Ligue 1: privé de Ligue des champions, Lyon en plein chantier

Un entraîneur à trouver, un effectif à remodeler dans un contexte financier difficile : après l'incroyable défaite concédée à domicile face à Nice (3-2), dimanche, Lyon, 4e de Ligue 1, est privé pour la deuxième année consécutive de Ligue des champions et entre dans une période trouble. 

Jean-Michel Aulas a tout un avenir à reconstruire
Jean-Michel Aulas a tout un avenir à reconstruire © PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP

Certes, l'OL retrouve l'Europe avec la Ligue Europa mais dans la foulée de cette désillusion, qui aura des répercussions sur le recrutement, Rudi Garcia a annoncé son départ après une collaboration d'un an et demi. Il était arrivé en octobre 2019 après l'éviction de Sylvinho.

Certes, il a mené le club en demi-finale de la C1 et en finale de la Coupe de la Ligue mais a échoué à qualifier l'OL au moins en Ligue Europa en 2020 (7e), pénalisé par l'arrêt prématuré du championnat en raison de la crise sanitaire, et cette saison en Ligue des champions. 

"Je ne peux pas continuer à travailler et à faire progresser le club dans ces conditions. Si le président a quelque chose à me proposer, je ne serai pas candidat à ma propre succession", a-t-il lâché dimanche, évoquant en creux des désaccords internes.

Juninho en questions

Pour le directeur sportif, Juninho, ancienne icône de l'OL, le bilan est pour l'heure assez médiocre avec deux entraîneurs en deux ans dont le premier, un Brésilien débutant dans le métier, Sylvinho, qu'il avait choisi et qui n'est resté que trois mois avant d'être limogé.

Et la nomination du second, Garcia - qu'il a plutôt subie - avait provoqué l'ire des supporters qui a accompagné le technicien durant tout son séjour à Lyon où il n'a jamais fait l'unanimité même en interne.

Certains choix de mercato de l'ancien meneur de jeu ont été regrettés, comme le transfert à Nice de l'attaquant formé au club Amine Gouiri, excellent contre Lyon dimanche.

Les engagements de Thiago Mendes, Jean Lucas, des Brésiliens, n'apparaissaient pas indispensables alors que les espoirs sur Bruno Guimaraes se sont vite évanouis.

L'absence en Ligue des champions ajouté au fiasco du contrat avec Mediapro sur les droits TV de la Ligue 1, va accentuer les difficultés financières du club qui a annoncé le 13 mai dernier un manque à gagner de 135 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'exercice comptable actuel, en recul de 44 %. 

Et pour le prochain, l'absence en Ligue des champions aura aussi un impact négatif de 50 M EUR. 

Si l'OL veut voir là le début d'un "nouveau cycle" et d'un "nouveau projet ambitieux", selon un communiqué lundi, les chantiers sont nombreux. Outre l'entraîneur et un encadrement technique à renouveler en totalité - Christophe Galtier serait ciblé mais proche de Nice, selon la presse -, il faut aussi dénicher un remplaçant à Memphis Depay (20 buts, 12 passes décisives cette saison), qui part sans indemnité de transfert en échange. 

Recrutement low-cost, âme perdue

Lyon peut toujours espérer transférer Houssem Aouar mais pour bien moins que les 60 M EUR envisagés il y a deux ans. Le club cédera en revanche le défenseur central danois Joachim Andersen (24 ans), acquis pour 24 M EUR qui ne s'est pas imposé à l'OL mais qui intéresse des clubs anglais après un prêt réussi à Fulham. 

Pour se renforcer, l'Olympique lyonnais, qui pourrait compter sur le retour de Moussa Dembélé, prêté en janvier à l'Atlético Madrid où il n'a joué que 95 minutes, devrait donc se tourner vers des prêts avec option d'achat ou des joueurs en fin de contrat. 

Le but sera de recruter malin, comme il y a vingt ans, au meilleur rapport-qualité prix et surtout à bon marché. Mais il lui sera, cette fois, difficile de s'appuyer sur les jeunes du centre de formation qui ne sont pas prêts à être titulaires dans l'équipe, y compris Rayan Cherki (17 ans).

Depuis le déménagement de Gerland à Décines-Charpieu, l'Académie s'est coupée du secteur professionnel: le club s'est-il pénalisé en perdant, au fil des années, le côté familial et la complémentarité de ses composantes, qui faisaient sa force dans les années 2000 ?

L'OL va rapidement devoir prouver le contraire.

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