Lyon : une manifestation contre l'extrême droite sous tension

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Écrit par Mathieu Boudet
Des manifestations dénoncent régulièrement la montée de l'extrême droite à Lyon. Cette fois, les manifestants réclamaient aussi la fermeture de plusieurs locaux du Vieux Lyon, connus pour être occupés par des associations ou organisations extrémistes.
Des manifestations dénoncent régulièrement la montée de l'extrême droite à Lyon. Cette fois, les manifestants réclamaient aussi la fermeture de plusieurs locaux du Vieux Lyon, connus pour être occupés par des associations ou organisations extrémistes. © Frédéric Chambert / Maxppp

A l'appel de diverses organisations civiles, une manifestation était organisée ce samedi 23 octobre contre l'extrême droite, à Lyon. Le cortège a traversé le quartier du Vieux Lyon, que des groupes extrémistes considèrent comme leur territoire.

Pour lutter contre des violences issues de mouvances d'extrême droite, ils ont choisi Lyon. Diverses personnalités politiques et citoyennes ont fait le déplacement, ce samedi 23 octobre, pour manifester "contre les violences d'extrême droite". Le cortège, parti à 14h30 de la place Bellecour à Lyon, a traversé le quartier du Vieux Lyon, territoire devenu, ces dernières années, un fief de la mouvance identitaire. 

 

Traversée symbolique du Vieux Lyon

Selon la préfecture, 1 800 personnes manifestaient dans les rues de Lyon contre l'extrême droite ce samedi après-midi. Sur place, de nombreux fumigènes, et des slogans provoquants comme "Tout le monde déteste les fascistes !", que les manifestants adressent notamment aux membres de l'ancien collectif Generation Identitaire. Mais au milieu de l'après-midi, on ne constatait pas d'affrontements avec des individus proches de mouvances d'extrême droite, alors que le cortège traversait le Vieux Lyon*, symboliquement. Le quartier est investi, depuis plusieurs années, par différents organisations ou associations proches de mouvances d'extrême droite.

Au départ de la manifestation, des premières tensions opposaient finalement des manifestants et des "Gilets jaunes", qui souhaitaient prendre la tête du cortège. Dans un contexte tendu, le défilé est finalement parti comme prévu de la place Bellecour, pour traverser le Vieux Lyon et rejoindre la place des Terreaux.

Les manifestants répondaient à l'appel d'organisations syndicales, de partis politiques, ainsi que d'associations et de collectifs divers, pour dénoncer « les multiples agressions de l’extrême droite ».  Parmi les manifestants, des personnalités politiques nationales avaient annoncé leur présence, comme les députés LFI (France Insoumise) Eric Coquerel ou Manon Aubry, ou encore la candidate aux récentes primaires d'EELV Sandrine Rousseau.

*Cet article est mis à jour en temps réel

Lyon, "un laboratoire de l'extrême droite"

Les motivations de la manifestation sont notamment relayées dans une tribune publiée sur le site Mediapart, dans laquelle plusieurs collectifs identifient Lyon comme "un laboratoire de l'extrême droite". "Depuis maintenant plus de 10 ans, [Lyon] subit de multiples agressions de l'extrême droite (attaques racistes, islamophobes, antisémites, attaques au couteau, attaques de manifestations, attaques de librairies, attaques LGBTIphobes, etc...). Nous avons constaté ces derniers jours, à Lyon et ailleurs, ces dernières semaines, une accélération de ces violences, allant même jusqu'au projet d'attentats. La situation lyonnaise, que nous dénonçons depuis plusieurs années, est en train de s'étendre sur l'ensemble du territoire", estiment-ils dans cette tribune. Les organisateurs appelaient ainsi à dénoncer ces actes, et réclamaient la fermeture de plusieurs locaux du Vieux Lyon, connus pour être occupés par des associations ou organisations d'extrême droite.

La préfecture du Rhône, qui a autorisé cette manifestation et son parcours, est néanmoins accusée d'exercer "un jeu trouble" par les auteurs de la tribune, qui l'accusent de "laisser se développer la fachosphère". En mars dernier, l'Etat avait prononcé la dissolution du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire, emblématique de l’extrême droite radicale. Mais cette décision n’a pas empêché diverses attaques attribuées à des mouvances extrémistes, comme l'attaque d'une librairie libertaire (La plume noire) dans le quartier proche de la Croix Rousse, deux semaines plus tard, et des affrontements entre groupes identitaires et antifascistes.

 

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