VIDÉO. Des enfants et des femmes sans abris évacués par la police d'un gymnase occupé sans autorisation à Lyon

100 femmes et enfants ont tenté d'occuper un gymnase du 2ᵉ arrondissement de Lyon avant d'être évacués par la police. Le collectif solidarité entre femmes à la rue estime que c'est la seule solution pour les mettre à l'abri, la municipalité dénonce ce type d'action.

Des femmes, des enfants, des bébés…, autant de silhouettes assises devant l'hôtel de ville de Lyon ce mercredi 22 mai, il fait nuit et pour tous, les heures à venir, comme depuis plusieurs semaines, se passeront dans la rue. 

Toutes s'étaient donné rendez-vous en fin d'après midi pour tenter d'occuper un lieu, même sans autorisation. Accompagnées par des militants du collectif Solidarité femmes à la rue, avec leurs valises, sacs à dos, poussettes, une centaine de femmes sont entrées dans le tramway en direction du 2ᵉ arrondissement de Lyon. 

Un lieu, identifié dans la plus grande discrétion, a été repéré mais à ce moment précis personne ne sait si elles pourront entrer et encore moins si elles pourront y rester.

Une occupation sans autorisation, car l'urgence qui justifie ce type d'action selon le collectif solidarité femmes à la rue. "Nous ce qu'on veut ce n’est pas ouvrir un squat, en choisissant un bâtiment public, notre objectif, c'est évidemment une mise à l'abri mais aussi de pousser un cri d'alerte" explique Juliette Murtin, cofondatrice du collectif.  

"J'ai fait deux mois chez les sœurs missionnaires, mais depuis trois mois, je dors dans la rue. Dormir dehors, ce n'est pas une vie" raconte une femme visiblement épuisée. "Je prends le métro, je vais au terminus pour dormir et être au chaud. La nuit, on ne dort pas parce qu'on a peur, alors la journée, je prends le bus jusqu'à l'aéroport et je reviens pour me reposer." 

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Femmes et enfants évacués par la police à Lyon après une occupation illégale ©France TV

"C'est une action illégale qu'on entreprend, car il y a une saturation des circuits d'hébergement d'urgence et des habitats sociaux", justifie Juliette Murtin. "Malheureusement, il n'y a pas de réaction sans passer par ce genre d'action. On a une réunion dans trois semaines, mais chaque nuit compte et chaque nuit tue des gens". 

La police nationale est arrivée sur place après un appel de la mairie qui désapprouve cette occupation illégale des lieux et affirme qu'un rendez-vous est toujours prévu le 30 mai avec le collectif afin de trouver des solutions.

 "Elles vont retourner sur des bancs"

"J'ai demandé au maire de Lyon de faire tout de suite la réquisition pour procéder à l'évacuation. Il y avait un club de gymnastique en plein cours quand les familles sont arrivées. C'est important que ces familles trouvent une solution mais ce n'est pas en envahissant un gymnase qu'on va régler la situation" a déclaré Pierre Oliver le maire LR, du 2ᵉ arrondissement. Il ajoute : "ce collectif a une opposition très frontale à la mairie de Lyon parce qu'ils entendent des discours qui ne correspondent pas aux actes et moi je renvoie chacun à ses responsabilités". 

De retour à la rue, les femmes et les enfants ont entamé une manifestation en direction de l'Hôtel de Ville de Lyon. "Elles vont retourner dans des gares, sur des bancs, dans des halls d'immeuble" c'est dramatique" estime Juliette Murtin. 

Une première tentative deux semaines plus tôt 

Le même collectif d'associations avait décidé le 3 mai dernier d'occuper un autre gymnase dans le 8ᵉ arrondissement de Lyon. Dans la soirée, à la demande de la mairie, policiers nationaux et municipaux étaient intervenus et avaient fait sortir les femmes et les enfants aux alentours de 23h, provoquant l'indignation d'une partie du monde associatif local. 

Depuis, ces femmes dorment dehors, à Perrache, ou dans des squats. "On ne dormait pas, il y avait des rats, ça sentait mauvais". Pour se reposer, elles prennent des anxiolytiques qui leur permettent de trouver un peu le sommeil.  

Selon les écoutants du 115, de plus en plus de femmes avec enfants appellent chaque jour pour demander des mises à l'abri d'urgence. À Lyon, 72 places à la nuitée sont disponibles quotidiennement en appelant la plateforme du Samu social. Selon la préfecture, 8000 places d'hébergement sont financées chaque jour par l'État et les collectivités dans le Rhône. 

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