Covid-19 : à Lyon, on teste le dépistage par le souffle pour remplacer l'écouvillon

Symbole de la lutte contre la Covid-19 abritant un centre de dépistage et de vaccination, la Palais des Sports de Gerland, à Lyon, est le terrain d'une autre mission. Le personnel médical et les visiteurs testent Covid Air, un projet porté par le CNRS basé sur le dépistage du virus dans le souffle.

Le Palais des Sports de Gerland, à Lyon, est ouvert 7 jours sur 7 pour le dépistage et la vaccination dans le cadre de la lutte contre la Covid-19.
Le Palais des Sports de Gerland, à Lyon, est ouvert 7 jours sur 7 pour le dépistage et la vaccination dans le cadre de la lutte contre la Covid-19. © Cédric Baud / FTV

Avec ses allures de vaisseau spatial, le centre des sports de Gerland, au sud de Lyon, est devenu un symbole régional dans la lutte contre la Covid-19. Ouvert 7 jours sur 7, nombreux sont ceux qui ont cheminé dans les files d’attente au milieu des barrières. En France entre le 1er mars 2020 et le 11 avril 2021, on estime qu’environ 73,6 millions de tests antigéniques et RT-PCR ont été validés par un professionnel de santé (environ 13,3 millions de tests antigéniques et 60,3 millions de tests RT-PCR dont 59,6 millions naso-pharyngés, 606 000 salivaires et 106 000 en milieux divers).

Le Palais des Sports de Gerland est l’un des 110 centres de dépistage de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Si, aujourd’hui, un quart d’heure est requis pour se faire tester, cela n’a pas toujours été le cas. Ouvert comme centre de test de dépistage massif par les Hospices Civiles de Lyon en septembre 2020, sa fréquentation n’a pas faibli. En Janvier 2021, 54 000 personnes avaient fait parfois une longue queue permettant de dépister 9 400 cas positifs.

On chemine entre les barrières et, tous les deux mètres, des lignes rouges rappellent les distances physiques à respecter. Gel hydro alcoolique distribué à chaque étape, on se présente devant une table où l’on explique la raison de sa venue. Il faut dire qu'ici "c’est gratuit et sans ordonnance" annonce Juliette qui reçoit les visiteurs avec le sourire derrière son masque FFP2 et ses lunettes de protection. Aujourd’hui, elle rêve de devenir infirmière. Car pour tenir une telle cadence, il aura fallu en recruter des étudiant.e.s infirmier.e.s. Et en grand nombre tant la tâche est grande ! Pour Amélie Martins, en troisième année de soins infirmiers, "C’est une chance de pouvoir vivre ce genre de situation. Ça nous confronte au réel. On voit des patients, on apprend à les rassurer."

Jusqu'à 2 000 vaccinations par jour possibles à Gerland

Par groupes d’une dizaine, ils prélèvent dans des petits boxes aménagés dans le petit palais des sports. Ça n’a pas toujours été le cas, "Au plus fort de la pandémie, nous étions installés dans le grand palais qui est maintenant dédié à la vaccination" nous dit le professeur Frédéric Laurent, responsable de ce centre de test. Car, effectivement, aujourd’hui on vaccine à tour de bras. Le centre de vaccination de Gerland a ouvert ses portes le 14 janvier 2021. Il est accessible 7j/7 de 8h à 20h. Depuis l’ouverture, plus de 50 000 vaccinations ont été réalisées, la 50 000e a été faite le 28 mars 2021. A l’ouverture, le centre avait la capacité de vacciner 400 personnes, aujourd’hui, la capacité a été portée à 2 000 vaccinations par jour.

Avec les auto tests, si on est positif, il faut impérativement venir faire un test PCR.

Pr Laurent

On pourrait penser qu’avec les tests anti-géniques pratiqués en pharmacie et les auto-tests qui font leur apparition, l’activité de ce centre de dépistage soit amenée à diminuer. Pas tant que ça. Car la grande affaire du moment c’est la chasse aux variants. "avec les auto tests, si on est positif il faut impérativement venir faire un test PCR" précise le Professeur Laurent "car ils ne renseignent pas sur la nature du variant dont vous êtes porteur, et c’est une information capitale."

Alors si vous pensiez que l’auto test était la solution miracle pour éviter une écouvillon naso-pharyngé, détrompez vous. D’ailleurs, "ces tests ne sont pas la panacée tant le nombre de faux négatifs est important" nous rappelle le Professeur Laurent. D’une sensibilité bien moindre que les tests PCR "si vous êtes positif, c’est sans doute vrai, par contre un négatif peut être un faux négatif (…) dans tous les cas en cas de symptômes le mieux est de faire un test PCR  d’autant plus que notre centre mettra en place la recherche de traçage des cas contacts."

Covid Air ou le dépistage par le souffle

Et se faire tester devrait devenir de plus en plus facile. Simple comme un éthylotest. C’est le projet Covid Air porté par le CNRS. Après avoir été testé, vous pouvez aider l’étude de ce système de dépistage bien moins invasif. En analysant les molécules présentes dans l’air que vous expirez, la machine devrait être capable de vous dire en quelques secondes si vous êtes positif ou négatif. Testé lors d’une première phase sur des patients traités, les résultats sont encourageants. "cette première étude a montré une fiabilité de 95%" indique Frédéric Laurent. "Actuellement, on compare les résultats des tests PCR et ceux de Covid Air" sur une machine installée dans le centre, "si les résultats sont bons, on peut imaginer ce genre de machine pour tester dans les aéroports ou à l’entrée de salles de spectacles". Avec quelques milliers de cas comparés, on devrait avoir les résultats de l’étude  au cours de l’été. Et si Covid Air montre sa fiabilité les premières machines pourraient apparaître d’ici la fin de l’année. La fin des écouvillons ?  À vos souhaits.

 

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