BIATHLON. "Je suis innocente" : Julia Simon, soupçonnée de fraude à la carte bancaire, a porté plainte pour usurpation d'identité

La biathlète française Julia Simon, visée par deux plaintes pour fraude à la carte bancaire, ne "reconnaît absolument pas les faits". Elle se dit victime d'une usurpation d'identité. L'une des deux plaintes a été déposée par Justine Braisaz-Bouchet, sa coéquipière en équipe de France. Les deux Savoyardes sont issues du même club des Saisies.

La biathlète française Julia Simon, visée par deux plaintes pour fraude à la carte bancaire, dont une déposée par une autre biathlète de l'équipe de France, ne "reconnaît absolument pas les faits", a-t-elle déclaré jeudi dans un entretien avec le Dauphiné Libéré.

"Il y a des achats qui ont été faits par carte bleue (sur la carte de la biathlète Justine Braisaz-Bouchet et sur celle d'un autre membre du staff, ndlr) avec mon nom dessus, mais aujourd'hui, je suis aussi victime de cette situation. Mon nom a été utilisé à mon insu", a déclaré Julia Simon, précisant qu'elle avait porté plainte contre X pour usurpation d'identité.

"Le fait d'aller déposer plainte permet de montrer que je suis aussi innocente et que je cherche à trouver la vérité", a-t-elle ajouté.

"J'ai fait l'autruche"

Deux plaintes ont été déposées en Savoie pour fraude en décembre (2022) et mai (2023). Les faits remontent à l'été 2022 au cours d'un stage en Norvège, à l'occasion du Blink festival de Sandnes. Les préjudices présumés s'élèvent respectivement à 1600 euros et à une vingtaine d'euros.

Dans l'entretien avec le Dauphiné Libéré, Julia Simon regrette avoir "pris (l'affaire) à la légère au départ". "J'ai fait l'autruche en me disant que l'hiver était là et qu'il fallait que je fasse mon sport. Je ne me rendais pas compte de l'importance que pouvait prendre cette histoire", a-t-elle dit.

La biathlète, âgée de 26 ans, a remporté la Coupe du monde de biathlon l'hiver dernier, ce qui fait d'elle la N.1 mondiale, et elle a également été sacrée championne du monde de la poursuite en février.

"Si je n'avais pas de preuve, je n'aurais rien fait"

Justine Braisaz-Bouchet et Julia Simon se connaissent depuis leur plus jeune âge, puisqu'elles ont toutes deux été formées au sein du club des Saisies, en Savoie. Elles ne se sont pas côtoyées cette année sur le circuit de la Coupe du monde puisque Justine Braisaz-Bouchet avait pris une saison de repos pour donner naissance à sa fille, en février. 

Cette dernière, championne olympique de la mass start, âgée de 27 ans, va faire son retour en Coupe du monde cet hiver. 

Début août, elle s'est exprimée pour la première fois sur cette affaire, en Norvège, à la veille de retrouver la compétition sur le Blink festival de Sandnes.

"C’est une situation vraiment triste mais j’ai pris mes responsabilités", a-t-elle confié à la chaîne de télévision TV2. "Si je n’avais pas de preuves, je n’aurais rien fait. Bien sûr, ce n’était pas une décision facile à prendre", a déclaré la biathlète savoyarde.

La préparation des Bleues hantée par le conflit

"C'est arrivé il y a un an ici à Sandnes. J'ai alors essayé de me réconcilier avec elle et le syndicat, mais ça n'a pas marché", a ajouté Justine Braisaz-Bouchet.

La préparation de l'équipe de France féminine a donc été hantée par cette affaire cet été. Depuis son gros globe acquis il y a quelques mois, Julia Simon s'est entraînée, seule, pour la saison qui s'annonce. Elle est réapparue en public à la mi-août à Bessans en Savoie. 

"Le contexte est compliqué. Ça serait bien de retrouver la normalité le plus vite possible. Mais c'est le calendrier judiciaire qui donne son tempo. Ce qui m'importe, c'est qu'on a une saison sportive à préparer. On sera jugé sur nos résultats et notre capacité à être performant", a déclaré, de son côté, Cyril Burdet, l'entraîneur du groupe élite femmes dans les colonnes du journal l'Equipe

Les équipes de France de biathlon sont actuellement en stage à Font-Romeu, dans les Pyrénées orientales. Seule Julia Simon est absente. Elle continue sa préparation, seule, en Savoie.