Football : Karim Benzema fixé le 24 novembre dans l’affaire de la sextape

L’ancien joueur de l’Olympique Lyonnais Karim Benzema saura dans un mois si le tribunal le juge coupable de complicité de tentative de chantage dans « l’affaire de la sextape ». Le procès a pris fin vendredi et le jugement a été mis en délibéré au 24 novembre.

Dix mois de prison avec sursis ont été requis par le parquet jeudi contre Karim Benzema, la star du Real Madrid et ex-coéquipier en équipe de France de Mathieu Valbuena, victime présumée d'un chantage autour d'une vidéo intime.

Le "ressenti" de ce dernier a été au centre des plaidoiries des avocats de la défense.

L'un des avocats de Benzema, Me Antoine Vey, a dénoncé une "enquête à charge" contre son client et demandé sa relaxe invoquant le fait que "l'élément intentionnel de l'infraction" reprochée à l'attaquant de 33 ans n'était pas caractérisé.

Me Antoine Vey a fait état d’un dossier construit sur le "ressenti" du plaignant Mathieu Valbuena, et dénoncé les "hypothèses et les spéculations" avancées par l'accusation.

 

Le journal l'equipe rappelle que l'avocat de Karim Benzema exige la relaxe de son client :

"Il n'est jamais trop tard pour faire du droit, c'est vous le dernier rempart", a demandé au tribunal l'autre avocat de Benzema, Me Sylvain Cormier.

Me Tewfik Bouzenoune, conseil de l'intermédiaire Younes Houass, a argumenté de la même manière, regrettant que ce soit "le ressenti de la victime qui conditionne les poursuites pénales".             

"Cirque médiatico-judiciaire"

Tous les avocats de l’attaquant du Real Madrid ont fustigé un faible dossier au retentissement médiatique selon eux disproportionné. "On peut se demander ce qui intéresse vraiment les Français dans cette affaire. Le sexe ? L'argent ? Le football ? Pas la chose judiciaire en tout cas", s'est demandé Me Antoine Vey.

Me Cormier autre avocat de Karim Benzema a, lui, condamné un "cirque médiatico-judiciaire" au cours duquel "on a infligé à Karim Benzema une sorte de marche de la honte à l'américaine" lors de son passage devant la juge d'instruction en 2015.

De son côté Me Serge Money, avocat de Mustapha Zouaoui, la "cheville ouvrière" du projet a demandé une relaxe générale invoquant « l'orthodoxie du droit »

Au moment des réquisitions, le procureur Julien Eyraud reconnaissait qu’ "on n'aurait pas passé autant de temps sur ce dossier s'il n'y avait pas eu Karim Benzema".

Faisant référence à une conversation téléphonique entre Benzema et son ami d'enfance Karim Zenati, l'autre procureure, Ségolène Marés, avait estimé que les écoutes prouvaient que la star du Real Madrid "s'inclue dans cette équipe et s'associe dans ce projet" de tentative de chantage autour d'une vidéo intime. Dans cette conversation Benzema et son ami d'enfance se moquent de

Valbuena : "Il ne nous prend pas au sérieux", explique notamment Benzema, qui vient de s'entretenir avec Valbuena.

Me Antoine Vey a cédé que la star du Real Madrid n'était à ce moment "pas dans la contrition la plus absolue", tout en tempérant :"On n'a jamais dit qu'il était bienveillant (...) mais ce n'est pas une infraction Pénale »

En plus des dix mois de prison avec sursis, l'accusation a requis une amende de 75.000 euros contre l'attaquant de l'équipe de France, candidat au Ballon d'or et absent du procès.

La "pression sportive" pour justifier l'absence de Benzema au procès               

Cette absence ne constitue pas "une stratégie judiciaire", a affirmé Me Vey soulignant la "pression sportive" autour de son client. Karim Bnezema a disputé un match en Ukraine mardi soir et doit préparer le Clasico de dimanche contre le FC Barcelone.

               

Les Français vont défendre leur titre de champions du Monde en novembre et décembre 2022 au Qatar. Le sélectionneur compte sur l’attaquant et à la question de savoir si l'avenir en bleu de Benzema était conditionné à son procès, Didier Deschamps avait répondu de manière évasive début octobre : "Si je réponds à ça et que je vous dis oui, ça veut dire qu'avant, ça a pu l'être... Je fais des choix sportifs".

Le 4 novembre Didier Deschamps dévoilera sa liste pour affronter le Kazakhstan le 13, et la Finlande le 16 novembre, en qualifications pour le Mondial-2022.

Le ministère public a requis des peines allant de 18 mois avec sursis à quatre ans de prison contre les quatre autres prévenus de cette affaire. Des protagonistes qui gravitent dans le milieu du football et constituent "une vraie brochette de comédiens" selon les mots du procureur Julien Eyraud.

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