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Lyon-Turin : le premier ministre italien jette un froid

Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a jeté un froid jeudi en exposant des doutes sur la pertinence du projet de liaison ferroviaire transalpine entre Lyon et la capitale du Piémont et en appelant à sa révision. La France rappelle son attachement au respect du traité signé en 2017. / © Riccardo Antimiani/EPA/Newscom/MaxPPP
Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a jeté un froid jeudi en exposant des doutes sur la pertinence du projet de liaison ferroviaire transalpine entre Lyon et la capitale du Piémont et en appelant à sa révision. La France rappelle son attachement au respect du traité signé en 2017. / © Riccardo Antimiani/EPA/Newscom/MaxPPP

Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a jeté un froid jeudi en exposant des doutes sur la pertinence du projet de liaison ferroviaire transalpine entre Lyon et la capitale du Piémont et en appelant à sa révision. La France rappelle son attachement au respect du traité signé en 2017.

Par AFP, CC

"J'ai exprimé de forts doutes et ma perplexité sur l'opportunité de cet ouvrage. Je ne suis vraiment pas convaincu qu'il s'agisse d'un projet dont l'Italie a besoin" : c'est le pavé jeté dans la mare par le président du conseil de ministres italien Giuseppe Conte jeudi, demandant à la France et à l'Union européenne de rediscuter ce projet.

Cette déclaration du chef du gouvernement italien est intervenue au cours d'une conférence de presse jeudi à Rome. Giuseppe Conte a ainsi acté l'incapacité de son gouvernement à trouver un compromis sur un sujet où les deux forces politiques de la majorité -le Mouvement 5 étoiles et la Ligue- sont aux antipodes. 
 

Les deux composantes du gouvernement italien en opposition totale sur le dossier


Cette liaison ferroviaire entre Lyon et Turin alimente, en effet, depuis des mois les polémiques au sein de la majorité formée par la Ligue (extrême
droite) de Matteo Salvini, favorable à cette ligne à grande vitesse (LGV), et le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) de Luigi Di Maio, farouchement opposé au projet qu'il considère comme un gaspillage d'argent public. 

La France a réagi dans la soirée, par la voix de la ministre des Transports Elisabeth Borne, qui a déclaré que France était pour sa part "convaincue de la pertinence de ce projet majeur pour les échanges entre (les) deux pays et pour l'Europe".
 

La France insiste sur le respect des engagements et des délais 


"La France réaffirme son attachement au respect des engagements pris et des délais de réalisation", a ajouté la ministre dans un communiqué, en rappelant que le projet Lyon-Turin faisait l'objet "d'un traité bilatéral ratifié en 2017" et bénéficiait d'un financement européen à hauteur de 40%.

La déclaration n'est donc pas un "non" franc et massif, mais Giuseppe Conte met indiscutablement un nouveau coup de pression et d'incertitude sur le projet qui en compte déjà pas mal. 
 

Nouvelles discussions ?


"Notre intention est de discuter avec nos partenaires, la France et l'Union européenne, pour partager avec eux ces doutes que nous avons, ces interrogations sur la pertinence de ce projet, puis nous agirons ensuite" sur la base de ces discussions, a ajouté le chef du gouvernement italien.

Soucieuse d'éviter un nouveau une nouvelle montée de tension avec un voisin ombrageux, Mme Borne a répondu que "la France a toujours respecté le souhait du gouvernement italien de conduire une réflexion sur ce projet, et se tient naturellement ouverte à une discussion entre partenaires".
 

Une répartition des coûts inéquitable ? 


Rome estime que de récentes évaluations, notamment "en matière de volume de trafic sur les rails", imposent de renégocier le projet avec les partenaires "afin de vérifier s'il est toujours pertinent et, si tel est le cas,  la possibilité de répartir différemment ses coûts économiques", selon un communiqué de la présidence du Conseil publié à la mi-journée.

Dans l'après-midi, M. Conte a été plus direct: la répartition des coûts entre la France et l'Italie "n'apparaît pas juste à l'heure actuelle" et "c'est un aspect
qui doit être approfondi dans de nouvelles discussions", a-t-il dit.

Le temps presse cependant : Bruxelles a maintes fois réaffirmé ces dernières semaines que le Lyon-Turin représentait une infrastructure "fondamentale
pour l'Italie, la France et l'Europe" et averti l'Italie qu'elle risquait de voir s'envoler les financements de l'UE en cas de coup d'arrêt au projet. 
 
Et pendant que le gouvernement italien s'interroge sur la pertinence ou non du tunnel, celui-ci avance ... 

Pendant ce temps, le chantier continue

Le creusement avec le tunnelier Federica au chantier de Saint-Martin-La-Porte (SMP4) a dépassé , à fin février, 77% des 9 km prévus. De plus, ce mois-ci, le cap des 30 mètres par jour a été franchi, grâce à l’expérience acquise par les équipes de techniciens français et italiens et à des conditions rocheuses particulièrement favorables.

À ce stade, le chantier vise à terminer le premier tronçon du tunnel de base. Le creusement, tout en ayant un objectif principal de reconnaissance, se poursuit sur le tube sud en direction de l’Italie, où le passage des voyageurs et des premiers convois de marchandises est prévu pour 2030. 

À ce jour, le groupement d’entreprises présent à SMP4 emploie 460 personnes en France – ouvriers, techniciens et employés – réparties en trois équipes de 24 heures; en février, 500 mètres de creusement mécanisé ont été achevés, tandis que celui en méthode traditionnelle (explosif et marteau piqueur) s’active au deuxième front de taille en France.

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