Lyon : une mobilisation nocturne des policiers contre la réforme des retraites

Les "nuiteux" mobilisés sur le pont de la Guillotière (Lyon) / © Syndicat Alliance
Les "nuiteux" mobilisés sur le pont de la Guillotière (Lyon) / © Syndicat Alliance

Alors qu'Edouard Philippe a dévoilé les mesures de la réforme des retraites, les policiers se sont mobilisés ce jeudi 12 décembre en pleine nuit, à Lyon, pour défendre leur régime. 

Par Emilie Henny

Syrènes, gyrophares... Une centaine de fonctionnaires de la police bloquait le pont de la Guillotière à Lyon, cette nuit du jeudi 12 décembre. Ils se sont mobilisés spontanément suite aux annonces faites par Edouard Philippe sur le contenu de la réforme des retraites. Ils ont ensuite pris la direction de l’Hôtel de police de Montluc et celui de Marius Berliet, dans les 3e et 8e arrondissements de Lyon.


La peur d'une division entre les policiers de "terrain" et de "bureau"

Hier, les policiers étaient mobilisés pour défendre leur régime spécifique de retraite, notamment la bonification d'une année de cotisation tous les cinq ans. Le régime des policiers prévoit une dérogation pour l'âge de départ à la retraite (à patir de 57 ans). Cette spécificité est justifiée par la "dangerosité" liée à l'exercice du métier.

"Lorsqu'on a besoin d'un policier de "bureau", il prend son arme et va sur le terrain. Ce n'est pas une profession figée." 

Mais le gouvernement envisage que ce statut ne s’applique plus qu’aux policiers nationaux de terrain. Et non plus au personnel administratif. Or, Nicolas Budjo, membre du bureau départemental d'Alliance (Rhône), insiste : "lorsqu'on a besoin d'un policier de "bureau", il prend son arme et va sur le terrain. Ce n'est pas une profession figée." 

Durant son discours, Edouard Philippe a affirmé que "ceux qui sont exposés à des fonctions dangereuses dans le cadre de missions régaliennes, comme les pompiers, les policiers, les gendarmes, les gardiens de prison, les militaires, conserveront le bénéfice des dérogations d’âge". Mais, pour le syndicaliste, cela reste "flou". "On a peur de tout perdre, peur de la division de la profession", avoue-t-il.


Au delà des retraites, une amélioration des conditions de travail

Sur Facebook, le syndicat Alliance a aussi demandé "une revalorisation de l’heure de nuit (0,97 centimes de l’heure), une amélioration réelle des conditions de travail, un véritable statut du travailleur de nuit en prenant en compte cette pénibilité spécifique". 

Le syndicat dénonce une "baisse d'effectifs constant" comme dans la circonscription de Givors où une brigade de nuit enregistre de très nombreux arrêts de travail depuis deux mois, dûs, selon Alliance à la surcharge de travail.
 

De nouvelles mobilisations ?

Les syndicats ne le cachent pas : "la grogne s'est amplifiée". De nouvelles actions devraient être menées dans les jours qui viennent. "Un mouvement d'ampleur" pourrait être organisé. Alliance appelle même à "un black out complet sur les interventions non-urgentes", comme à Chambéry où les syndicats appellent les agents qui n'exercent pas sur la voie publique à déposer les armes.

 

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