Fête sauvage à Lyon : deux organisateurs présumés en garde à vue

Mardi 30 mars 2021 : des dizaines et dizaines de personnes se retrouvent sur un quai de Saône à Lyon. "Fête sauvage, rassemblement inacceptable" selon les autorités en ces temps de pandémie de Covid-19. Une enquête a été ouverte. Ce 2 avril, deux frères ont décidé de se présenter à la Police.

Rassemblement sur les bords de Saône, quai des Célestins à Lyon le 1 avril 2021
Rassemblement sur les bords de Saône, quai des Célestins à Lyon le 1 avril 2021 © Maxime Jegat/MaxPPP

C'est l'avocat de deux jeunes âgés d'une vingtaine d'années qui nous a donné l'information. Deux frères ont décidé de se rendre au commissariat ce vendredi 2 avril 2021, dans le cadre de l'enquête ouverte après le rassemblement de plusieurs dizaines de personnes, sans geste barrière, quai Saint-Antoine, en bord de Saône à Lyon.

"Assumer nos actes et leurs conséquences"

Deux jeunes de 26 et 22 ans, dont l'un est "un étudiant tranquille", se sont identifiés auprès d'un commissariat de police de la Presqu'île de Lyon dans la matinée. L'occasion de donner leur version des faits qui se sont produits trois jours plus tôt en bordure de Saône. 

"Nous avons décidé de nous rendre à l'hôtel de police de Lyon ce vendredi 2 avril suite à l'enquête qui a été ouverte par le procureur de la République. Il est important pour nous d'assumer nos actes et leurs conséquences", affirme l'un des deux organisateurs auto-revendiqués dans un enregistrement audio diffusé par le site d'info culturelle Le Petit Bulletin. Dans ce même extrait de 38 secondes, sur lequel les voix ont été modifiées, son frère dénonce "un acharnement médiatique". "Notre démarche aujourd'hui est de stopper toute spéculation à notre encontre et nous nous laissons (sic) entre les mains de la Justice. A la suite de cette enquête, nous communiquerons de manière plus précise sur le pourquoi du comment", conclut le message.

L'avocat des organisateurs présumés livre plus de précisions. Mardi 30 mars, les deux frères décident de se rendre "avec deux enceintes bluetooth" sur les quais, "pour mettre un peu de musique". Et ils font part de leur intention sur les réseaux sociaux.

Ils n'avaient pas prévu de provoquer un rassemblement. Ils n'avaient pas prévu d'alcool. Ils ont été dépassés par les évènements.

L'avocat des deux protagonistes

Sauf que l'indication donnée sur les réseaux sociaux a peut-être trouvé un écho inattendu. C'est en tous les cas la version des deux jeunes, telle que rapportée par leur avocat. "Leur musique a rameuté des groupes de jeunes déjà présents sur le quai à ce moment-là". Leur version va-t-elle convaincre les enquêteurs ? La question se pose alors que les deux protagonistes sont entendus par les policiers d'un commissariat lyonnais ce vendredi à la mi-journée sous le régime de la garde à vue.

Vives réactions des autorités après ce rassemblement

Au lendemain de ce rassemblement sur le quai Saint-Antoine, le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "non-respect des mesures sanitaires". L'enquête est confiée à la Direction Départementale de la Sécurité Publique (DDSP) du Rhône afin d'identifier "les organisateurs de la fête avec l'exploitation notamment de la vidéosurveillance".

1er avril 2021, au lendemain des nouvelles annonces de restriction sanitaire d'Emmanuel Macron, le préfet du Rhône interdit la vente à emporter et la consommation d'alcool sur la voie publique, dans un large périmètre de la Presqu'île de Lyon.
L'interdiction, en vigueur de midi à 19h jusqu'au dimanche 2 mai, est justifiée par "la recrudescence des regroupements de personnes sans respect de la jauge de 6 personnes, des gestes barrière, de la distanciation physique et du port du masque". C'est une question de "sécurité sanitaire collective", indique Pascal Mailhos, le préfet du Rhône.

"Compte tenu de la proximité de la Saône et du danger qu’aurait créé une intervention, le préfet a demandé aux forces de l’ordre de ne pas intervenir", ont indiqué les autorités, le 30 mars sur Twitter.

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