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Lyon : le bouclage du périphérique ouest, un vieux dossier au coeur de la campagne

On l'a appelé le Tronçon ouest périphérique puis l'Anneau des sciences, un dossier vieux de 30 ans visant à boucler le périphérique lyonnais. Un projet né, puis enterré, dans les années 90, et que Gérard Collomb -notamment- soutient contre l'avis de nombreux autres candidats à la Métropole. 

Le Tunnel de Fourvière : l'anneau des sciences devrait permettre aux automobilistes de l'éviter pour traverser Lyon
Le Tunnel de Fourvière : l'anneau des sciences devrait permettre aux automobilistes de l'éviter pour traverser Lyon © MAXIME JEGAT / MaxPPP
Le bouclage du périphérique de Lyon, qui fait débat depuis plus de 30 ans, avive les antagonismes avant les élections métropolitaines entre son principal promoteur, Gérard Collomb, et les farouches détracteurs du "tout voiture".

" On ne peut pas m'accuser d'être le partisan du tout bagnole ", se défend l'actuel maire de Lyon, investi par LREM pour les métropolitaines. Mais alors que la campagne est déjà bien engagée, il demeure le seul à vouloir ressusciter ce projet datant du début des années 1990, et qui vise à construire les 15 kilomètres manquants au sud-ouest du périphérique lyonnais. 
   

Détourner une partie du trafic autoroutier du centre de Lyon

Souterrain à 80%, le "Tronçon ouest périphérique" (Top), désormais rebaptisé "Anneau des Sciences" car reliant sites universitaires, hospitaliers et de recherche, est censé soulager le trafic intra-muros et le tunnel de Fourvière, réputé pour ses encombrements. 

Avec en parallèle l'élargissement à l'Est de l'A432, censé capter les trafics de transit, Gérard Collomb affirme qu'il fera passer la circulation de 115.000
à 40.000 véhicules/jour sur l'axe A6/A7, rendu pour partie aux modes de transports "doux".
   

Débats autour du coût et des alternatives

Mais selon ses adversaires - écologistes, LFI et Gauche unie en tête - le projet présente deux écueils: son impact environnemental et un coût faramineux estimé à 3 milliards d'euros au minimum.

Après y avoir longtemps été favorable, David Kimelfeld, président sortant de la métropole et ancien dauphin de Collomb devenu adversaire, estime aujourd'hui que le projet appartient au passé, lui préférant un plan d'extension du métro à 10 milliards d'euros.
    
M. Collomb propose de confier à un concessionnaire la construction, le financement et l'exploitation du tronçon, ce qui limiterait selon lui la charge pour la collectivité à 75-100 millions d'euros annuels sur 30 ans.
 

"Non-sens" écologique

Soucieux de " ne pas opposer l'économie à l'écologie ", le candidat LREM précise que son projet relooké sera pourvu de sept " portes " ouvrant sur des parkings-relais reliés aux transports en commun.

L'association Déplacements citoyens voit dans le projet " non-sens au niveau environnemental, climatique, économique et énergétique ". 

Pour le même budget, on pourrait construire 25 kilomètres de métro, pour un débit de 20.000 passagers par heure contre 8.000 véhicules/heure qui circulent par exemple à Fourvière selon son président Jean Murard.

   

Des soutiens sous condition


Mais s'il oppose, l'Anneau des sciences compte aussi des soutiens. Le Rassemblement national y est favorable, à la seule condition -selon le patron de la fédération du Rhône Antoine Mellies - " de ne pas établir de noeud de raccordement sous les hôpitaux sud ".

Le candidat des Républicains aux métropolitaines, le sénateur François-Noël Buffet, considérait en décembre le projet comme une " nécessité absolue ", même s'il pose la condition d'un tracé plus long, passant plus au sud de l'agglomération.

Reste à voir si cette question sera déterminante dans l'isoloir les 15 et 22 mars. La semaine dernière, un sondage du mensuel Nouveau Lyon révélait que parmi 700 personnes interrogées, 45% ignoraient totalement l'existence du projet.
 
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