Lyon : un essai clinique pour limiter la phase "d'hyper inflammation" liée au Covid-19

L'établissement français du sang (EFS) a lancé à Lyon, au mois d'avril, un essai clinique baptisé "CovidEp", basé sur le renouvellement du plasma de patients atteints du Covid-19, afin de leur éviter l'intubation. 

L'essai consiste à échanger du plasma sanguin infecté par un plasma sain pendant quelques jours, pour que le patient passe le cap de "l'hyper inflammation", et lui éviter l'intubation.
L'essai consiste à échanger du plasma sanguin infecté par un plasma sain pendant quelques jours, pour que le patient passe le cap de "l'hyper inflammation", et lui éviter l'intubation. © Guillaume Bonnefont / Maxppp

Une nouvelle tentative pour contrer les effets du Covid-19.  A Lyon, l'établissement français du sang (EFS) d'Auvergne-Rhône-Alpes a lancé en avril un essai clinique baptisé "CovidEp". Sa mission : renouveller le plasma de patients atteints de formes graves du Covid-19 afin de leur éviter l'intubation.

Passer "le cap de l'hyper inflammation"

"Les difficultés respiratoires des malades semblent être en partie liées à une forte présence de substances inflammatoires dans le sang et à d'autres infections. On cherche à enlever ces substances anormales pendant quelques jours pour que le patient passe le cap de cette hyper inflammation", explique le Dr Olivier Hequet, l'un des coordinateurs de l'étude. Le protocole s'adresse à des patients volontaires, souffrant d'une détresse respiratoire modérée, et placés sous "optiflow", une technique d'oxygénation pulmonaire à très haut débit, moins invasive que l'intubation qu'elle cherche à éloigner.

Plasma infecté contre plasma sain

A raison de séances d'1h30, trois jours de suite, trois litres de plasma (la partie liquide du sang) sont retirés et remplacés dans le corps des malades par du plasma de donneurs sains.  "Il y a dans leur plasma tout un tas de substances inflammatoires, de la coagulation et de l'immunité, qui sont complètement désorganisées. L'idée est d'en retirer au moins 60% à chaque séance", décrit le Dr. Hequet. "On pense que ces substances anormales sont aussi fixées dans les tissus. L'hypothèse est que les retirer du sang le premier jour va attirer celles logées dans ces tissus de nouveau vers le sang. Les séances répétées permettront de mieux les éliminer", poursuit ce spécialiste de l'immunologie clinique.

Premiers résultats cet été

Le critère principal d'évaluation de l'essai sera le taux d'intubation à 10 jours après le début des transfusions. L'état respiratoire du malade à court terme, son immunité et son pronostic à plus long terme seront aussi scrutés. Mené en partenariat avec les Hospices Civils de Lyon, mais aussi des établissements privés de la région Auvergne-Rhône-Alpes ainsi qu'un service de réanimation de La Pitié-Salpêtrière, l'essai clinique est encore en phase de démarrage et espère présenter des résultats intermédiaires d'ici au début de l'été. Un comité scientifique et médical indépendant validera les conclusions.
 

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