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La Ville de Lyon ferme le local du Bastion Social

Le "Bastion Social" fermé par la mairie de Lyon / © Isabelle Gonsales / France 3 Rhône-Alpes
Le "Bastion Social" fermé par la mairie de Lyon / © Isabelle Gonsales / France 3 Rhône-Alpes

La Ville de Lyon a fermé par arrêté, mardi 6 novembre, le local du groupuscule identitaire "Le Bastion Social" pour des raisons touchant à la sécurité et à l'accueil de public à l'intérieur des lieux.

Par Renaud Gardette

Le local du "Bastion Social" a été fermé par un arrêté de la Ville de Lyon. Cette décision a été "motivée par des manquements graves concernant la sécurité des personnes dans un établissement recevant du public", selon un communiqué confirmant une information du site Rue89 Lyon.
 
"L'état des locaux compromet gravement la sécurité du public et fait obstacle au maintien de l'exploitation de cet établissement", ajoute la mairie, évoquant notamment "l'absence de moyens d'alerte" et des "dysfonctionnements de l'éclairage de secours".

Cette fermeture du "Pavillon noir", situé en bord de Saône dans le quartier du Vieux Lyon, survient à la suite d'une visite de contrôle effectuée en mai par la commission communale de sécurité. Cette dernière avait émis un "avis défavorable pour la poursuite de l'exploitation" du local ouvert fin 2017. Plusieurs mises en demeure pour des travaux étaient ensuite restées sans réponse, selon la mairie.
 
La Ville de Lyon ferme le local du Bastion Social


Le mouvement du "Bastion Social" a été créé au printemps 2017 à Lyon par des membres du Groupe union défense (GUD), syndicat étudiant d'extrême droite, qui avaient occupé un immeuble municipal pour en faire un lieu d'accueil de SDF, avec un critère de "préférence nationale", avant d'être délogés par la police.

Ce groupe qui a essaimé dans plusieurs villes (Strasbourg, Chambéry, Aix-en-Provence notamment) s'inspire du mouvement italien CasaPound et adhère aux thèses du "grand remplacement", qui prophétise la disparition des "peuples européens", tout en affirmant lutter contre le "capitalisme ultralibéral". Il veut aussi offrir son aide aux plus démunis, mais français seulement.

Le mois dernier, il avait fermé, de lui-même, son "bar associatif" de Clermont-Ferrand en évoquant des "pressions policières, administratives et juridiques", alors que trois de ses membres étaient poursuivis en justice pour des faits de violence. Ils ont été condamnés trois jours plus tard.
 

En octobre, deux de ses militants ont également été condamnés pour des violences - sur un gendarme en civil et un ami guadeloupéen - à Aix-en-Provence. Son leader national, le Lyonnais Steven Bissuel, s'est retiré, lui, en septembre après avoir été condamné en août à de fortes amendes pour incitation à la haine raciale. Il est poursuivi par ailleurs pour une rixe survenue en avril.
 

Réaction du "comité Générations Lyon"

Dans un communiqué le groupe Génération Lyon 5/9 réagit:

"Le Pavillon noir est enfin fermé, et après? Le comité Générations Lyon 5/9 se réjouit à l’annonce de la fermeture du local du Bastion Social (Ex-GUD) dénommé le « Pavillon Noir » qui est situé quai Pierre Scize dans le 5ème arrondissement de Lyon.

Les militantes et militants de Génération∙s saluent la mobilisation des citoyennes et des citoyens du Vieux-Lyon, des commerçants du quartier, des associations, du collectif de vigilance 69 et des partis de Gauche, sans laquelle rien n’aurait été possible. Notre mouvement déplore tout de même l’action tardive de la municipalité qu’il a fallu pousser dans ses retranchements pour obtenir la publication de l’arrêté de fermeture.

La passivité et l’inertie de la Ville de Lyon pendant des mois vis-à-vis de l’extrême-droite a permis à celle-ci de s’installer durablement et sous différentes formes: d’autres locaux comme par exemple la Traboule et la salle attenante dédiée aux sports de combat, la boutique de vêtements de la rue Juiverie tenue par un ancien responsable national du GUD ou encore le militant néofasciste italien de Casapound qui mène son activité de tatoueur rue Lainerie.

Se pose également le problème de la sécurité dans les rues du Vieux-Lyon au regard des intimidations, des violences récurrentes et des dégradations perpétrées par les identitaires. La Ville de Lyon et la Préfecture de Police se sont-elles sérieusement saisies de cette question ? Les habitantes et les habitants demandent des dispositions concrètes pour se libérer du climat de haine et de terreur qu’ils subissent au quotidien.

Le combat pour extirper de Lyon les tenants du racisme et de la violence n’est donc pas terminé, loin de là. (...)".

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