Témoignage. Attaque au couteau du métro B, un touriste néo-zélandais, témoin de l'interpellation du suspect

Publié le Écrit par Dolores MazzolaJean-Marc Nouck-Nouck et AFP

Ils venaient tout juste d'arriver à Lyon. Un touriste néo-zélandais et sa famille ont assisté à l'interpellation de l'homme qui a poignardé quatre personnes à la sortie du métro B, station Jean-Jaurès, dans le quartier de Gerland. Il raconte la scène. La garde à vue du suspect a été levée ce lundi matin, avant son transfert à l'hôpital du Vinatier à cause de troubles psychiatriques lourds.

Steve Pilchea a encore la scène de l'interpellation bien en mémoire. "C'était notre première visite à Lyon. Une première expérience. On était sortis se promener", raconte le touriste néo-zélandais. Avec sa famille, il était arrivé depuis deux heures seulement.

Témoins de l'interpellation

Steve et sa famille se trouvaient à proximité du métro B où un homme a attaqué au couteau plusieurs passagers ce dimanche en début d'après-midi. Ils ont aperçu l'assaillant sur le trottoir de l'avenue Jean-Jaurès.

"J'ai entendu quelqu'un lui dire un truc. Une sorte d'avertissement. Le type l'a ensuite attrapé par le cou, derrière la nuque. Il lui a parlé, l'agresseur a essayé de le repousser. J'ai éloigné ma famille et mes enfants ont commencé à pleurer. Le type s'est retourné. Il avait un couteau dans la main. Une lame assez courte. Il a continué de menacer le premier mec. C'est là que les policiers sont arrivés. Ils l'ont plaqué contre le mur, l'ont mis en joue, l'ont tasé et mis dans le fourgon", raconte le touriste.

La scène de l'interpellation a sans doute été rapide, mais le touriste n'a pas la moindre idée du temps qu'elle aura duré. "Les enfants étaient choqués. Ils disaient : partons de Lyon. On reste encore quatre jours, mais ils étaient tellement perturbés qu'ils ne voulaient pas que leur mère aille se promener ce matin", conclut le touriste.

Ce que l'on sait de l'agression

Ce lundi matin, tout était presque revenu à la normale, à la station de métro Jean-Jaurès, dans le 7ᵉ arrondissement de Lyon. La circulation de la ligne B a repris dimanche vers 18h. Les faits se sont déroulés quelques heures plus tôt, dans l'après-midi, vers 14h30. Quatre usagers ont été blessés par cet homme de 27 ans à l'intérieur d'une rame, entre deux stations. Une agression sans motif apparent. Deux personnes ont été grièvement blessées à l'abdomen et au thorax, mais aucun pronostic vital n'est engagé. Deux victimes ont été secourues "en urgence absolue", une troisième se trouvait dimanche "en urgence relative" et une quatrième a été "légèrement blessée", selon le bilan de la préfecture du Rhône. L'une des victimes serait un mineur de 17 ans. Plusieurs témoins, choqués, ont été pris en charge par une cellule de soutien psychologique, selon la préfecture.

C'est un voyageur qui appelle la police. L'assaillant, qui a tenté de s'échapper, a été interpellé à la station Jean-Jaurès quelques minutes après les faits et placé en garde à vue.

Transfert en psychiatrie

L'individu est un Marocain âgé de 27 ans. Inconnu des services de police, il aurait déjà connu plusieurs hospitalisations pour des troubles psychiatriques dans différents établissements en France, dont le Vinatier. En situation irrégulière, il était sous le coup d'une OQTF, obligation de quitter le territoire français.

"Il était sous le coup d'une OQTF assez ancienne, datant de 2022 et prise par la préfecture de la Vienne", a confirmé la préfète de la région Auvergne Rhône-Alpes. Il était "totalement inconnu de tous nos fichiers", a-t-elle ajouté au cours du point de presse dimanche.

De son côté, le ressortissant marocain a expliqué aux enquêteurs qu'il se serait senti "suivi par la mafia". Une enquête a été ouverte pour tentative d'homicide volontaire par le parquet de Lyon. Le procureur de Lyon a confié les investigations à la Direction interdépartementale de la police nationale de Lyon.

Ce lundi matin, la garde à vue de l'agresseur a été levée. L'homme a été transféré dans un établissement spécialisé, à l'hôpital du Vinatier, au terme de sa garde à vue.

Un précédent en 2019, à Villeurbanne

Fin août 2019, une agression à l'arme blanche avait eu lieu à la gare routière Laurent Bonnevay, à Villeurbanne. Un réfugié Afghan d'une trentaine d'années avait poignardé plusieurs personnes. Huit personnes avaient été blessées, frappées avec un couteau et un pic de barbecue.

L'homme avait été mis en examen pour assassinat et tentatives d’assassinat. Un étudiant de 19 ans avait perdu la vie. Plusieurs expertises psychiatriques ont révélé une schizophrénie. La dernière expertise a conclu à une abolition du discernement chez cet homme. En 2021, il a été déclaré pénalement irresponsable.

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