Lyon : L'emploi présumé fictif de Meriem Nouri largement abordé au conseil municipal

Adressé à Gérard Collomb par la maire DVG du 1er arrondissement Nathalie Perrin-Gilbert : "C'est plutôt des excuses qu'il faudrait que vous présentiez aux Lyonnaises et aux Lyonnais parce que, pour le dire en langage politique, vous leur avez fait ce qu'on appelle désormais +une Pénélope+" / © France 3 Rhône-Alpes
Adressé à Gérard Collomb par la maire DVG du 1er arrondissement Nathalie Perrin-Gilbert : "C'est plutôt des excuses qu'il faudrait que vous présentiez aux Lyonnaises et aux Lyonnais parce que, pour le dire en langage politique, vous leur avez fait ce qu'on appelle désormais +une Pénélope+" / © France 3 Rhône-Alpes

Le maire de Lyon, Gérard Collomb, s'est trouvé sous le feu des critiques de son opposition lundi 18 novembre en conseil municipal, où était présenté un rapport de la Chambre régionale des comptes laissant planer des doutes sur la réalité de l'emploi de son ex-compagne à la mairie.

 

Par Daniel Pajonk

Dans le rapport officiellement présenté lundi, la Chambre affirme ne "pas disposer d'éléments matériels" justifiant de l'emploi de Meriem Nouri - avec qui Gérard Collomb était en couple dans les années 1990.
Durant le conseil municipal du 18 novembre, Gérard Claisse, maire adjoint aux ressources humaines, a pris la défense du maire. Il a abordé le cas de l’ex-compagne de Gérard Collomb. Sans jamais la nommer, il a puisé dans le rapport tous les éléments tendant à prouver que l’emploi n’était pas fictif, aux yeux de la juridiction. Tout comme il a précisé que 94 agents avaient un forfait mensuel de 25 heures et plus, au titre d’heures supplémentaires, donc rien d’exceptionnel jusque-là, pour la majorité. Dans le cas de Meriem Nouri, il n’y a plus eu d’heures supplémentaires après février dernier, atteste Gérard Claisse. Thomas Rudigoz, du nouveau groupe Progressistes et Républicains, estime que ces heures suppélementaires ont constitué un avantage : 25 heures par mois, c'était le "maximum autorisé dans la fonction publique territoriale [...] Et cela a duré pendant près de 10 ans." 
 

Gérard Collomb nie tout favoritisme en faveur de son ex-compagne

Gérard Claisse s’est voulu déterminé sur l’éventuel favoritisme accordé à l’agent qui a passé une partie de sa carrière au pavillon des Rives de Saône, service domicilié dans le 2e arrondissement. Non, affirme-t-il tandis que la mairesse DVG du 1er arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert, intervient en se demandant si Gérard Collomb n’a pas fait une Pénélope, allusion directe à l’emploi fictif de l’épouse de François Fillon.
De son côté, Denis Broliquier, le maire Les Indépendants du 2e, s’interroge : «comment la mairie peut-elle indiquer qu’elle maitrise les dépenses de fonctionnement alors qu’elle ne contrôle pas les heures sup, créant des fantômes administratifs». Et d’infliger une petite leçon de bonne gestion : «La confiance, même envers ses proches, n’empêche pas le contrôle…»
Pour le groupe LR, Laurence Balas demande quelle fonction a bien pu occuper Meriem Nouchi, allant même jusqu’à évoquer son absence de tout répertoire interne de la ville. Ce à quoi Gérard Claisse rétorque que son nom figure bel et bien dans un annuaire de la mairie. Ambiance… Dans cette séance extrêmement  tendue, Gérard Collomb nie le fait d’avoir voulu «dissimuler» cet agent, et surtout qu’il aurait été absurde de l’avoir fait dans une structure implantée dans le 2e arrondissement, à deux pas d’une mairie d’arrondissement tenue par l’opposition municipale sous ses trois mandats. Il a reconnu en revanche qu'elle était dispersée et travaillait sur beaucoup de dossiers à la fois. Trop sans doute. 

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