Covid19, un an après : "J'étais dans un labyrinthe, il fallait trouver des portes de sortie tous les jours"

Philippe Eyraud, chef d'entreprise à Dardilly près de Lyon, revient sur "une année à tenir la barre pendant la tempête", témoignage d'un patron de PME qui a tenu bon contre vents et marées pour maintenir son équipage à flot. 

 

 

 

Philippe Eyraud a une filiale en Chine. Lors le confinement, il a fait partie des premiers a en subir les conséquences. "100 % des problèmes me sont tombés dessus" se souvient-il. Nous l'avions rencontré au moment même où il annonçait à ses salariés que leur organisation allait être totalement bouleversée et leur usine de Dardilly, près de Lyon, fermée. 
Sa société conçoit et installe des agitateurs industriels.

Le plus fort: voir ses salariés reconnaître qu'il a tenu bon 

Un an plus tard, il décrit le vertige de l'inconnu et les capacités d'adaptation qu'il a dû mobiliser. "J'étais dans un labyrinthe, il fallait trouver des portes de sorties tous les jours." 

"Mais je n'ai ressenti aucune fatigue, j'étais dans une sorte de deuxième souffle" décrit-il. L'épuisement est venu après, avec le contre-coup. Sur ce point, Philippe Eyraud reconnaît la force qu'il a fallu dépenser, mais il reste discret. 

Le patron préfère parler de "ses troupes". Le plus dur, sa mission, était de maintenir leur moral. "Je leur disais : rassurez-vous, nous allons nous en sortir beaucoup plus forts. Et ce qui est énorme c'est qu'un an plus tard, ils ont reconnu que j'ai tenu la barre pendant la tempête. Ils m'ont remercié et c'était très fort !" 

Moins 30% de chiffre d'affaires 

L'entreprise a enregistré une baisse de 30% de son chiffre d'affaire entre 2019 et 2020. Moins de commandes mais l'ensemble de l'équipe s'attendait au pire. Deux semaines de chômage partiel pour une partie des salariés et aucun licenciement lié à la COVID, le scénario aurait pu être bien plus pessimiste. 

L'agilité : force des PME

"C'est pas le plus fort qui s'en sort, c'est le plus agile" explique l'entrepreneur, convaincu d'avoir compris une nouvelle signification de la théorie de Darwin. "Je pense que l'agilité, c'est le nerf de la guerre, être capable d'agir, de réagir très rapidement, c'est là qu'on voit la force des PME." 

Convaincu que cette année 2020 a été un tournant pour les petotes et moyennes entreprises, Philippe Eyraud ajoute : "Peut-être que ce tissu de PME français va ressortir grandi, aux yeux des Français eux-mêmes. Peut-être qu'on va avoir des candidats qui ne regardaient que les grands groupes, que les grandes enseignes, que les grandes marques et qui vont se dire punaise, finalement les PME, elles ont été balèze! Et là, moi, je serais prêt à prendre, parce qu'on recrute encore."

"Un confinement à 120 à l'heure"  

A la question : finalement vous l'avez vécu comment ce confinement ? Philippe Eyraud n'hésite pas une seconde : "à 120 à l'heure ! "avant de répéter très sûr de lui avec un sourire éloquent et un mouvement de tête : " A 120 à l'heure !" 

Soignants, commerçants, employés de supermarché, élus ou encore parents : nous les avions rencontrés il y a un an. Aujourd’hui ils nous racontent leur année Covid. Pour les découvrir, cliquez sur un point, zoomez sur le territoire qui vous intéresse ou chercher la commune de votre choix avec la petite loupe. 

 

 

Une légère amélioration de la situation des entreprises selon la CCI

Selon l’Observatoire Covid-19 créé par les CCI d’Auvergne-Rhône-Alpes, avec le Medef et la CPME 1 entreprise sur 2 maintient ou augmente son programme d’investissements.

 « Cette crise est avant tout une crise sectorielle : nous sommes toujours dans une situation économique à deux vitesses. Je me réjouis qu’une entreprise sur deux maintienne ou augmente son programme d’investissements, ce qui constitue un gage de confiance dans le rebond à venir»  pour Philippe GUERAND, Président de la CCI de région Auvergne-Rhône-Alpes

38 % des personnes interrogées se disent plutôt optimistes et 45 % plutôt pessimistes. Pour certaines entreprises, on note une montée des difficultés d’approvisionnement (indisponibilité de matières plastiques ou de composants électriques...). La hausse du coût de certaines matières premières est aussi pointée.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie covid-19 santé société