Famar Lyon, fabricant de Nivaquine (chloroquine), n'est toujours pas sauvé

Située à Saint-Genis-Laval, près de Lyon, l'usine pharmaceutique Famar, -qui compte 250 salariés-, est la seule en France habilitée par l'agence du médicament à fabriquer la Nivaquine à base de chloroquine. La société est toujours en redressement judiciaire, et l'inquiétude grandit.

© Rolland Quadrini / MaxPPP

"Les dernières commandes des clients fixent un arrêt des productions le 3 juillet 2020. L'urgence est d'obtenir de la part de ces donneurs d'ordre un maintien de l'ensemble des activités pour trouver une solution de reprise", explique Yannig Donius, délégué syndical CGT chez Famar.

La société basée dans la Métropole de Lyon, sous-traitante de l'industrie pharmaceutique, notamment de Sanofi et Merck, risque toujours la fermeture. Une seule offre a été déposée auprès des administrateurs judiciaires. Et le tandem d'investisseurs ne reprendrait que 50 des 250 salariés. Leur projet "ne permet pas de garantir un avenir pharmaceutique ni de pérenniser les emplois sur le site", ajoute la CGT. 

Beaucoup pensaient que la crise sanitaire allait favoriser la reprise, que le coup de projecteur indirectement donné sur le traitement antipaludique à base de chloroquine allait aider. Pour les salariés, la réponse tarde. 
 
C'est le Cabinet de la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances qui suit le dossier côté gouvernement. "On a un objectif clair, c'est le maintien de l'industrie sur ce site, on y travaille et on y travaillait avant même la crise sanitaire", explique un proche de la secrétaite d'Etat Agnès Pannier-Runacher.
 

"On attend la confirmation de marques d'intérêt, c'est un travail qui est discret. Il nous faut une reprise adossée à un projet industriel solide. On reste raisonnablement optimistes", ajoute cette source qui explique que l'Etat a "un rôle de conseil pour faire émerger les meilleurs offres."


Famar Lyon est le seul site industriel à fabriquer et conditionner la Nivaquine, un composé de chloroquine sulfatée, pour le marché français. Parmi la soixantaine de produits fabriqués, 12 médicaments sont "d'intérêt thérapeutique majeur" et restent donc indispensables pour des milliers de patients. Une gamme d'antibiotiques contre les infections poumons/bronches peut également être produite sur le site comme l'Azithromycine. 

Secrétaire du comité social et économique, Yannig Donius espère donc une intervention rapide de l'Etat. "La nationalisation de l'entreprise devient une décision incontournable pour répondre aux besoins sanitaires et satisfaire ainsi les intérêts de santé publique", explique le délégué syndical dans un communiqué.
 

La nationalisation demandée à l'Assemblée nationale

Le 14 avril, les députés socialistes ont aussi demandé la nationalisation de Famar (chloroquine) mais aussi de Luxfer (bouteilles à oxygène), des sociétés jugées "particulièrement nécessaires à l'indépendance sanitaire de la Nation". Une proposition de loi a été déposée. Les parlementaires disent s'inspirer "du dispositif propre aux entreprises industrielles de la loi de nationalisation de 1982".

Outre Famar, les élus défendent également le cas de Luxfer (Gerzat, Puy-de-Dôme). Avant sa fermeture en 2019, l'entreprise était la seule en Europe à fabriquer des bouteilles à oxygène médical. 

Les députés Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Marine Le Pen (RN) ont, eux-aussi, réclamé la nationalisation de Luxfer et Famar.

 
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