Affaire dite des “flics ripoux de Vénissieux“ : les réquisitions sont ”une folie” selon les avocats de la défense

© Archives France 3 RA
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Les réquisitions à l'encontre des policiers "ripoux de Vénissieux" sont tombées, ce vendredi 07 juin, au tribunal correctionnel de Lyon. 

Par Emilie Henny

On connait désormais les réquisitions de la procureure du tribunal correctionnel de Lyon à l'encontre des sept policiers dans l'affaire des "ripoux de Venissieux". Elle requiert 1 à 3 ans de prison avec sursis pour violation du secret professionnel et divulgation d'informations contre 6 policiers, 1 an de prison ferme contre un policier pour délit de corruption et l'interdiction d'exercer pour 5 d'entre eux. Des réquisitions "incompréhensibles et illogiques" pour les avocats de la défense. 


Des réquisitions opportunistes ?

"Ca parait une folie de la part du ministère public", déplore Me Sebastien Sertelon avant de poursuivre, "on va s'armer à démontrer que ces réquisitions sont opportunistes pour sauver un dossier qui s'était cassé la figure." Car au terme de l'instruction, le délit de corruption n'a été retenu à l'encontre que d'un seul policier, en poste au groupe de sécurité publique (GSP) du commissariat de Vénissieux. Pour les autres policiers, cette charge avait été abandonnée, le parquet reprochant à ces derniers des interventions et la divulgation d'informations confidentielles en faveur de trois frères de Vénissieux, sans contrepartie avérée


Le fantôme de l'affaire Neyret

Pour les avocats de la défense, cette affaire subit l'antériorité de l'affaire Neyret.  L’affaire avait éclaté en septembre 2012, un an après l’arrestation pour corruption du commissaire Michel Neyret, à l'époque directeur adjoint de la police judiciaire de Lyon. Les investigations avaient mené les enquêteurs jusqu'au commissariat de police de Vénissieux. Pour Me Yves Sauvayre, autre avocat de la défense, à la suite de cette affaire qui a ébranlé la PJ lyonnaise, la justice "s'est emparé du dossier comme d'un fantasme pour purifier la police."


Un procès "injuste" selon la défense

Concernant la demande d'interdiction d'exercer sa profession à vie à l'encontre de 5 policiers, l'avocat Me Laurent Bohé considère que c'est "incompréhensible". Pour lui ce procès est "injuste" et les reproches "insensés" car, toujours selon la défense, "ils ont continué à bien travailler dans leur service".
 

Rappel des faits

L'affaire avait éclaté en septembre 2012. Les investigations se focalisaient sur des soupçons de corruption au sein de la sécurité publique. Au terme d'une longue instruction, le délit de corruption a été retenu à l'encontre d'un seul policier qui avait reçu des cadeaux en échange d'interventions pour un délinquant local. Pour les autres policiers, le parquet repprochait des interventions et la divulgation d'informations confidentielles en faveur de trois frères de Vénissieux, sans contrepartie avérée.

 

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