Projet : l'ancien Ikea de Saint-Priest va peut-être devenir une Cité Culturelle de 9000 m2

Et si l’ancien IKEA de Saint-Priest se transformait en… IKX? C’est le nom (provisoire) du projet du Collectif « Cité Créative Coblod », qui souhaite transformer ce site en un espace culturel dédié aux spectacles vivants, avec lieux de convivialité et laboratoire technologique. 
L'ancien site Ikea va-t-il accueillir ce projet de Cité créative culturelle ?
L'ancien site Ikea va-t-il accueillir ce projet de Cité créative culturelle ?
En 2018, Ceetrus -filiale du groupe Auchan- avait financé 160 millions d’euros pour repenser son site situé le long de l’A43 à Saint-Priest, la Porte des Alpes, sur le point de perdre les enseignes Ikea et Leroy Merlin, en partance pour le Grand Parilly à Vénissieux.
Un an plus tard, la crise du Covid19 modifie la donne. "Yellow Pulse", l'ambitieux projet de restructuration du centre commercial est abandonné." Modification des modes de consommation, réduction forte du marché du retail et crise sanitaire ont eu raison de ce dossier ambitieux. Le site d’environ 30 hectares, devrait toutefois changer radicalement dans les années à venir." explique alors le propriétaire. Récemment, un appel d'offre a donc été lancé par l'entreprise foncière propriétaire de l'ancien site IKEA.

Une idée de cité culturelle de 9000 m2

C'est un vrai pari, qui sera présenté dans quelques jours à Ceetrus, qui recherche un repreneur. L'idée -imaginée par un collectif lyonnais- est de créer un lieu ouvert en toutes saisons, en journée comme en soirée, où seraient organisés des manifestations et des événements rassemblant des publics variés, originaires de tous les quartiers de la Métropole de Lyon. Ouvert en permanence, il projette de rassembler dès la première année, 400 000 visiteurs dans 9 000 m2. Avec une salle de concert, et une salle de théâtre, une brasserie, un atelier de nouvelles technologies, entre autres. 
Le plan provisoire du projet IKX regroupe plusieurs scènes, une brasserie et un laboratoire de technologies
Le plan provisoire du projet IKX regroupe plusieurs scènes, une brasserie et un laboratoire de technologies © Collectif Cité Créative Coblod

"A titre personnel, j’ai très envie de porter des projets impliquant des collectifs. Dans ce métier tout le monde est lié: société de production, techniciens, medias. C’est une filière complète, avant et après le spectacle lui-même, qui rentre dans le processus. Si on se regroupe à plusieurs structures de petites et moyennes tailles, on a l'ambition de se promener sur les plates-bandes de grosses structures, avec la prétention d’amener des savoir-faire et des compétences" explique Harout Mekhsian, coordinateur général du projet de Cité Créative Coblod, et originaire de Lyon. C’est un appel à projet de Ceetrus, propriétaire de l’ex-site d’IKEA, qui a motivé les membres de ce collectif à se lancer dans une candidature. "On l’a visité. Le site fait 17000 m2. On avait très envie de relever un pari : transformer un lieu destiné au commerce en un site de spectacles et de culture.. Notre collectif va se constituer en tant que coopérative. L’objectif est de permettre à ce lieu de devenir un outil, qui permettra le développement de tous les membres du collectif"

Un marché existant

Créer de nouvelles salles de concert et de spectacle à Lyon n'est-il pas un pari trop risqué pour l'ensemble de ces partenaires? La concurrence est déjà en place. "Au lieu d’entrer en concurrence, on veut jouer la complémentarité. La salle de concert serait dimensionnée sur une taille qui n’existe pas actuellement à Lyon, soit 4000 places debout. On ne joue ni sur le terrain du Radian, du Transbordeur, ni sur celui de la Halle Tony Garnier qui en compte entre 5000 et 17 000. Il s’agira finalement d’accueillir les artistes dans une configuration intermédiaire, entre un Transbordeur et l’équivalent d’un Zenith." rectifie le Collectif.
Le projet IKX se veut un lieu hybride. Le groupe Ninkasi y implanterait une brasserie de 400 m2, ouverte selon les horaires habituels de ses autres sites. Le collectif annonce aussi un "fab lab", laboratoire permanent dédié aux nouvelles technologies de la scénographie. "Les horaires et périodes d’ouverture varieront au fil des programmations, comme une salle de spectacle. On vise le champ large du spectacle vivant : musique, théâtre, danse…Mais on veut aussi travailler sur les arts plastiques et l’art urbain. Donc on envisage de transformer aussi le lieu en lieu d’exposition. Et on pense aussi que ce lieu pourrait muer à l’occasion d’événements de masse. On mettrait à disposition plusieurs espaces, pouvant accueillir des flux plus importants sur des périodes plus longues. On veut clairement sortir des modèles classiques dédiés séparément à chaque discipline". 
 
Le projet du Collectif pour cette "Cité Créative Coblod" regroupe un grand nombre de partenaires variés, issus de l’activité économique et culturelle existante dans le Grand Lyon
Le projet du Collectif pour cette "Cité Créative Coblod" regroupe un grand nombre de partenaires variés, issus de l’activité économique et culturelle existante dans le Grand Lyon © Collectif Cité Créative Coblod

Un risque partagé

Comment rendre un tel site viable, et à quel prix ? D'après les porteurs de cette cité créative, l’appel à projet lancé par Ceetrus est très libre. "Ils souhaitent réfléchir sur les possibilités. On sait que les charges sont fixées au minimum à 700 000 euros par an. Ces lieux ont été construits pour un modèle basé sur le commerce, avec ses propres taux de rentabilité. Notre modèle n’entre pas dans ce schéma, et donc, il y a forcément une part de risque. On propose donc à Ceetrus de partager ces risques en leur permettant d’expérimenter cette mutation, en récupérant concrêtement un pourcentage sur le chiffre d’affaires" rétorque Harout Mekhsian.

Un projet post-Covid pour 5 ans

La récente catastrophe économique vécue notamment par les professionnels du spectacle n'a pas découragé les membres de ce collectif. Même si le risque de nouvelles pandémies reste présent. "Si l’activité est arrêtée à nouveau subitement, on ne sera pas engagé sur le loyer, qui sera transformé en pourcentage. Mais evidemment c’est un pari dont on a conscience." explique le coordinateur. Pour lui, il n’est pas question de considérer la crise de la Covid19 comme la mort du spectacle "Le secteur dans lequel on évolue a vécu cette crise de plein fouet. Mais on estime qu’en étant regroupés, on sera plus agiles pour surmonter ces moments. Si on obtient le lieu, c’est pour l’ouvrir début 2022. D’ici là, on pense que les normes de diffusion de spectacles auront pris en compte ces changements liés à la crise sanitaire. Que les publics auront quand même envie d’aller voir des gens sur scène et se regrouper pour jouir de prestations culturelles…" Harout Mekhsian mise sur la réactivité de ses partenaires "On doit trouver des moyens pour inventer et diffuser la culture autrement. Notre secteur a montré qu’il savait s’adapter extrêmement rapidement. Dès la fin du confinement, les théatres ont su rouvrir en respectant toutes les normes. Il n’y a pas eu de cluster dans les lieux de spectacles entre les deux confinements" explique-t-il.

Pour permettre l’amortissement des investissements et le déploiement des activités, la durée de l’occupation est projetée sur une période de cinq ans, après quoi une évaluation et une discussion sur la suite de l’occupation pourra se faire dans un objectif de pérennisation ou d’arrêt de l'activité. Si l’ouverture est prévue début 2022, l’occupation durerait donc jusqu’au début 2027, au minimum. La présentation à l’oral de ce projet d'espace culturel aura lieu auprès du directoire dans quelques jours. On devrait en savoir davantage à la fin de l’année 2020. Si le projet IKX est retenu, il faudra aussi lui trouver un nom définitif.
 
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