Déçues de Tinder, un groupe d'amies relance des soirées pour rencontres amoureuses "dans la vraie vie"

Désespérées par les plateformes de rencontres, une bande de copines organise ses propres soirées. Pas question de speedating, mais simplement de passer un moment convivial, histoire de retrouver le naturel des échanges. Leur première soirée organisée le 3 décembre a été couronnée de succès. A quand la prochaine à Lyon ?

Swiper à gauche, swiper à droite, Nina, Chloé, Célia, Inès, Marilou et Jasmine en ont marre. Pour ces trentenaires, plus question de chercher l'amour à travers un écran. "On voit de simples images, des profils pour lesquels on ne se retourne pas forcément dans la vraie vie", souligne Célia.

L'ingénieur de qualité en industrie pharmaceutique n'en peut plus de devoir enchaîner les rendez-vous et sortir à chaque fois le même discours. Elle veut davantage de spontanéité, "retrouver le naturel de la rencontre". Avec ses amies, elle créent alors "Connect in real life" (traduction : se connecter dans la vraie vie), afin de recréer les rencontres conviviales, loin des speedating embarrassants. 

"Depuis le Covid, les gens vont de moins en moins facilement les uns vers les autres. Ils ont pris l'habitude de se parler derrière les écrans, et même si ça a permis de maintenir du lien social pendant cette période compliquée, maintenant, ils veulent se retrouver dans des bars, échanger dans la vraie vie."

Célia

Créatrice de "Connect in Real life"

Un retour en arrière adapté à la réalité 

En novembre 2022, lors d'un anniversaire à Londres, les six amies se questionnent. "On s'est retrouvé pour parler de nos histoires", explique Nina. Entourées de personnes en couple, voire avec des enfants, évoluant dans un cercle d'amis déjà défini, les jeunes femmes font un constat : il leur est de plus en plus difficile d'approcher de nouvelles personnes.

"Et c'est là qu'Inès a demandé à Chloé : c'est quoi ta rencontre idéale ?'", ajoute la conseillère en assurance. La réponse est claire, elle ne passe pas par Tinder, mais se déroule dans la vraie vie. "C'est un retour en arrière, sauf qu'on se sert des réseaux sociaux. Mais c'est uniquement pour la communication, pas dans la phase de rencontre", analyse Nina. Leur concept était né. 

"On a commencé à en parler à nos propres matchs et on a eu des retours positifs. Après, tout s'est fait assez vite", explique Inès. Les jeunes femmes comprennent qu'elles ne sont pas les seules à partager cette problématique. En une journée, elles réalisent une étude de marché, trouvent un nom et un logo à leur projet. 

"Les gens ne voulaient pas partir"

Le 3 décembre 2022, la première soirée voit le jour au 27 Madeleine, un bar dans le 7ème arrondissement de Lyon. Au départ, 20 filles et 20 garçons sont attendus. Mais l'engouement pour le projet oblige les instigatrices à augmenter le nombre de participants, voire, à ajouter une liste d'attente.

"C'est aller très vite. En moins de deux jours, c'était déjà complet", s'extasie Célia.  Sur Facebook, sur Tinder, par le bouche à oreilles, les nouvelles vont vite et la soirée, gratuite pour cette première édition, ameute un grand nombre de Lyonnais et Lyonnaises. Les critères : être célibataire, avoir entre 27 et 40 ans, vivre sur Lyon et rechercher une relation sérieuse.

"Les gens se sont parlé naturellement, ils ne voulaient pas partir. Une partie a d'ailleurs terminé la soirée en boite de nuit", se réjouit Nina, qui a organisé un karaoké à la demande des participants. "On aurait jamais cru que ca prendrait une telle ampleur. C'est du délire", ajoute la jeune lyonnaise, surprise de constater le succès de son projet, qui intéresse de nombreux bars et pourrait s'élargir à la communauté LGBTQ+. 

Des affinités créées 

Si des amitiés ont pu se créer au cours de la soirée, des couples pourraient également voir le jour. "Un ami à nous est reparti avec le numéro de son crush et a eu un rendez-vous le week-end suivant", affirme Nina. 

Chaque invité portait de manière visible le nom d'un personnage fictif et possédait une pochette près du bar, dans laquelle il était possible de déposer un mot ou un numéro. Mais pour certains, ce n'était pas nécessaire affirment les six amies en rigolant.

"Un des participants a eu un coup de cœur pour moi et m'a demandé d'éteindre la musique pour me faire une déclaration", ajoute Inès, un peu gênée, mais contente de voir des personnes suffisamment à l'aise pour agir de la sorte. Qui sait ce que leur réserve la prochaine soirée, à laquelle elles espèrent participer, pas seulement en tant qu'organisatrices.

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