"On n'a pas été écouté" : à Lyon, Jean Castex face aux difficultés des soignants

En visite ce samedi 10 avril 2021 à Lyon, Jean Castex s'est rendu à l'hôpital Edouard Herriot. L'établissement a du réorganiser ses services pour faire face à la tension hospitalière liée à l'épidémie de Covid-19. Les personnels soignants ne cachent pas un sentiment d'usure et d'incompréhension.

Le Premier ministre, Jean Castex, a visité le service de réanimation et celui des soins continus, samedi 10 avril 2021, à l'hôpital Edouard Herriot de Lyon.
Le Premier ministre, Jean Castex, a visité le service de réanimation et celui des soins continus, samedi 10 avril 2021, à l'hôpital Edouard Herriot de Lyon. © Philippe Desmazes/AFP

Après un accueil et un rapide point de situation sanitaire par le directeur général de l'Agence Régionale de Santé, Jean Castex a visité les services de réanimation et celui de soins continus de l'hôpital Edouard Herriot de Lyon. L'occasion pour le Premier ministre de voir comment les HCL ont du repenser l'accueil des malades, Covid ou non. L'occasion d'échanger avec du personnel soignant, usé d'avoir à lutter face à une troisième vague de l'épidémie.

"On n'a pas été écouté"

Cette petite phrase a été lâchée par un anesthésiste réanimateur, à l'attention de Jean Castex. Le Premier ministre se fait alors expliquer la transformation de certaines unités hospitalières pour faire face à la crise sanitaire. À l'hôpital Edouard Herriot, une unité de soins ambulatoires est désormais aménagée pour des soins critiques hors Covid. La semaine prochaine, des salles de pré-anesthésie dans les blocs opératoires vont devenir des salles de réanimation. "Les structures sont transformées pour l'occasion", indique au chef du gouvernement une responsable de service, "une occasion qui dure un peu".

Cette réorganisation au sein de l'hôpital induit nombre de changements pour les personnels. "Il y a des personnes fatiguées, des personnels non-médicaux qui ont du changer de rythme, passer d'un poste de jour à un travail de nuit, avec des problèmes de garde d'enfants ou familiaux", explique un anesthésiste réanimateur. Jean Castex écoute.

On est passé à côté d'une possibilité qu'on avait de freiner peut-être l'épidémie avant d'avoir une troisième vague.

Un anesthésiste réanimateur à Jean Castex, lors de la visite du Premier ministre à l'hôpital Edouard Herriot de Lyon

Comme un sentiment d'usure, de ne pas avoir été écouté alors que cette troisième vague de l'épidémie de Covid-19 avait été annoncée de longue date. "Une troisième vague qui a lieu partout, malgré tout" se contente de rétorquer Jean Castex. Le soignant reconnaît qu'il est toujours facile "de refaire l'histoire à posteriori", puis insiste : "il y a une incompréhension".

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Echange entre un soignant et Jean Castex


"Une façon d'exprimer la difficulté"

Le Premier ministre n'entre pas dans la polémique. Jean Castex se contente d'un "c'est compréhensible" alors que la responsable de service a pris le relais pour expliquer qu'il est difficile pour des soignants de dire "on n'en peut plus".

Effectivement des gens n'en peuvent plus. On a des arrêts de travail que l'on avait pas pour la 2ème vague.

Une chef de service à Jean Castex lors de la visite du Premier ministre à HEH

Dire que l'on aurait pu "faire autrement", c'est une façon d'exprimer la difficulté, rajoute-t-elle pour clore le débat.

Pour affronter cette troisième vague de l'épidémie, les Hospices Civils de Lyon comptent 229 lits de réanmination à la date de ce 10 avril 2021. Et la montée en puissance n'est pas terminée. Le directeur général de l'Agence Régionale de Santé a en effet indiqué à Jean Castex lors de cette visite à HEH, que d'autres paliers étaient déjà prévus. "La projection, c'est un besoin de 1.000 lits au 21 avril sur la région Auvergne-Rhône-Alpes", contre 900 ouverts actuellement.

 

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