Dissolution de l'Assemblée nationale : "Ce n’est pas respectueux de la vie démocratique", dénoncent des députées LR en Savoie et Haute-Savoie

Pour Emilie Bonnivard et Virginie Duby-Muller, députées LR, la dissolution de l’Assemblée nationale est le signe que "des leçons doivent être tirées". Les deux parlementaires se disent "combattives" à l’approche du premier tour, le 30 juin.

"Non, je ne m’y attendais pas". La réponse est claire, directe. Pour Emilie Bonnivard, députée Les Républicains (LR) de la Savoie depuis 2017, la dissolution annoncée par le président de la République est une surprise au goût amer.

"Je suis très étonnée. Il y a eu un scrutin européen et j’ai le sentiment que, comme le résultat ne correspond pas aux attentes du président, il demande d’aller revoter. Ce n’est pas respectueux de la vie démocratique, regrette la parlementaire. Moi, je l’ai écouté ce soir et j’ai entendu qu’il disait aux Français qu’ils avaient mal votés. Il apparaît tel un petit garçon vexé."

Et l’élue de poursuivre : "On a un travail parlementaire qui est exigeant. Je travaille sur les prisons, les Ehpad et les soignants. Or, on va leur faire perdre quatre mois alors que le pays a besoin que l’on travaille à son service. Cela fait quelques élections européennes que le RN fait des scores très hauts, mais on n’a pas dissous l’Assemblée nationale à chaque fois. C’est un pari cynique que fait, ce soir, le président de la République. Cela ne va pas grandir la politique et c’est Emmanuel Macron qui en a la responsabilité."

C’est un pari cynique que fait, ce soir, le président de la République.

Emilie Bonnivard, députée LR de la Savoie

Un sentiment partagé par sa collègue de Haute-Savoie. Elue du Genevois français, Virginie Duby-Muller a réagi par écrit à l’annonce du chef de l’Etat : "Les Français ont voté, des leçons doivent être tirées par les représentants politiques dont je fais partie. Les convictions qui m’animent n’ont jamais varié. Une droite moderne, fière de ses racines gaullistes et centrale sur l’échiquier politique."

Reste qu’après le score de son candidat aux élections européennes (à peine plus de 7 % de voix), il apparaît difficile pour la droite de se relever en à peine trois semaines de campagne. Les Républicains, toujours plombés par leur défaite à la présidentielle de 2017, ne semblent pas audibles sur la scène nationale.

"Toute-puissance"

D’où la volonté affichée, par les deux élues des pays de Savoie, de s’ancrer plus que jamais sur le terrain. "Il faut répondre aux problèmes quotidiens des Français : la sécurité, le pouvoir d’achat, la simplification administrative… Nous devons garantir à tous des services publics de proximité et être ce relais indispensable entre l’hémicycle parisien et la vie de nos vallées", détaille Virginie Duby-Muller.

"Moi, je ne redoute jamais le vote des Français. Mais je rencontre nos concitoyens tous les jours et ils sont atterrés par l’état du pays. A la région, avec Laurent Wauquiez, on fait reculer le RN car on répond aux attentes de nos concitoyens. C’est comme ça qu’on fait reculer le RN. Cette sagesse et cette culture, Emmanuel Macron ne les a pas", argue, de son côté, Emilie Bonnivard.

Mais l’élue savoyarde craint, malgré tout, l’issue de ce scrutin au niveau national. "Très honnêtement, les Français auraient raison de renvoyer un message au président. On ne peut pas s’asseoir comme ça sur leur vote. C’est au président de la République de se remettre en cause, pas à 49 millions d’électeurs français, estime-t-elle. Il y a un côté 'toute-puissance' qui me gêne beaucoup dans cette annonce de dissolution."

Pour Emilie Bonnivard et Virgnie Duby-Muller, comme pour tous les députés LR, la campagne éclair qui s’annonce se jouera donc davantage sur un bilan local, une notoriété de terrain, que sur une étiquette et un parti qui, élection après élection, démontrent qu’ils n’ont plus le vent en poupe sur la scène nationale.

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