Il maquille la mort de sa femme en suicide : un mari jugé à Lyon réfute toute intention homicide

Publié le Mis à jour le
Écrit par D.Mazzola (avec AFP)
Il maquille la mort de sa femme en suicide : un mari jugé devant la cour d'assises du Rhône Lyon réfute toute intention homicide. Les faits remontent à août 2018.
Il maquille la mort de sa femme en suicide : un mari jugé devant la cour d'assises du Rhône Lyon réfute toute intention homicide. Les faits remontent à août 2018. © maxppp

Il avait dit aux policiers qu'elle s'était suicidée en se défenestrant: un homme de 31 ans a commencé à s'expliquer  lundi 31 mai 2021 devant les assises du Rhône pour le féminicide présumé de son épouse mexicaine. En 2018, la jeune femme avait été retrouvée morte au pied de leur immeuble à Lyon.

Dans le box des accusés, Pierre-Olivier L., est jugé à Lyon jusqu'au 3 juin pour meurtre par conjoint, une circonstance aggravante.

"Je plaide coupable d'avoir commis des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", a déclaré l'accusé dès l'ouverture de son procès ce lundi 31 mai. Il a contesté, comme devant les enquêteurs, tout intention homicide. L'accusé risque la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict de la cour d'assises du Rhône est attendu ce mercredi.

►La dispute conjugale aurait viré au drame

Les faits remontent au 11 août 2018, dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon, où le corps de Jessica Astorga Carballo, 26 ans, est retrouvé au petit matin dans une mare de sang à l'aplomb de l'appartement conjugal. Ancien toxicomane, le jeune mari avait tenté de maquiller la scène en suicide, affirmant aux policiers que son épouse s'était volontairement jetée par la fenêtre du troisième étage. Une version qu'il avait changée 48 heures plus tard au commissariat où il s'était rendu, avouant une dispute dans la nuit avec la victime qu'il aurait voulu "calmer", puis aurait "maîtrisée" en lui serrant le cou. Il aurait ensuite transporté le corps, selon ses mots, avant de le faire basculer dans le vide.

Le jeune couple envisageait de divorcer, un an à peine après s'être marié mais aucune violence conjugale n'avait été signalée avant le drame.

►Une jeune femme instable ?

S'exprimant devant la Cour par des formules sophistiquées, Pierre-Olivier L. évoquera à la barre "une relation fusionnelle" avec la victime qui deviendra "silencieusement dysfonctionnelle" depuis leur rencontre en 2016 au Mexique et leur arrivée en France. L'ex-étudiant aux Beaux-Arts qui aspirait devenir "développeur web", a également évoqué "des problèmes de comportement" de sa jeune épouse, tout en se décrivant lui-même comme "un homme extrêmement sensible, calme et empathique".  La mère de l'accusé évoque de son côté des "tendances suicidaires" de sa belle-fille, la qualifiant de surcroît d'"instable". 

Des consultations web troublantes

Cette version est fermement contestée par les proches de la victime qui était, selon eux, "isolée, parlant peu la langue française" et aurait été "entraînée" dans la consommation d'héroïne par l'accusé. Selon l'avocat de la famille aussi, les expertises de l'ordinateur de l'accusé montrent que l'ex-toxicomane avait consulté des sites montrant des scènes de combats avec strangulation, quelques jours avant le drame. 

La mère et la soeur de Jessica Astorga Carballo sont venues spécialement de Mexico pour ce procès. Elles sont assistées d'un interprète et d'une association lyonnaise d'aide aux femmes hispaniques. Un représentant de l'ambassade du Mexique doit venir ce mardi 1er juin à l'audience pour assister la mère et de la soeur de Jessica Astorga Carballo dont les témoignages sont attendus mercredi.
 

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