Tarare (Rhône): déclarée morte par la caisse d'assurance vieillesse, une retraitée privée de pension depuis 6 mois

Eliane di Litta, 71 ans et habitante de Villeurbanne, est morte le 10 mars dernier. Depuis, une autre Eliane Di Litta, née à Villeurbanne il y a 80 ans et qui réside à Tarare, ne reçoit plus de pension de retraite. La Tararienne a été déclarée morte par erreur. Elle se bat depuis six mois.

Eliane Di Litta, une habitante de Tarare à la retraite, déclarée décédée, se bat pour récupérer ses pensions depuis avril dernier. (29/9/20)
Eliane Di Litta, une habitante de Tarare à la retraite, déclarée décédée, se bat pour récupérer ses pensions depuis avril dernier. (29/9/20) © France 3 RA
Depuis plus de six mois, Eliane di Litta, une habitante de Tarare, dans le Rhône, est privée de ressources financières. Une erreur administrative est à l'origine d'une situation kafkaïenne. Après plusieurs mois de réclamations, l'aide soignante à la retraite a enfin compris - non sans stupeur - pourquoi ses versements avaient été supprimés. Elle a été déclarée décédée. 

"... mais je vous parle, je ne suis pas morte !"

En mars dernier, l'aide soignante à la retraite a trouvé dans sa boîte aux lettres un courrier adressé aux "Héritiers de Mme Eliane di Litta". Le courrier demandait aux enfants de Mme di Litta, d'envoyer un certificat de décès. Même nom mais adresse différente. La vieille dame remet la lettre à la poste, pensant à une erreur d'expédition et n'y prête pas grande attention... Jusqu'à ce qu'elle se rende compte que ses différentes retraites ne sont plus versées. "Je n'ai jamais trop prêté attention à mes comptes et un jour, je me suis aperçue que mes caisses ne me payaient plus" explique l'octogénaire, très émue. La Tararienne percevait jusqu'alors une pension personnelle et une complémentaire, ainsi que la réversion de son mari. 

Alors que ses économies commencent à fondre et qu'elle doit renoncer à des vacances avec ses enfants. La retraitée contacte par téléphone sa caisse complémentaire pour demander des explications. Et au bout du fil, la réponse de l'agent est surprenante: "Madame vous êtes morte". Sans se démonter, la retraitée lui répond: "mais je vous parle, je suis bien en vie, je ne suis pas morte! et c'est bien moi, Eliane Di Litta qui vous parle !".

L'octogénaire a aujourd'hui encore du mal à cacher sa surprise... Elle donne alors son numéro de sécurité sociale à l'opérateur, qui lui confirme son décès. Les diverses démarches effectuées, les courriers et certificat médical envoyés par l’octogénaire ne suffisent cependant pas à la rétablir dans ses droits. Les semaines passent et aucune trace du moindre versement, ni de sa retraite personnelle, ni de sa pension de veuve.
 

"Je ne voulais pas embêter mes enfants... mais je me suis battue"

En août dernier, lors d'un séjour à l'hôpital pour traiter une crise d'asthme, la vieille dame finit par craquer. Elle se confie à une infirmière: "je lui ai tout dit en pleurant, ce qui m'arrivait," explique la retraitée. L’hôpital la met alors en relation avec son assistante sociale, qui prend le dossier en main. Cette dernière découvre que c'est l'homonyme d'Eliane Di Litta qui est décédé en mars dernier. Entre temps, la retraitée, mère de huit enfants, a puisé dans ses économies durant plus de six mois pour faire face à ses besoins et dépenses du quotidien. 

Je me bats depuis le mois de mars, depuis que je sais que suis décédée... je ne comprenais pas pourquoi l'argent ne rentrait pas ! Je me suis débrouillée mais je faisais attention. C'était difficile et je ne voulais pas embêter mes enfants, confie la vieille dame au bord des larmes.

Eliane Di Litta explique avoir également envoyé, avec l'aide d'une assistante sociale, les papiers demandés pour attester de son existence (certificat de vie et extrait d'acte de naissance)... en vain. La retraitée, épuisée, dit n'avoir eu aucune réponse. "Je suis à bout de nerfs, je suis épuisée, il y a trop longtemps que ça dure, ça m'a fait trop de mal," explique-t-elle. 

Le maire de Tarare, Bruno Peylachon a été récemment alerté sur la situation de son administrée, une figure de la commune qu'il connait bien. Le maire lui avait d'ailleurs remis la médaille de la famille en 2014. Eliane lui a envoyé un appel au secours. "On a vu qu'il y avait un problème administratif et la CARSAT (la caisse de retraite) s'est engagée à le régler très rapidement, dès le début de ce mois d'octobre," a indiqué l'élu qui a rencontré Eliane Di Litta ce mercredi 30 septembre. Happy end pour la retraitée qui a remué ciel et terre. 

Cette mésaventure est également arrivée à Lucette, 92 ans, qui s'est retrouvée déclarée décédée suite à une malencontreuse et terrible erreur informatique à la Banque Postale. 
 
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