Covid-19. Val d'Isère : à quoi ressemble la vie en station de sport d'hiver à l'heure du couvre-feu de 18 heures ?

Voilà des mois que les stations de ski doivent composer avec la fermeture des remontées mécaniques et rivaliser d'imagination pour organiser dans la journée des activités pour les vacanciers. Mais à quoi la vie ressemble-t-elle après, à l'heure du couvre-feu ? C'est un peu le blues, comme en bas.

Comme en bas en vallée, chacun chez soi après 18 heures
Comme en bas en vallée, chacun chez soi après 18 heures © Gilles Ragris France 3 Alpes

 Le covid, la fermeture des pistes, le couvre-feu, tout cela a indéniablement bousculé les habitudes, les rythmes, les repères. A Val-d'Isère comme ailleurs.

De nouveaux rituels se sont installés. En fin d'après-midi ce jeudi 25 février, c'est sur la place que les habitants et les vacanciers se croisent une dernière fois. Un dernier verre chez Jules qui a installé une sorte de petit comptoir à l'entrée de son bar, qui porte le kilt et essaie de garder son entrain et sa bonne humeur : "En ce moment, les jours rallongent, il fait bon, il y a encore de la lumière, mais il faut plier et rentrer, ça va être compliqué si ça dure encore".

Marie-Neige, la monitrice de ski, a fini sa journée et a le coeur gros "c'est sympa, on est contents de se retrouver entre nous, mais on a le blues, faut pas inventer des histoires, on sent un blues général".

Quelques instants après le gong, les gendarmes veillent à ce que chacun rentre bien chez soi, ou à son poste. Les hôtels-restaurants servent... en chambre, et l'ambiance, là encore, va un peu cahin-caha.

Pour ces vacances de février, sept hôtels sont ouverts malgré tout. "On essaie de faire en sorte que nos clients ne sentent pas que les choses ont changé, on a acheté des chaises, des tables, des thermos, pour faire le service dans les chambres", confie Frédéric Monneret.

En cuisine, la pendule s'est un peu arrêtée. Pas un bruit en salle, le restaurant est condamné, et aucune voix ne résonne plus guère dehors. On se dit que Laurent, le cuisinier, doit peut-être goûter le plaisir d'avoir plus de temps pour préparer et mitonner les plats. Mais ce n'est pas vraiment le cas : "non, pas du tout, je préfèrerais largement avoir plus de pression et travailler comme avant", dit-il , avec lui aussi, un brin de blues dans la voix.

Reportage : Grégory Lespinasse, Gilles Ragris & Gilles Neyret

 

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