Des livreurs Deliveroo et Uber réclament leur requalification en CDI devant le tribunal des prud'hommes de Lyon

Une demi-douzaine de dossiers a été rassemblée par le syndicat CGT, qui se rendra ce mercredi 25 novembre au Conseil des prud'hommes de Lyon, accompagné par un avocat. En attendant une grève nationale le 5 décembre prochain. 
La Cgt estime le nombre de livreurs à un millier dans le Grand Lyon, toutes plateformes confondues
La Cgt estime le nombre de livreurs à un millier dans le Grand Lyon, toutes plateformes confondues © Philippe LOPEZ / AFP
Le syndicat estime que la relation qui lie ces livreurs aux différentes plateformes de livraison repose sur un "salariat déguisé", et un usage "abusif du statut d'auto-entrepreneur". Un sujet qui devrait être au coeur des conclusions très attendues d'un rapport, demandé par le gouvernement en janvier 2020 à Jean-Yves FROUIN, ancien président de la chambre sociale de la Cour de cassation. Sa mission est en effet censée définir les différents scenarios envisageables pour construire un cadre permettant la représentation des travailleurs des plateformes numériques.

Dans un premier temps, Maitre Remi Ruiz, avocat du syndicat, déposera une demi-douzaine dossiers de livreurs Uber et Deliveroo, dont certains auraient vu leur compte bloqué par ces plateformes dans les derniers mois. Ils demandent à obtenir ces requalification en CDI "ce qui devrait leur permettre de récupérer tous leurs droits en congés payés et heures supplémentaires non payées, heures de nuit, primes ou cotisations sociales, assurance-chômage etc…», explique Ludovic Riouw de la CGT à Lyon.
Le syndicat promet que d’autres dossiers suivront. "D'après nos informations, le gouvernement souhaite légiférer sur ce statut d’ici avril prochain. Il s’agit donc pour nous de jouer dans le rapport de forces, en déposant ces demandes.

Le syndicat appelle aussi à une action de grève nationale le 5 décembre.

Difficile, pour ce représentant syndical, d’évaluer le niveau de revenu moyen d’un livreur "parce qu’il n’y a aucun contrôle des horaires. Et comme ils sont payés à la tâche, ça change tout le temps. Pour vous donner une idée, certaines commandes peuvent descendre jusqu’à deux euros en ce moment. Parfois, on assure aussi des commandes pour 6 ou 7 euros pour 7 kilomètres de trajet" résume Ludovic. 
La CGT estime le nombre de ces livreurs à un millier dans le Grand Lyon, toutes plateformes confondues.
Cette nouvelle étape sera diffusée sur Facebook. La CGT et son représentant donneront en effet une conférence de presse en ligne à 16h. D'autres dossiers seraient en cours d'élaboration pour être ensuite également déposés devant la justice. 
 
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