VIDEO. Ski et Covid-19 : il se filme "enseveli par une avalanche" pour dénoncer la mort de son commerce de montagne

Dans une vidéo publiée le 11 janvier, Ludovic Hertault, gérant d’un magasin de sport, se met en scène en tant que victime d’avalanche. Une comparaison choc qui lui permet de dénoncer la situation des commerçants de montagne, victimes collatérales de la fermeture des remontées mécaniques.

En faisant un parallèle avec les victimes d'avalanches, Ludovic Hertault a voulu représenter les autres victimes de la montagne en pleine crise sanitaire.
En faisant un parallèle avec les victimes d'avalanches, Ludovic Hertault a voulu représenter les autres victimes de la montagne en pleine crise sanitaire. © L. Hertault

Avec la crise sanitaire, certains commerçants parlent d’un "tsunami" qui leur est tombé dessus. Ludovic Hertault, gérant d’un magasin de sport à Tignes, préfère l’image de l’avalanche.

Ce lundi 11 janvier, il s’est mis en scène dans une vidéo publiée sur Youtube. Pendant les premières secondes de la vidéo, on voit un skieur qui creuse dans la neige avec une pelle pour dégager une victime d’avalanche. Sous la poudreuse apparaît rapidement Ludovic, inerte, qui porte une pancarte avec une croix dessinée et assortie des mots "Magasins de Sport" et "Loueurs de ski".

Semblable à une épitaphe, cette pancarte permet à l’auteur de la vidéo de faire un parallèle entre les victimes de la montagne, et les commerçants victimes de la fermeture des remontées mécaniques.

Après cette scène choc, le commerçant se filme face caméra pour lancer un coup de gueule. "Je remonte la montagne, encore et encore, j’épuise mon corps pour pouvoir dormir la nuit. Et encore, même avec cette fatigue, je me réveille au milieu de la nuit avec des angoisses".

Visiblement ému et épuisé, le commerçant dénonce le drame qui se joue actuellement en montagne, où les professionnels ont fait une croix sur les fêtes de fin d’années. Sans date de réouverture annoncée, ils sont de plus en plus nombreux à craindre une saison blanche. "Je ne fais pas partie de ces héritiers de l’or blanc, conclut-il dans la vidéo. J’ai acheté mon magasin, j’ai des emprunts, j’ai un proprio qui me demande de payer son loyer, j’ai des cautions personnelles. Donc en plus potentiellement perdre mon commerce et ma source de revenus, on pourrait venir me chercher ce que j’ai passé des années à mettre de côté pour ma famille".

 

Je ne me relèverais pas d’une saison blanche

À 51 ans, Ludovic explique être gérant d’un concept store qui loue des articles de sport et fait aussi restauration. Aujourd’hui, son entreprise emploie 18 personnes mais s’il ne peut pas rouvrir d’ici le mois de février, Ludovic imagine déjà le pire. "Avec le comptable, on a fait le scénario. Malgré le fonds de solidarité, je ne me relèverais pas d’une saison blanche et j’en suis conscient".

Pour lui, les aides d’Etat ne sont pas suffisantes, et ne correspondent pas à l’économie de la montagne, où les professionnels n’ont que quelques mois pour faire leur chiffre annuel. "On me donne 20% de mon chiffre d’affaire pour mon commerce et ce n’est même pas le tiers de mes frais fixes", précise Ludovic. Avant de conclure : "Du haut de sa montagne, très, très haut, Emmanuel Macron nous a lancé son "quoi qu’il en coûte" Mais la réalité pour nous, elle est tout au fond de la vallée, au tribunal de commerce".

 

 

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