Coronavirus. Yves Garçon, Président du SOC Rugby : "un budget en baisse de 30% pour la saison prochaine"

Conscient des difficultés économiques que vont rencontrer les partenaires du club, le SOC Rugby (Stade Olympique de Chambéry Rugby) préfère être réaliste et annonce une baisse conséquente de son budget.
 

Yves Garçon, Président du SOC Rugby
Yves Garçon, Président du SOC Rugby © Yves Garçon
Installé derrière son bureau, Yves Garçon, le président du SOC Rugby, gère les dernières affaires courantes d’un club à l’arrêt. A l’arrêt complet depuis que la Fédération Française de rugby a décidé que les compétitions amateures ne reprendraient pas : "c’était la meilleure solution, je crois. D’abord d’un point de vue sanitaire, ensuite, les joueurs n’auraient jamais pu être opérationnels à temps pour reprendre dans un délai acceptable. Il aurait été extrêmement compliqué de faire autrement. Je suis d’accord avec cette décision et pourtant elle nous prive du match phare de l’année, à domicile face à Massy."   
 
Un match qui aurait fait des entrées pour le club savoyard. Le genre de rendez-vous qui tient une place importante quand vous mettez au point votre budget prévisionnel : "il est clair que c’est une sacrée somme qui ne rentre pas dans nos caisses. Mais bon, si ça s’arrête à ça, ce n’est pas grave. Pour l’instant, et contrairement à d’autres clubs, je n’ai pas de doute sur le fait que nos partenaires privés s’acquitteront des sommes qu’ils nous doivent."

 

30% de baisse du budget 2020/2021


Si le SOC Rugby devrait donc boucler le budget de la saison en cours sans trop de dégâts, son président a d’ores et déjà décidé de réduire la voilure pour l’exercice à venir, et pas qu’un peu : "mieux vaut être honnête que de vivre d’illusions. Nous sommes conscients de ce qui se passe et nous avons donc acté une baisse de 30% de notre budget pour l’année prochaine. Cette année, nous étions aux alentours 2,4 millions d’euros."

Cette décision a été prise car c’est avec un certain pessimisme qu’Yves Garçon voit l’avenir économique : "ça va prendre du temps aux entreprises avant de générer, à nouveau, des marges permettant de dégager des sommes à investir dans la communication. Je suis moi-même chef d’entreprise, je suis donc bien placé pour en parler. Les priorités financières vont être réorientées, et par ricochet, nous le monde du sport, allons en souffrir."

L’avenir sera donc délicat à Chambéry mais au moins il s’écrira encore en Fédérale 1 : "ce ne sera peut-être pas le cas de tous les clubs. Je sais que des présidents se demandent s’il ne vaudrait pas mieux pour eux de repartir dans une division inférieure, faute d’avoir un budget capable de vous aligner correctement en Fédérale 1.

 

"Les salaires des joueurs vont sans doute baisser"


Plus les jours passent, plus la crise du COVID 19 dure, et plus l’idée fait son chemin et s’impose presque comme une évidence, les salaires distribués aux joueurs vont sans doute diminuer : "que ce soit dans le TOP 14, en ProD2 ou même chez nous en Fédérale 1, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement puisque les budgets vont être révisés à la baisse. Cette crise va changer les données, elle va peut-être redonner un peu de bon sens commun, calmer les excès qui commençaient à s’insinuer dans le rugby, avec pas mal de surenchères financières pas toujours en rapport avec la valeur réelle des joueurs."

 
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