Érosion des sols dans les Alpes : "C’est assez étonnant", une étude démontre l'impact de l'activité humaine depuis 3800 ans

Une étude scientifique de l'université Savoie Mont-Blanc démontre que l'érosion des sols alpins est due avant tout à l'activité humaine. L’article, publié dans la prestigieuse revue Nature Communications, évoque une érosion débutée il y a 3 800 ans, en même temps que les premières formes d’élevage.

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La volonté de départ était de montrer “depuis quand les activités humaines, qu’on peut résumer comme le pastoralisme et l'agriculture, ont eu un effet sur l'érosion", mais aussi "essayer de quantifier cet effet.”

C’est ce que résume l'article qui vient d'être publié dans la prestigieuse revue Nature Communications. Comme une reconnaissance de la valeur du travail des chercheurs du laboratoire Edytem, au Bourget-du-Lac (Savoie). Ils sont une dizaine à signer cette étude, dirigée par William Rapuc, un jeune postdoctorant.

"C’est la première fois qu’on arrive à faire la part entre l’effet du climat, les précipitations, l’avancée et le retrait des glaciers et les activités humaines sur l’érosion des sols ; sur un site précis que sont les Alpes françaises, via les sédiments du lac du Bourget", résume-t-il.

Une étude démarrée il y a six ans

Tout a démarré par une campagne de carottage en 2018. Les sédiments qui reposent au fond du lac du Bourget ont été extraits jusqu'à 140 mètres de profondeur, puis analysés. Cette recherche est bien sûr interdisciplinaire : analyse de composition chimique, géologie, histoire, biologie. Toutes ces connaissances réunies ont permis de démasquer les coupables de cette érosion depuis l'âge de Bronze.

Charline Giguet-Covex, chargée de recherches au CNRS, raconte les découvertes réalisées : "On a retrouvé des traces ADN de troupeaux domestiques, de moutons, de vaches, et parfois de chèvres. On a aussi reconstitué l’évolution de la végétation qui conforte l’impact du pastoralisme sur le couvert végétal et sur la dynamique de l’érosion."

Une érosion accélérée il y a 3 800 ans

Il y a 3 800 ans, l'activité humaine a pris de l'ampleur dans les Alpes, notamment avec l'élevage. Puis lors du Moyen Âge, de nouvelles pratiques agricoles se sont développées. Tout cela a provoqué une érosion bien plus forte que celle due au climat.

Pas surpris de l’effet, William Rapuc souligne avec étonnement l’importance du phénomène. "On s’attendait un petit peu à ce résultat. Mais c’est quand même assez étonnant que l’effet du pastoralisme sur l’érosion cause une augmentation de deux fois l’érosion naturelle."

Le lac du Bourget présente le plus grand bassin versant des Alpes françaises. Il s'y déverse ce qui ruisselle depuis le Mont-Blanc et d'autres montagnes. Connaitre les causes de l'érosion passée autour du lac peut donc permettre de comprendre l'inquiétante érosion actuelle, devenue une menace pour la biodiversité.