"Je suis un bienfaiteur, je remets de l'argent dans les caisses de l'Etat", une vente exceptionnelle de biens saisis ou confisqués

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Une vente aux enchères exceptionnelle s'est déroulée à Lyon ce mardi 4 octobre 2022 au Palais de la Bourse de Lyon. Cet événement est une vente judiciaire. Tous les biens mis en vente provenaient de saisies et de confiscations pour le compte de l'Etat.

Des bijoux et montres griffées, des tableaux, de la maroquinerie de luxe, des produits High tech, des vins, des vêtements de grandes marques ou encore des voitures de prestige. Plus de 200 biens étaient proposés à la vente dans l'enceinte du Palais de la Bourse, à Lyon, ce mardi après-midi, 4 octobre 2022. Une vente organisée par l'administration des Domaines et par l'AGRASC. Tous les biens mis en vente proviennent d'affaires judiciaires, soit de saisies, soit de confiscations définitives. Une première à Lyon pour l'AGRASC.

Des actes d'acquisition d'utilité sociale

"Vous allez vous faire plaisir, vous allez - je l'espère - faire de très bonnes affaires. Mais sachez qu'il y a une véritable utilité sociale dans ces actes d'acquisition. Puisque ce sont des biens qui ont été saisis à des criminels et que les sommes seront réaffectées à l'indemnisation des victimes, ou à donner des moyens à des services enquêteurs", a expliqué Nicolas Bessone, directeur général de l'AGRASC en préambule. Un petit laïus avant le lancement des enchères qui n'a pas échappé à certains. 

je suis venu acheter une Corvette. En vente à 21 000 euros, c'est cadeau

Un acheteur

Et ce n'est pas l'un des acquéreur chanceux présent dans la salle des ventes qui pourra contredire. "Je suis venu car je suis amateur de voitures américaines. Et je suis venu acheter une Corvette. En vente à 21 000 euros, c'est cadeau", explique l'acheteur fier de sa bonne affaire. Le marteau du commissaire-priseur lui a adjugé le bien convoité pour la somme de 21 200 euros, très précisément. "Finalement je suis un bienfaiteur, je remets de l'argent dans les caisses de l'Etat, ça fait une pierre deux coups. On se fait plaisir et on fait plaisir à la société", ajoute-t-il en riant.

Cette vente aux enchère exceptionnelle a démarré en début d'après-midi dans la prestigieuse salle de la corbeille. En milieu de matinée, dans une ambiance plutôt feutrée, la présentation des objets dans la salle Ampère a déjà attiré du monde, des connaisseurs comme des novices. L'objectif de cette présentation : examiner une partie des lots de près avant d'enchérir, poser des questions aux experts. "C'est la première fois que je participe à une vente des Domaines. Je suis venu voir deux tableaux et deux bagues", explique un visiteur pourtant habitué des ventes aux enchères. "Ils devraient faire ça plus souvent parce que l'argent va à l'Etat directement. C'est super, ça nous aide indirectement. Et tout est garanti, il ne peut pas y avoir d'arnaque". 

Bilan "exceptionnel" pour l'antenne AGRASC de Lyon

Cette vente aux enchères met en lumière l’action des Antennes régionales de l’agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués. "Les biens présentés aux enchères proviennent d'affaires d'escroquerie en bande organisée, d'abus de biens sociaux, d'abus de confiance, de fraudes fiscales mais également d'affaires de trafics stupéfiants, de vols et de recels," explique Audrey Jouaneton, magistrat coordinateur des antennes régionales pilotes de l'AGRASC de Lyon et Marseille. 

"Les confiscations patrimoniales, c'est désormais un axe stratégique de l'enquête judiciaire et un axe de politique pénale", explique Audrey Jouaneton. Si la vente s'est faite à Lyon, c'est surtout "pour mettre en lumière l'action concertée et coordonnées des juridictions et des services enquêteurs dans la lutte contre les phénomènes criminels". 

L'antenne lyonnaise de l'AGRASC, antenne expérimentale, a ouvert en mars 2021. Quel est à ce jour son bilan ? En un an et demi, c'est une augmentation de plus de 55% du nombre des saisies sur le ressort des 4 cours d'appel de la région : Lyon, Grenoble, Riom et Chambéry.

Un bilan largement positif. "Il n'y a pas que des biens meubles et des voitures, on a des comptes bancaires, des instruments financiers. L'antenne AGRASC de Lyon a à son crédit 20 millions d'euros qu'elle a fait tomber dans les caisses de l'Etat en 18 mois. Ce qui est énorme " se réjouit Nicolas Bessone, directeur général de l'AGRASC, qui parle d'un bilan "exceptionnel". 

Nicolas Bessone le rappelle : "le produit des ventes va permettre soit d'abonder le budget général de l'Etat. Si c'est une affaire de trafic de stupéfiants, il va permettre d'acheter du matériel high-tech aux policiers et gendarmes pour lutter contre les trafiquants". L'argent de la vente va aussi servir à indemniser les victimes, en priorité.

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