'un masque avec visière transparente est née de la frustration de cette Lyonnaise face à un nombre croissant de gens équipés de masques chirurgicaux ou alternatifs. "Les masques font peur aux enfants et impressionnent les personnes âgées," explique Nathalie, "ce masque avec visière n'est pas destiné aux seules personnes malentendantes, il s'adresse aussi à leur entourage." Une solution qui sera la bienvenue si le port du masque devient obligatoire.

Nathalie Birault souffre elle-même de problèmes auditifs depuis l'enfance. À l'adolescence, elle décorait ses propres appareils pour mieux les accepter. Depuis 2016, elle s'est lancée dans cette activité avec Odiora. Cette jeune entreprise de l'économie sociale et solidaire, implantée à Lyon, propose des bijoux conçus pour les appareils auditifs et implants cochléaires. 

Un produit 100% solidaire made in Lyon


Confinée, Nathalie fabrique chez elle ces masques avec visière grâce à son stock de tissu. Les visières de plastiques proviennent également du matériel de l'entreprise. Attentive aux normes, Nathalie a déjà fabriqué une vingtaine de masques, de manière artisanale. Non sans se heurter à des contraintes techniques telle que la présence de buée ou encore la difficulté de coudre du plastique au tissu.
"Il y a plusieurs couches de tissus; c'est compliqué de cacher les coutures ... la fabrication, ce n'est pas seulement de l'esthétique," explique la créatrice consciente qu'il faudra "simplifier" le produit en cas de production à grande échelle. Pour l'heure, Nathalie est en liaison avec d'autres couturières pour trouver des solutions à ces écueils techniques.

Les autorités sanitaires n'ont pas encore validé ce modèle de masque mais la société Odiora a contacté l'Afnor. Efficacité, durée de vie, usure, lavage, solidité .... le prototype en est encore au stade des tests. 

"Aujourd'hui l'idée n'est pas de faire de l'argent avec ce produit," explique Bruno Savage, directeur général d'Odiora, "les masques sont donnés gratuitement pour toute commande sur Odiora, sans minimum de prix d'achat." Des dons qui participeront aussi au retour sur expérience. Et Nathalie ajoute : "l'idée était de joindre à l'effort collectif, de participer à une solution dans cette crise."

Par la suite, Odiora cherchera des options pour envisager une fabrication à plus grande échelle grâce notamment à un partenariat avec un industriel de la région ou des Esat (établissement et service d'aide par le travail). Ces établissements sont actuellement fermés à cause du confinement. Les masques seront produits en France, c'est la volonté des responsables d'Odiora.

Mais la petite entreprise risque de bientôt manquer de matériel. Alors les dons de matières premières (textiles, visières plastique, tissus élastiques...) sont donc les bienvenues.
 
Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Odiora (@odiora_bijoux) le

Des collections et pourquoi pas des modèles plus "fun"... Nathalie ne s'interdit pas un peu de fantaisie.  
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus santé société insolite
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter